Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Revue 171 - Bureautique : presque 40 ans et plus que jamais à la pointe de l'innovation !

Articles Revue TELECOM

-

15/01/2014


Bureautique : presque 40 ans,

et plus que jamais

à la pointe de l’innovation !



par Louis Nauges dans la revue TELECOM n° 171


Vous n’avez encore rien vu ! d’ici la fin de cette décennie, les usages universels  de l’informatique, bureautique et « participatique », vont exploser, la variété des outils utilisés se multiplier et le nombre de personnes qui les utilisent quotidiennement dépasser les deux milliards. Que de chemin parcouru  depuis 1976, quand j’ai créé le mot “Bureautique” !
 


Les concepts clefs, pérennes

En 2010, j’avais déjà eu l’honneur d’écrire un texte dans cette revue sur la “Bureautique 2.0”. Je ne vais donc pas reprendre les thèmes que j’y abordais mais me centrer plus sur ce que ces 40 dernières années nous ont appris et ce qui va se passer d’ici 2021 et plus, au début de la prochaine décennie.

La définition officielle du mot bureautique, reprise dans Wikipedia, date de 1982 ; elle a “un peu” vieillie... Je vous en propose une nouvelle définition, plus proche de la réalité des outils et des usages, en 2013, autour de quelques principes simples :

  • Informations peu structurées : textes, images, graphiques, vidéos,...
  • Usages universels communs de ces informations   : créer, communiquer, partager,...
  • Outils utilisables par 100 % des per-sonnes, dans leurs activités profession-nelles et privées.
  • Outils universels, indépendants du pays, de la taille ou de l’activité de l’entreprise.
 
Ce qui est fascinant quand on analyse ce qui s’est passé depuis les années 1970, c’est de constater à quel point l’arrivée de nouvelles technologies révolutionne les usages, et le « plus simple l’outil, plus grande la révolution » !

Pour rendre l’analyse la plus simple possible, je vous propose de segmenter le temps “bureautique” en quatre époques :

 
  • Avant les années 1970  : informa-tique inexistante ;
  • Entre 1970 et 1990   : premières avancées de l’informatique ;
  • Entre 1990 et 2010 : le PC roi ;
  • 2010 à 2021 et plus : le « Cloud com-puting » prend le pouvoir.
 
Pour chacune de ces époques, l’analyse se fera sur les outils, les usages et les personnes concernées.

 
L’avant 1970

Les outils informatiques n’ont pas encore fait leur entrée dans les bureaux.

L’outil universel que l’on trouve dans tous les bureaux est la machine à écrire  ; seules des personnes spécialement formées, dactylographes et secrétaires, les utilisent pour une fonction simple  : l’écriture. Rien n’a fondamentalement changé depuis des dizaines d’années.



Les années 1970 - 1990

L’informatique pénètre dans toutes les entreprises, mais en priorité pour des usages structurés, back-office, tels que paye, tenue de comptes bancaires ou comptabilité.

Pour les activités bureautiques, les premiers changements apparaissent :
  • Les matériels de traitement de texte, proposés par Vydec, Wang, IBM, DEC,... remplacent les machines à écrire et permettent d’améliorer, un peu, la forme des documents. Pour l’essentiel, ces outils, encore très chers, restent entre les mains des dactylos et secrétaires. Le changement d’outil n’a pas encore impacté les usages et le profil des utilisateurs.
  • La grande nouveauté, c’est l’arrivée de la messagerie électronique  ; le premier e-mail a été envoyé en 1971. Profs d’IBM, All-in-One de Digital, Compuserve font leur apparition. Pour la première fois, cadres et dirigeants acceptent d’utiliser un clavier pour leur travail ; la fonctionnalité e-mail est plus “noble” que l’écriture !

Même si, pendant cette période, les réticences humaines et organisationnelles restent fortes, la pénétration de ces outils informatiques universels de base s’impose progressivement. J’avais créé ma première société de services, Bureautique SA, en 1980 et animais déjà de très nombreux séminaires pour convaincre dirigeants et informaticiens de l’intérêt de ces outils et de ces nouveaux usages.


Les années 1990 - 2010 : le PC roi

Ces vingt années ont été le témoin de très profonds chambardements dans le mode de fonctionnement des entreprises :

  • Les PC Wintel (Windows + Intel) ont gagné la bataille des postes de travail et, entre les années 2000 et 2010, ont constitué l’immense majorité des postes de travail dans les entreprises ; 
  •  Microsoft Office s’est aussi imposé pour tous les cols blancs, et les nouvelles fonctions « calcul-tableur » et « présentation » se sont ajoutées au « traitement de texte-écriture » ; 
  • La messagerie et l’agenda électronique se sont banalisés, IBM et Micro-soft se partageant 90 % du marché. Au-delà de l’accroissement du nombre de fonctions utilisées (tableur, agenda…) c’est bien sûr l’explosion du nombre d’utilisateurs de claviers-écrans qui a marqué cette époque. En 1990, moins de 10 % des cols blancs disposaient d’un poste de travail. En 2010, un milliard de personnes utilisent Microsoft Office ! Cette acculturation massive des outils bureautiques a représenté une véritable révolution dans les modes de fonctionnement des organisations et aucun outil informatique n’avait été diffusé à un tel niveau depuis que l’informatique existe.

Cette situation est à la fois : 
  • positive, car tous ces cols blancs ont acquis de nouvelles compétences ; 
  • négative, car pour passer à la génération suivante d’outils bureautiques, il va falloir changer les modes de travail… d’un milliard de personnes, et le management de ce changement va être un grand challenge !
 

Les années 2010 – 2021 et plus : le Cloud public prend le pouvoir

Entre 2010 et 2021 et plus, les outils, les usages et les utilisateurs bureautiques vont vivre une mutation encore plus importante que celle qui s’est produite entre 1990 et 2010. Cette migration vers une bureautique « Cloud » a commencé dès 2007 et de nombreuses entreprises innovantes sont déjà dans cet environnement. Au début de la prochaine décennie, en 2021 et au-delà, plus de 90 % des entreprises auront terminé cette migration. L’on ira, en pèlerinage, visiter les entreprises “ringardes” (Laggards en Anglais) qui continueront à utiliser les outils de la génération précédente : Microsoft Office, Exchange, Notes,…

Comment se définit ce nouveau monde bureautique Cloud ? 
 
  • Du coté des outils :
- Une très grande variété des objets d’accès : tablettes, smartphones, ordinateurs portables, quel que soit leur système d’exploitation ou leur fabriquant, peuvent accéder à toutes les fonctionnalités bureautiques Cloud ;
- Un navigateur (Chrome, Firefox, IE, Safari,…) est devenu le point d’entrée universel sur tous les outils informatiques des entreprises ;
- Toutes les fonctions bureautiques sont hébergées par de grands acteurs industriels. Aujourd’hui, Google Apps est la seule solution crédible pour les entreprises, en espérant que Microsoft sera capable de remplacer rapidement sa solution actuelle, Office 365, qui n’est qu’une version hébergée de produits historiques des années 1990, par une véritable solution Cloud / SaaS. 
 
  • La variété des fonctions disponibles explose : en plus des outils bureautiques classiques, traitement de texte, tableur, présentation, e-mail, agenda,… on peut disposer de :​
- tous les outils de communication modernes : chat, vidéochat, messagerie instantanée et… même la téléphonie !
- capacités de mémorisation et de partage de tous ses documents, photos, images, vidéos,…
- blogs, wikis et réseaux sociaux, tous bien évidemment hébergés dans des clouds publics. 
 
  • Le nombre d’utilisateurs professionnels de ces outils bureautiques cloud va lui aussi fortement augmenter, comme cela s’est passé avec l’arrivée en 1990 d’Office. Tous les collaborateurs d’une entreprise, cols blancs, cols bleus, commerciaux,… auront à leur disposition l’ensemble de ces outils bureautiques cloud, auxquels ils accèderont depuis leurs objets mobiles personnels.

Cette triple révolution, variété des outils d’accès, explosion du nombre de fonctionnalités et accès par 100 % des collaborateurs d’une entreprise aux outils bureautiques Cloud universels, est inéluctable. Je suis persuadé que tous les lecteurs de ce texte, qui par extraordinaire seraient encore, au début de 2014, dans le monde bureautique démodé et dépassé des années 1990-2010, prendront immédiatement la décision d’entreprendre leur migration vers cette nouvelle génération d’outils bureautiques.

Ce sera un voyage passionnant, mais complexe car : 

  • Il y aura beaucoup de bénéfices majeurs : réduction forte des coûts, réponse aux besoins de mobilité, accroissement de la collaboration… 
  • Il y aura aussi beaucoup de challenges, organisationnels, humains et culturels à surmonter. N’oublions pas que ce sont les modes de travail de mille millions de personnes qu’il faudra changer !

Résumé : Nous allons vivre la quatrième révolution “bureautique” et elle va transformer la vie professionnelle de deux milliards de personnes.

Quel beau challenge !



L'auteur

Louis Naugès
est ingénieur Supélec, diplômé de l’IAE de Paris et MBA de Northwestern University à Chicago. Il est le cofondateur et “Chief Cloud Evangelist” de Revevol, acteur clef du monde du Cloud Computing et du SaaS, présent dans plus de 10 pays. Louis Naugès anime chaque année des dizaines de séminaires et formations pour dirigeants et informaticiens sur le Cloud Computing, l’innovation en informatique et la R2I, Révolution Industrielle Informatique.

http://revevolgroup.com/

271 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Articles Revue TELECOM

Quels rôles jouent les technologies numériques dans l’évolution de la médecine du travail ? Groupe Santé#196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

Le numérique au service de la décarbonisation #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

DC Brain nommé au prix de la croissance #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril