Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Revue 174 - Objets connectés, l'exemple de l'intégration automobile

Articles Revue TELECOM

-

15/10/2014



Objets connectés
 

l’exemple de l’intégration automobile





Par Sophie Diallo dans la revue TELECOM n° 174
 

Dès octobre 2015, le système d’appel d’urgence européen eCall sera opérationnel. Ce système permettant aux véhicules de communiquer en cas d’accident, rendant connectées les voitures par défaut.
 

De l’eCall à la voiture connectée

L’eCall est un système permettant à une voiture accidentée d’appeler instantanément les services d’urgence tout en envoyant sa position précise, que ses occupants soient conscients ou non, et quel que soit le pays de l’UE dans lequel elle se trouve. Avec l’arrivée de l’Ecall, la connexion des véhicules à un réseau mobile se standardise et demain l’ensemble de ces services ne seront plus uniquement réservés aux véhicules haut de gamme.

L’automobile devient donc un véritable objet communicant. L’enjeu est crucial tant pour les constructeurs automobiles que pour les opérateurs. En effet, pour les premiers cette connectivité permettra d’offrir de nouveaux services et prestations, pour les seconds cela génèrera une nouvelle source de revenus dans un marché qui vit principalement de renouvellement.

Les services envisagés tels que des systèmes de navigation, le divertissement, l’information sont très consommateurs en data. Le coût étant un élément essentiel dans le déploiement de ces nouveaux services, les constructeurs souhaitent pouvoir mettre en concurrence régulièrement les opérateurs.

Dans le modèle actuel, dès la conception, le constructeur automobile choisit un opérateur qui restera en place pendant toute la durée de vie du véhicule. La réalisation de nouveau appel d’offre le durée de vie du véhicule ne sera rendu possible seulement si les ont la liberté de changer d’opérateur durant la vie du véhicule.
 

Les évolutions de la SIM pour le marché Machine to machine (M2M)

En 2010, l’ETSI a standardisé le principe d’une carte SIM non extractible pour répondre aux contraintes industrielles émises par les constructeurs de modules dédiés au secteur du M2M.

Ces équipements doivent pouvoir supporter des conditions environnementales particulières: chocs, corrosion, températures extrêmes, vibrations ou encore humidité. Les caractéristiques physiques de la carte SIM ont dû être redéfinies.

Aujourd’hui, les cartes SIM sont personnalisées par leur fournisseur imposant au constructeur automobile le choix de l’opérateur pour toute une série de véhicules.

La seule solution aujourd’hui pour changer d’opérateur est de changer physiquement les cartes SIM ; tâche délicate car conditionnée par l’accessibilité et le nombre d’équipements sur lesquels l’intervention doit porter. C’est pourquoi, de nombreux d’industriels ont plaidé pour des procédures d’allocation a posteriori permettant le chargement ou la modification des données d’accès réseau d’un opérateur après installation de la carte SIM dans le module de communication du véhicule.

Ce besoin de post-personnalisation remet en cause le modèle économique et le cadre technologique existant des cartes SIM.
 

Un nouveau modèle de personnalisation

La post-personnalisation est en cours de standardisation dans deux organismes différents.

• L’ETSI, avec une vision globale du sujet : la solution sera dédiée au domaine M2M mais également aux objets connectés grand public,

• La GSM Association qui défend les intérêts des opérateurs et dont les spécifications s’adressent uniquement au domaine du M2M.

Les spécifications de la GSMA étant plus abouties (une première version est disponible depuis décembre 2013), c’est le modèle actuellement à l’étude dans l’industrie automobile.











Initialement le fabricant de cartes à puce jouait un double rôle : il fournissait le de composant (matériel et logiciel) et prenait également en charge la personnalisation de la carte SIM selon les spécifications et données de son client : l’opérateur.

La solution proposée introduit un nouvel acteur : le « Subscription Manager ». Il s’agit d’un server en charge de la gestion des profils (des SIM) de l’intégration de ceux-ci à distance dans la carte. Ce nouvel acteur a deux rôles distincts et peut être séparé en deux entités :

• La préparation des données, cette entité « Subscription-Manager : Data Preparation » (SM-DP) est responsable de la préparation des données et du chiffrement des SIMs en fonction des caractéristiques de l’opérateur.

• Le transport des données, cette entité « Subscription-Manager : Secure Routing » (SM-SR) personnalise l’eUICC.Elle va donc gérer la communication sécurisée entre l’opérateur/le SM-DP et la carte SIM embarquée.

Pour permettre la première connexion et donc assurer le chargement des données de personnalisation du premier opérateur, l’eUICC est personnalisée en usine avec un opérateur de provisionning qui ne sera actif qu’au début du cycle de vie de celle-ci.

Dans ce nouvel écosystème, les rôles et responsabilités de chaque acteur (opérateur, fournisseur de modem et fournisseur de carte) sont modifiés. En effet, la propriété de la carte SIM rend l’opérateur légalement responsable de la connectivité. Dans ce nouveau modèle qui sera le propriétaire de la carte SIM avec les responsabilités légales associées ? Et surtout comment s’assurer des liens de confiance entre les différents acteurs ?

De la résolution de ces derniers éléments découlera le modèle économique de la connectivité des objets dont l’automobile.
 

L’émergence de nouveaux modèles économiques

Aujourd’hui, les premiers déploiements utilisent une solution basée sur une carte multi-profil mais les appels d’offres en cours portent sur la solution de post allocation.

À date, même si la majorité des fournisseurs de cartes proposent des solutions de post-personnalisation compatibles avec les spécifications GSMA, elles ne sont pas pour autant interopérables.

Plusieurs modèles économiques peuvent coexister dans la situation :

• Des grandes alliances entre opérateurs avec une solution propriétaire de post-allocation.

• Une solution de bout en bout fournit par de grands groupes (Vodafone, Orange, …)

• Un modèle imposé par la régulation tel Denatran, organisme national brésilien en charge de la circulation pour lutter contre les vols de voiture.

 

L’auteur
 


Sophie Diallo 
est Responsable des Etudes et conception cartes SIM chez Bouygues Telecom. Elle y coordonne l’activité SIM sous l’ensemble des aspects (marketing, techniques, achats). Elle contribue également à des activités de standardisation au travers de l’ETSI (Smart Card Platform Technical Committee) où elle est rapporteur des spécifications relatives à la sécurité et au transport des données. Elle a exercé par le passé des responsabilités au sein de Global Platform, le forum dédié à la sécurité et l’administration à distance des cartes à puces.

569 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Articles Revue TELECOM

Quels rôles jouent les technologies numériques dans l’évolution de la médecine du travail ? Groupe Santé#196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

Le numérique au service de la décarbonisation #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

DC Brain nommé au prix de la croissance #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril