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Revue 166 - Editorial - Le divertissement numérique ne connait pas la crise par Julien Billot

Articles Revue TELECOM

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15/07/2012



Le divertissement numérique

ne connait pas la crise

 



Julien Billot (1993), Pages Jaunes dans la revue TELECOM n° 166



Le divertissement est devenu une partie intégrante de la vie dans nos sociétés occidentales.

Un Américain moyen dépense à l’heure actuelle plus d’argent dans ses activités de divertissement que pour acheter de l’essence, se meubler ou bien s’habiller. Le poids de l’industrie du divertissement dans le monde a d’ailleurs dépassé en 2010 selon PWC les 1,78 trillions de dollars, en croissance de plus de 6 % par rapport à 2009.

Temps libre et enrichissement financiers ont été les moteurs primaires du développement de l’industrie du divertissement. Qu’ajoute alors le numérique dans ce mouvement de fond


Selon moi, la digitalisation de l’industrie du divertissement se résume en un mot clé : la fluidité. Et c’est cette fluidité de consommation et d’usage induite par la digitalisation de nos sociétés qui est la véritable rupture des années 2000 à travers trois grandes révolutions qui influent à la fois sur l’offre de divertissement, sa demande et sa solvabilité économique.

Première révolution : l’apparition de nouveaux terminaux. Il est une constante dans cette industrie : que le terminal crée le média. Avec l’ordinateur personnel naît l’internet. Avec les baladeurs digitaux ou connectés, Deezer ou Spotify. Avec la télévision connectée, la TV de rattrapage ou la VOD. Et avec l’iPad et les tablettes, tout à la fois… Avec ces nouveaux terminaux, toujours plus intuitifs, plus puissants, plus connectés… et moins chers aussi, les opportunités de jouer, de se divertir se multiplient et s’enrichissent de plus en plus simplement.

Deuxième révolution : avec les terminaux de nouveaux écosystèmes émergent. Ecosystèmes payants tout d’abord qui financent la croissance de la production de contenu. Mise en place de ‘kiosques’ payants hérités du minitel et de l’imode chez Apple, Amazon ou Google, paiement toujours plus fluide et sans douleur permettent de générer toujours plus de revenus autour du divertissement et de financer en retour la création artistique. Sans Facebook, pas de Zynga, et sans l’Appstore d’Apple, Rovio (Angry Birds) n’aurait pas pu se déployer mondialement. Dans un autre esprit, le numérique permet aux auteurs de trouver de nouvelles sources de financement. Le développement des phénomènes de crowdsourcing ou financement communautaire permet l’émergence de nouveaux talents dans le cinéma et la musique en s’affranchissant des barrières culturelles ou administratives.

Enfin, la troisième révolution concerne l’apparition de nouveaux modes de création. Chacun peut être à la fois créateur et producteur, acteur et metteur en scène. YouTube ou Dailymotion proposent une exposition sans pareille aux créateurs de tout bord en leur offrant des opportunités uniques de valorisation et d’exposition. C’est le phénomène bien connu du User Generated Content, amplifié par la viralité des réseaux sociaux, qui permet à chacun d’espérer connaître son quart d’heure de gloire ‘warholien’.

La fluidité que permet la digitalisation de l’économie rend donc possible une explosion sans égale à la fois de l’offre de divertissement et de sa diffusion. En parallèle, elle permet à chacun d’utiliser temps et argent disponible pour mieux et plus se divertir… malgré la crise.

Pour autant, ne soyons pas dupes. La crise financière et ses possibles répercussions sur nos sociétés auront un impact sur notre consommation de divertissement. Ralentissement de l’acquisition des terminaux digitaux, moindre investissement dans les réseaux, difficultés financières des bailleurs de fonds sont autant de menaces à prendre en compte qui peuvent à la fois ralentir l’offre disponible et l’évolution de la demande. Alors concluons en nuançant peut-être le propos et considérons que le divertissement numérique ne connaît pas la crise… pour le moment !

Permettez-moi alors de vous souhaiter beaucoup de plaisir à parcourir ce numéro et de remercier en votre nom les auteurs des articles passionnants qui le composent et qui illustreront chacun à leur manière les différents thèmes abordés ici.

Bonne lecture à vous !

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