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Revue 171 - Editorial - Ingénieur, une formation pour commencer, un métier par la suite ? Pas toujours. Par Agnès MAITRE

Articles Revue TELECOM

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15/01/2014


Ingénieur, une formation

pour commencer,

un métier par la suite ?

Pas toujours.





par Agnès Maître (1983) dans la revue TELECOM n° 171


Alumni de Télécom ParisTech, nous avons pour la plupart suivi une formation d’ingénieur et nous en avons le diplôme. Pour autant combien d’entre nous ont choisi ce métier par goût et combien ont simplement choisi une filière de formation prestigieuse ?

Les grandes écoles à la française sont ambigües, elles préparent à un métier et en même temps ont un rôle de sésame pour une carrière de cadre supérieur ou dirigeant. Bourdieu écrivait :

«… ces « vertus de chef » que sanctionnent et consacrent toutes les grandes écoles et qui prédisposent en effet davantage aux calculs pragmatiques et disciplinés de la décision résolue qu’aux audaces et ruptures de la recherche scientifique ou artistique. » 

Par rapport au monde anglo-saxon où les formations scientifiques débouchent sur des métiers scientifiques et les formations au management sur des métiers d’encadrement, la France représente une sorte d’exception. Ceci est également vrai de l’Asie où l’ingénieur bénéficie d’un grand prestige et exerce généralement un métier à dominante technique. L’ingénieur français sorti d’une grande école qui décide de rester dans une filière technique aura généralement moins de reconnaissance (sociale mais aussi dans l’entreprise avec des signes tels que le salaire et l’accès aux instances de décision) que son confrère qui aura choisi la voie managériale.

Il ne faut pas généraliser ; certaines entreprises reconnaissent complètement l’atout fondamental que leur apportent leurs scientifiques. De plus les mentalités changent : les années 80 ont vu les « yuppies » qui faisaient des fortunes dans des salles de change, le tournant du siècle a vu l’exigence de plus d’humain dans l’entreprise (deux indicateurs sont flagrants : le catalogue des sociétés de formation continue comporte de plus en plus de formation à un management « humain », et l’arrivée du coaching en entreprise en France), et depuis quelques années nous sommes en train de redécouvrir l’intérêt des métiers techniques avec des exemples comme Google.

Notre école d’ailleurs n’est pas en reste avec une refonte des méthodes d’enseignement et une place importante laissée à l’innovation. Nous avons la chance d’être des professionnels du numérique dans une société où le numérique prend une place grandissante et où le « high-tech » est admiré.

Alors, ingénieur : un métier ou une formation vers autre chose ? La question a de multiples facettes. Il n’est pas question d’y répondre dans ces quelques pages mais nous vous présentons des pistes de réflexion et des témoignages, en souhaitant qu’elles vous ouvrent de nouveaux horizons.

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