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Revue 172 - Le scénario négaWatt : considérer l'énergie autrement

Articles Revue TELECOM

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10/04/2014



Le scénario négaWatt :
 

considérer l’énergie autrement
 




par l'association négaWatt dans la revue TELECOM n° 172
 

Créée en 2001, elle rassemble de nombreux experts énergéticiens, notamment spécialistes des bâtiments, des appareils électriques, des transports et des énergies renouvelables, mais également des architectes, des sociologues, des économistes, etc. Elle axe depuis l’origine son travail sur la construction d’un scénario de transition énergétique, sur le développement et la valorisation des savoir-faire et sur des propositions de politiques publiques.


Trois grandes difficultés se présentent aujourd’hui au monde de l’énergie, à ses acteurs mais aussi à l’ensemble des citoyens : le dérèglement climatique, la raréfaction des ressources fossiles et fissiles mais aussi des matières premières et les risques liés au nucléaire. La fuite en avant constatée depuis des décennies, tant par la poursuite de l’augmentation des consommations – qui sont souvent des gaspillages – que par le manque d’efficacité des procédés employés et de solutions aux pollutions et aux risques rencontrés, resserre inexorablement la contrainte et réduit les marges et les temps possibles d’intervention.
 

Sobriété, efficacité et renouvelables

Pour répondre à ces enjeux, l’Association négaWatt a fondé son action sur une démarche simple qui consiste à remettre à plat la question énergétique pour l’envisager dans le bon sens. Au contraire de la démarche classique « productiviste » qui envisage l’énergie du point de vue de la production et organise le secteur autour de l’offre, ce qui revient à privilégier les moyens au détriment des fins, l’approche négaWatt met l’accent sur les « services énergétiques rendus » avant d’envisager le système technique qui pourra les produire de la manière la plus durable.

La démarche négaWatt se décompose en trois temps qui s’appliquent de manière simultanée mais avec un ordre clair de priorité :

•  la sobriété tout d’abord, qui consiste à nous interroger sur nos besoins afin de privilégier les plus utiles, de limiter ceux qui sont plus extravagants et de supprimer les plus nuisibles. Elle se déploie au travers de l’orientation des comportements individuels et de l’organisation collective et vise la suppression des gaspillages (services énergétiques produits inutilement), la mutualisation et l’optimisation des moyens et l’adoption de modes de vie plus durables.

• l’efficacité ensuite, qui permet de réduire, essentiellement par des choix techniques, la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire un service énergétique donné ;

• le recours aux énergies renouvelables enfin, qui favorise l’utilisation des énergies les moins polluantes et les plus soutenables.
 

Penser la transition énergétique : le scénario négaWatt

En s’appuyant sur cette démarche, l’Association négaWatt a réalisé un scénario de transition énergétique pour la France, à horizon 2050. Ce scénario négaWatt étudie finement et de façon exhaustive l’ensemble des postes de consommation d’énergie (chauffage des bâtiments, production d’eau chaude, cuisson des aliments, transport des personnes et des marchandises, industrie, etc.) et des moyens de production associés.

Dans ce scénario, dont la dernière version a été publiée en 2011, l’application de la démarche négaWatt permet de diviser par deux la consommation finale d’énergie française à l’horizon 2050, de se passer totalement de l’énergie nucléaire dès 2033, et d’atteindre en fin d’exercice un bouquet énergétique composé à 90% d’énergies renouvelables. Enfin, ce scénario permet de diviser par quinze les émissions de CO2 d’origine énergétique au cours des 40 prochaines années.









Un impact positif sur l’économie et l’emploi

Outre ces multiples gains environnementaux, le scénario négaWatt présente également un impact bénéfique sur l’économie. Plusieurs centaines de milliers d’emplois non délocalisables peuvent être créés grâce à cette transition énergétique, faisant plus que compenser les pertes d’emplois qui pourront être observées dans certains secteurs particuliers (nucléaire, transport routier, etc.). Deux études, réalisées par le CIRED-CNRS (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement) d’une part et par l’ADEME et l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) d’autre part, ont chiffré, avec deux méthodologies différentes, ces créations nettes d’emploi : + 630 000 à l’horizon 2030, + 640 000 à l’horizon 2050. Les effets sur le Produit intérieur brut (PIB), le pouvoir d’achat des ménages et la balance commerciale de la France ont également été étudiés : tous sont positifs.

Loin d’entraîner un « retour à la bougie », la transition énergétique décrite dans le scénario négaWatt s’avère être un formidable levier de sortie de crise, créateur d’emplois et de richesse. Si sa mise en œuvre est conditionnée à des politiques publiques et des textes réglementaires décidés au niveau national, l’échelon local a aussi un rôle important à jouer : proches des acteurs locaux et à même d’évaluer les ressources de leurs territoires, les collectivités ont entre leurs mains de multiples moyens d’action pour réduire les consommations d’énergie et développer localement les énergies renouvelables. Pour les aider à mettre en œuvre cette transition énergétique sur le terrain, l’Association négaWatt a fondé en 2009 l’Institut négaWatt, organisme de recherche, d’étude et de formation.

 

Plus d’informations
 

www.negawatt.org

Retrouvez sur notre site Internet :

  • la synthèse du scénario négaWatt et l’étude de son impact économique,
  • la possibilité de recevoir les actualités de négaWatt,
  • comment soutenir l’association et ses travaux.























Evolution comparée des productions en énergies primaires par source entre le scénario tendanciel (en haut) et le scénario négaWatt 2011 (en bas), en TWh



 

Un sujet concerne particulièrement le champ des télécoms
 

La question de l’équilibre de l’offre et de la demande sur le réseau électrique se pose progressivement en des termes fort différents d’aujourd’hui, avec la généralisation des énergies renouvelables variables. Pour répondre à ce défi, le scénario négaWatt insiste sur l’importance des moyens d’adaptation en temps réel de la production et de la consommation d’électricité, notamment par le déploiement des réseaux intelligents, le déclenchement anticipé ou le report des usages qui le permettent, le stockage de l’énergie (hydrolyse et méthanation, interactions entre réseaux électriques, gaziers et de chaleur, usages thermiques et frigorifiques...). Les NTIC auront donc un rôle significatif à jouer dans la transition énergétique. En parallèle, ce développement devra nécessairement s’accompagner d’une optimisation de la consommation d’énergie de ce secteur, d’une part grâce à une efficacité accrue des systèmes, mais aussi par l’application du concept d’écologie industrielle, qui pourra s’illustrer ici par la récupération de la chaleur fatale des data centers pour alimenter par exemple des réseaux de chaleur.


 

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