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Revue 171 - Ingénieurs et Carrières techniques : vision d'une entreprise américaine dans le secteur IT

Articles Revue TELECOM

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15/01/2014


Ingénieurs et carrières

techniques : vision d’une

entreprise américaine

dans le secteur IT


Entretien avec eric Antibi, Directeur technique NetApp France, entreprise classée n°1  au palmarès 2013 Great Place to Work.
Propos recueillis par Gaëlle Cattieuw (2000)  dans la revue TELECOM n° 171


 
Sur le marché du stockage de données, la compétence technique est une ressourcerare et précieuse et l’un des facteurs clés de l’innovation.
  

Gaëlle Cattieuw - Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le secteur d’activité de NetApp et vos missions au sein de l’entreprise ?

Eric ANTIB – NetApp crée des solutions de stockage et de ges-tion des données et est notamment très actif dans les domaines du Big Data et du Cloud Computing. En ce qui me concerne, j’ai pour mission d’assurer la croissance et le développement de l’expertise avant-vente mais également de pérenniser les relations technologiques avec les principaux partenaires, intégrateurs et fournisseurs de services.


G.C. – Si nous appelons ingénieur « technique » un ingénieur qui consacre au moins 75 % de son temps à réaliser lui-même un travail technique, les autres 25 % pouvant être du projet, de l’encadrement ou du reporting... Ce ratio 75 % / 25 % vous parait-il approprié ?
E.A. – Le ratio 75 % / 25 % semble approprié. Cependant, donner une valeur aussi tranchée est difficile car la taille de l’entreprise et le secteur d’activité sont des facteurs importants à prendre en compte.
Chez NetApp, nous privilégions les managers techniques qui, tout au long de leur carrière et quel que soit leur niveau dans la hiérarchie, continuent à réaliser des missions techniques. Dans un secteur d’activité où l’innovation est particulièrement importante, un manager se doit de rester proche du terrain, d’être un précurseur sur les nouveaux usages et d’échanger avec les équipes sur des problématiques complexes de nos clients.

 

G.C. – Dans des métiers comme ceux qui concernent Télécom ParisTech, combien de temps considérez-vous qu’un ingénieur reste compétent techniquement après sa sortie de l’école ?
E.A. – Dans les métiers qui concernent des secteurs d’activité équivalents, il n’y a pas de règles concernant la durée de compétence technique d’un ingénieur. Tout dépend de son profil. De nombreux ingénieurs se forment à la technique pendant
 toute la durée de leur carrière. L’évolution et la capacité à innover sont primordiales et nombreux sont les profils qui après 25 ans de carrière sont toujours des techniciens hors pair.
 

G.C. – Passé ce délai, comment répartissez-vous ceux qui doivent évoluer vers des fonctions d’encadrement, ceux qui suivent des formations continues courtes pour répondre à un besoin identifié précis de l’entreprise et ceux qui continuent à se former sur le long terme pour garder une expertise pointue ?
E.A. – Chez NetApp, nous ne sommes pas dans cette démarche de formation à la carte, courte ou longue pour les uns, continue pour les autres. Nous sommes tous formés régulièrement sur une grande variété de sujets. La formation continue est dans l’ADN de la fonction d’ingénieur dans l’IT et ce n’est pas une question de profil. Grâce à ce système, les managers et les ingénieurs ont le même niveau d’information pour échanger sur de nombreuses problématiques.
En ce qui concerne l’évolution des collaborateurs, cela dépend tout d’abord de leurs aspirations car certains souhaitent cheminer vers l’expertise plutôt que le management.
 

G.C. – Dans votre entreprise, et parmi l’ensemble des salariés, quelle proportion d’ingénieurs purement techniques correspond à vos besoins ?
E.A. – Chez NetApp, dans le monde, plus de 50 % des employés sont des ingénieurs techniques. Au sein des différentes filiales de NetApp, où l’activité commerciale est menée de front, la proportion d’ingénieurs reste conséquente. En France, environ 30 % des collaborateurs sont des ingénieurs, ce qui nous permet de garder une compétence de pointe locale et de mieux accompagner les partenaires sur un marché en pleine évolution.

NetApp en quelques chiffres :

  • Entreprise cotée au NASDAQ, siège en Californie
  • Chiffre d’affaires global : 6.3 milliards de dollars
  • 13 000 employés dans le monde


G.C. – D’après vous, dans quelle mesure l’ingénieur qui reste dans une fonction technique souffre-t-il d’un déficit d’image? Pensez-vous qu’il y ait là une des raisons qui pousse les jeunes ingénieurs à partir à l’étranger ?
E.A. – Chez NetApp, il n’y a pas de déficit d’image pour ce type de profil, car sur le marché du stockage des données, la compétence technique est une ressource rare et précieuse. Ceci est d’ailleurs valable en France comme à l’étranger.
Dans un secteur high tech au sens large, la place des ingénieurs est très valorisée car les entreprises informatiques sont en manque de compétences. L’évolution dépend des ingénieurs, car leur savoir et leur savoir-faire, est nécessaire à toute l’activité technologique et commerciale des entreprises.
Ce qui pousse les jeunes talents à partir dans la Silicon Valley ou ailleurs, ce n’est pas tant le manque de reconnaissance mais le manque de centres de recherche et d’ingénierie sur le territoire français. Ce secteur étant très développé aux Etats-Unis et de plus en plus en Asie.
 

G.C. – Avez-vous connaissance de différences culturelles entre la France et d’autre pays qui « fabriquent » de bons ingénieurs aussi, concernant l’évolution de carrière de ces derniers ?
E.A. – Globalement, les ingénieurs Français sont très bien formés et sont reconnus comme tels dans le monde entier. Cependant, la différence culturelle entre les entreprises en France et à l’étranger est importante, et cela transparaît dans le cheminement de la carrière de l’ingénieur. Par exemple, au sein d’une entreprise américaine, celui-ci peut évoluer d’un poste technique à celui de manager, de direction, ou d’expert. A niveau d’étude équivalent, les ingénieurs peuvent donc évoluer sans que l’on fasse attention au nom du diplôme. Une fois entré dans l’entreprise, la valeur ajoutée produite sur le terrain par l’ingénieur fait toute la différence, ce qui n’est pas toujours le cas en France.

Les succès de NetApp aujourd’hui

  • NetApp® Data ONTAP® est le système d’exploitation du stockage n° 1 au monde ;
  • NetApp est le leader du marché du stockage en Allemagne et numéro 2 en France ;
  • NetApp est le premier fournisseur de stockage du gouvernement américain.


G.C. – Quels moyens votre entreprise a-t-elle mis en place pour demeurer aux avant-postes dans son domaine ?
E.A. – NetApp reste focalisé sur un seul métier qui est de proposer des solutions de gestion de données pour les entreprises et investit plus de 13 % de son chiffre d’affaire en R&D afin de rester innovant et leader dans ce secteur d’activité.
 

 
L'auteur

Eric Antibi est Directeur Technique de NetApp France depuis mai 2011. Eric a intégré NetApp en 2004 en tant qu’ingénieur avant-vente à Toulouse, puis a été promu en 2007 responsable de l’équipe avant-vente en charge des partenaires et du territoire. Eric était alors en charge du suivi technique pour de grands comptes et du développement de la collaboration avec les partenaires. Il a notamment participé à la mise en place des premières offres Cloud avec des partenaires clés de NetApp.
Eric Antibi a plus de 15 années d’expérience dans le domaine du Datacenter et de la gestion de données. Il a travaillé pendant près de 10 ans chez Sun Microsystems où il a occupé divers postes : ingénieur support, service account manager et consultant avant-vente, dans le domaine du service, du spatial et de l’aéronautique.
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Electronique, Informatique, Télécommunications, Mathématiques et Mécanique de Bordeaux (ENSEIRB-MATMECA), Eric Antibi joue de la musique et est un passionné de rugby.

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