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Le portrait - Anne-Elisabeth Moquet (1999)

Portraits

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15/11/2013

Entretien avec Anne-Elisabeth Moquet (1999), expatriée à Shangaï. 








Anne-Elisabeth, pourquoi êtes-vous devenue ingénieur ? 
Devenir d’ingénieur signifiait au départ pour moi, pouvoir allier à des études scientifiques poussées, une ouverture sur le monde de l’entreprise. Le choix de la filière ingénieur, à Télécom ParisTech a été celui d’un ancrage fort dans le monde contemporain, d’autant plus que j’ai été diplômée en 1999, au moment où les technologies de l’information et de la communication connaissaient un développement majeur et modifiaient les habitudes et modes de vie.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours en quelques mots ? Quels sont les différents métiers que vous avez exercés depuis vos débuts ? 
A ma sortie de Télécom ParisTech, je souhaitais rejoindre une grande entreprise dans laquelle je puisse me projeter à long terme, qui me permette d’exercer différents métiers et avec une implantation internationale. J’ai donc commencé par un premier poste au sein de la R&D du groupe EDF, où mon travail consistait à évaluer les conditions de rentabilité d’offres internet utilisant le transfert de données à haut débit sur les lignes électriques (courants porteurs en ligne). Trois ans plus tard, je poursuivais l’aventure avec quelques collègues au sein d’une filiale essaimée du département de R&D, pour tester en autonomie les potentialités techniques et économiques de cette technologie.

Après l’environnement très structuré de la R&D d’EDF, la vie de « start-up » fut l’occasion d’une expérience tout aussi passionnante et complémentaire. En équipe restreinte, on apprend à allier à son domaine d’expertise, bon sens, réactivité et capacité de créer des relations de confiance avec ses partenaires et clients. Après trois ans au sein de cette filiale, j’ai rejoint la délégation aux régulations du groupe EDF pour travailler sur la régulation gazière et le suivi des implications financières de la mission de service public d’EDF en électricité. L’occasion de vivre au plus près l’actualité énergétique marquée par la publication d’une nouvelle directive dans le domaine de l’énergie.

Enfin, j’ai eu l’opportunité de pouvoir vivre une mobilité interne au sein du Groupe, en rejoignant la direction des affaires réglementaires d’EDISON, à Milan, avec qui j’avais eu l’occasion de travailler précédemment. Ce changement correspondait également à un déménagement de notre famille en Italie pour le travail de mon mari.

En quoi être une ingénieur Télécom ParisTech vous a-t-il aidé dans votre vie professionnelle ?
Être ingénieur Télécom m’a permis tout d’abord de recevoir une formation complète non seulement technique mais encore économique (c’est la spécialité que j’avais choisie en dernière année). J’ai également pu profiter du partenariat de Télécom ParisTech avec l’université Dauphine pour obtenir un double diplôme en dernière année. Lors de ma recherche de stages ou d’emploi, la renommée de Télécom ParisTech et le dynamisme du réseau des anciens furent clairement un atout qui a facilité l’établissement de contacts.
 
Qu’est-ce qui vous a poussé à engager une carrière internationale ?
J’ai toujours été tentée par l’international. J’ai commencé à l’occasion de stages durant mes études (Angleterre, Canada, Allemagne, Ukraine). Ensuite, mon mari et moi avons essayé de concilier notre désir de partir à l’étranger avec les possibilités offertes par nos entreprises respectives et avons saisi les opportunités qui se sont présentées, comme une richesse pour notre vie professionnelle et familiale.

Être ingénieur au féminin est-il un atout ?
Être une femme ingénieur, cela signifie évoluer dans un milieu à majorité masculine et donc apporter des éléments différenciants, une complémentarité. Cela permet d’être « sur le terrain de jeux » sans être forcément considéré comme un concurrent ou un prédateur. Ainsi, on peut apporter des qualités personnelles (un certain pragmatisme, l’habitude de mener plusieurs tâches en parallèle, une intuition différente sur les réactions des interlocuteurs) et cela est généralement apprécié. On peut soi-même s’appuyer sur les qualités des collègues masculins parfois plus disponibles ou plus directs dans leurs relations.

Comment avez-vous concilié votre métier et votre vie personnelle ?
Que l’on soit homme ou femme, concilier vie professionnelle et vie privée relève d’une perpétuelle recherche d’équilibre en mouvement. Il faut avancer pour rester debout. Ce n’est pas reposant, mais c’est ainsi que je conçois la vie professionnelle, d’autant plus lorsque l’on a reçu beaucoup en termes d’éducation, de capacité de travail. Ce n’est pas facile non plus. Aujourd’hui, je suis à Shanghai depuis deux mois, j’ai dû interrompre un travail qui me plaisait chez Edison car une opportunité intéressante s’est présentée pour mon mari, en Chine. Je suis donc en disponibilité du groupe EDF et à la recherche d’un emploi en même temps qu’en plein apprentissage du chinois à l’université, et attentive à l’acclimatation de nos quatre enfants à la vie chinoise ! Concilier vie professionnelle et vie familiale est en général un défi; en ce moment, c’est l’aventure !
 
Quels défis pour les femmes ingénieurs dans les années à venir ?
Il me semble qu’un défi majeur s’adresse à tous, hommes ou femmes : la capacité à réagir, et à s’adapter à des changements de situations, de lieux, de management, parfois soudains ou imprévus, tout en gardant enthousiasme et cohérence avec ses aspirations personnelles. Ceci est d’autant plus vrai aujourd’hui où les entreprises ellesmêmes s’adaptent rapidement, réajustent leur stratégie, avec des conséquences sur l’organisation du travail de leurs collaborateurs. S’avoir s’adapter demande un certain entrainement, une souplesse. Les femmes ingénieurs qui ont déjà eu à développer ces qualités pour concilier vie professionnelle et familiale sont donc probablement bien préparées pour relever le défi !

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