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Revue 170 - Se déplacer en ville et si on rêvait ?

Articles Revue TELECOM

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15/10/2013




Se déplacer en ville : 

et si on rêvait ?

 



par Olivier Soumoy dans la revue TELECOM n° 170


Comment optimiser ses déplacements en profitant des différents modes de transport ? Comment fiabiliser l’estimation des délais de déplacement ? Au-delà du délai, quels paramètres sont à prendre en compte ?

 

J’ai quitté ma Lorraine natale pour étudier à Télécom ParisTech, et je suis resté sur Paris et sa banlieue proche depuis. Au fil des années, mon utilisation des moyens de transport dans la ville a évolué : de nouveaux moyens de transport se sont développés (tramways, voitures en libre service), l’accès à certains moyens de transport a été facilité (pistes cyclables), de nouveaux outils sont apparus (internet, GPS, smartphones) et j’ai moi-même évolué : je vais au travail en vélo, parfois j’ose prendre le bus au lieu du métro, et en voiture, je peux envisager des trajets sans passer par le périphérique ou les quais.

Cette évolution n’est bien sûr pas finie. Je vous propose de rêver quelques instants à ce que pourrait être l’application transport d’un futur moyen terme, qui nous aiderait dans nos déplacements urbains.
 

Ubiquité

Cette application transport prendra en compte le maximum de moyens de transport disponibles : transports publics (bus, tramway, métro, train, parfois bateau, téléphérique), véhicules personnels (vélo, scooter-moto, voiture, trottinette) qui peuvent être loués ou partagés, véhicules en libre service (vélo, voiture), transports privés (taxis, bus) et la marche à pied. Elle permettra des déplacements multimodaux : je commence mon trajet en vélo, puis je prends un tram et finis en voiture libre service.


Elle sera évidemment accessible sur tous
 les terminaux électroniques (ces rectangles tactiles de toutes les tailles, mais aussi lunettes, montres et vêtements connectés), dans toutes les langues et pour tous les publics (dont séniors, handicapés).

L’application offrira la richesse des différents modes de transport, selon différents facteurs que nous allons envisager.
 

Au plus vite

Le plus souvent, le déplacement est un moyen, pas l’objectif, on veut donc arriver au plus vite. Il ne s’agit pas d’additionner les délais théoriques d’une partie des composantes du trajet, mais d’optimiser le délai réel de bout en bout. Par exemple pour un trajet en métro, en prenant en compte les temps de déplacement dans la rue, ainsi que l’éventuel délai pour accéder à la rue (depuis un bureau ou un appartement); en voiture le recherche d’une place de parking dans la rue ou un parking souterrain.

Pour être le plus réaliste possible, l’application anticipera le niveau d’utilisation du réseau (routier bien sûr, mais un métro reste plus longtemps à quai en heure de pointe), en prenant en compte l’heure et le jour de la semaine, mais aussi les calendriers de vacances et des divers ponts, les événements locaux (concerts, matchs de foot). Les délais de correspondance seront personnalisés (habituellement je marche vite, mais aujourd’hui je suis blessé ou j’ai une valise lourde). L’application proposera le créneau horaire le plus adapté pour un déplacement et la sensibilité au retard (avec deux minutes de retard vous arriverez dix minutes plus tard).

Le trajet suivant ou le retour doivent être pris en compte. Il faut anticiper sur toute la journée voire plus, par exemple je laisse ma voiture au bureau pour aller faire du sport.

Pendant le trajet, l’application avertira des changements en temps réel, et saura proposer des trajets alternatifs pour continuer à optimiser le délai.

Au-delà du délai réel, l’application optimisera le délai perçu : les minutes semblent plus longues quand on attend un bus ou qu’on est bloqué dans les bouchons.
 

Confort


On veut gagner du temps, oui, mais pas dans n’importe quelles conditions. Personnellement, je ne prends pas mon vélo quand il fait nuit ou qu’il pleut, dans les transports en commun je préfère voyager assis, en extérieur (bus, tramway) plutôt qu’en souterrain (métro), je trouve le métro 12 beaucoup trop bruyant, je suis malheureux en couverture EDGE (et non 3G ou mieux), bref j’ai besoin de confort ! Surtout pour des trajets fréquents.

Le confort c’est aussi pouvoir se déplacer avec une valise (escalier des stations de métro, accès des bus, espace de rangement dans les rames). Sur un quai de métro, l’application saura m’indiquer dans quel wagon il y a le plus de place, ou s’il y a beaucoup plus de place dans la rame qui suit une minute plus tard.

Dans une voiture, le plus important pour moi, c’est l’autoradio pour écouter ma musique dans de bonnes conditions.

En transports en commun, j’utilise bien sûr les oreillettes de mon smartphone, mais c’est moins confortable (voire dangereux pour mes cellules ciliées dans mes souvenirs de cours du signal), surtout en environnement bruyant.

Plus sérieusement, les déplacements en ville pour les personnes à mobilité réduite sont fastidieux, l’application pourra leur donner des informations à jour et précises selon leurs contraintes (l’ascenseur pour accéder au quai est-il en panne ?).

L’application prendra en compte la sensibilité de chacun sur ces éléments de confort et d’accès, en intégrant les infos météo, pollution et trafic locaux et temps réel, mon niveau de stress (via des capteurs physiologiques), pour proposer des compromis avec le délai et le coût du déplacement.
 

Paiement


Le paiement des différents segments d’un trajet prend du temps et n’est pas toujours facile à appréhender : pour prendre le bus, le ticket est parfois plus cher à bord du bus, il faut payer en espèces et souvent faire l’appoint; avec un ticket T+, je peux faire une correspondance de métros, mais pas métro-tram; les sorties de zones quand on est abonné sont facturées plein pot.

L’application transport du futur va gérer tous les paiements nécessaires à nos déplacements, y compris les parkings et péages urbains. On pourra comptabiliser l’usage précis des différentes infrastructures (routes, transports en commun), en prenant en compte le poids déplacé, la surface occupée, la distance parcourue, l’impact sur la saturation (heure de pointe) et la pollution.

Les pouvoirs publics pourront déployer leurs politiques d’incitation de façon plus personnalisée (catégories d’âge, jour et heure) et plus temps réel (transports en commun gratuits ou à tarif réduit en cas de pollution).
 

En bonne compagnie


L’application proposera des opportunités basées sur mes centres d’intérêt, par exemple descendre une station plus tôt pour passer par une exposition éphémère ou un concert.

L’application prendra en compte les données fournies par les transporteurs (open data), mais aussi les données qu’elle observe (il me faut environ 2 minutes 25 pour ma correspondance quotidienne) et les données partagées par les utilisateurs (incident, trafic, dégradation) : les informations venant de la communauté sont particulièrement utiles pour la sécurité : je prévois un itinéraire en vélo mais les rues sont-elles bien aménagées ? Ou vais-je me retrouver sur une voie de bus ou un marché ? Je prévois de laisser mon vélo à l’entrée d’une station de métro, mais ai-je une bonne chance de le retrouver ?

L’application m’indiquera dans si un de mes proches est dans le métro qui arrive (après c’est selon l’humeur).

Sur base de mon agenda, l’application pourra me proposer de l’auto-partage, sur tout ou partie d’un trajet, en prenant en compte mes préférences, en particulier musicales !

De nombreuses fonctions citées dans ce « rêve » existent déjà, mais pas de façon intégrée. Au-delà d’une ville (même Paris), on attend l’intégration des déplacements interurbains et à l’intérieur des autres villes, au niveau international. Long is the road !



L'auteur


Olivier Soumoy
est diplômé de Télécom ParisTech. Il travaille sur les services mobiles dans le groupe Orange : d’abord à la R&D puis dans la direction technique d’Orange France, sur la messagerie vocale et le MMS, puis au marketing sur les services de communication et de communautés et depuis 2008 sur le NFC, qui permettra en particulier de payer et de prendre les transports avec son smartphone.

 






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