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Revue 175 - Aller à fonds !

Articles Revue TELECOM

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15/01/2015

Aller à fonds !




Par Jérôme Faul (1991) dans la revue TELECOM n° 175



Comme il est exceptionnel d’avoir à la fois un projet innovant et les moyens de le financer, pour accélérer son développement l’entrepreneur cherche en général des fonds auprès de sociétés de capital-innovation.

Le capital-innovation comme financement des innovations

Les innovations de rupture sont souvent le fait d’entrepreneurs capables de mettre en œuvre les moyens nécessaires à la mise sur le marché d’un nouveau produit ou service répondant à une demande non satisfaite. Pour financer ces moyens, l’entrepreneur peut faire appel à un investisseur dont le métier consiste à prendre des participations dans le capital d’entreprises en cours de démarrage (start-up) – c’est-à-dire dont les revenus n’équilibrent pas encore les dépenses.
 

L’investisseur espère qu’un jour ses parts vaudront plus que lorsqu’il a investi et qu’il pourra les revendre en faisant une plus-value rémunérant le risque qu’il a pris.

Selon la dernière étude de l’Association Française des Investisseurs pour la Croissance (AFIC), ces activités de financement se sont révélées à peine rentables en France dans les dernières années mais s’améliorent. Le taux de rendement interne (TRI) net à fin 2013sur dix ans est de 0,3%, sur cinq ans de 0,9%, sur trois ans de 2,5%, sur 1 an de 5,6%.


Si on regarde la dispersion de la performance depuis l’origine des 210 fonds de capital-innovation actifs selon des quartiles, on obtient les TRI moyens suivants : -12,1%, -5,6%, 0,2%, 10,6%. En multiples, cela donne : 0,5x, 0,7x, 1,0x, 1,5x. Dernier nombre, ces statistiques portent sur environ six milliards d’euros de fonds disponibles dont 500 millions sont investis en moyenne chaque année.
 

L’écosystème français est de facto assez défavorable aux entrepreneurs (par rapport aux Etats-Unis, ramené au PIB, il y a six fois moins de fonds disponibles pour les start-up en France si on compare les études de l’AFIC et de son homologue américaine). Néanmoins, il y a toujours moyen de financer un bon projet qui démarre même dans ce contexte où la ressource financière est assez rare et peu rentable.

Les attentes envers les entrepreneurs

De fait, les investisseurs ont la possibilité de faire un tri assez sélectif parmi les dossiers qui leur sont soumis. Pour un investissement effectif, ce sont souvent 100 dossiers qui ont été traités de près ou de loin. La littérature et internet sont pleins de conseils aux entrepreneurs sur la bonne façon de pitcher un investisseur et bourrés de conseils aux investisseurs sur les critères liés à un bon deal mais il s’agit surtout de bon sens…
 

La vraie question tient au fait que l’entrepreneur délivrera sa promesse d’adresser un marché avec le nouveau produit ou service qu’il aura su développer. Le marché est d’autant plus imprévisible que l’on se projette loin dans le futur, il faut être en mesure del’analyser en temps réel au travers d’interactions avec ses clients et d’adapter son produit ou service en conséquence. La qualité et la complémentarité des équipes tant sur le plan du marketing, de la technique, de la production et de la vente sont donc essentielles avec l’entrepreneur comme chef d’orchestre.
 

Il faut porter une vision, l’implémenter, la vendre, comprendre la réaction des clients, corriger sa vision, l’implémenter à nouveau, et ainsi de suite. Chacune de ces étapes demande de l’excellence, sans quoi on base ses décisions sur de mauvaises données. Ce sont des vraies compétences que l’entrepreneur doit être en mesure de réunir et de financer. L’investisseur pourra prendre une décision d’investissement s’il est convaincu que l’entrepreneur a compris ses enjeux futurs et la façon de les adresser.
 

Rappelons que l’investisseur est d’abord là pour assurer le succès de son fonds qui, comme on l’a vu plus haut, est historiquement une chose difficile. Il doit d’abord limiter les risques, ce qu’il peut faire en investissant dans des secteurs qu’il connaît, en passant du temps à étudier le dossier avant l’investissement et en travaillant avec l’entrepreneur pour le faire bénéficier de son expérience après. Il se doit aussi d’investir dans des projets dont il sait, qu’en cas de succès, la plus-value sera importante.


L’auteur

 


Jérôme Faul (1991), 
Directeur Général d’Innovacom, une société de capital-innovation qui investit dans le numérique depuis 1988. Il est administrateur de plusieurs sociétés. Ingénieur des Mines, il a débuté sa carrière dans la recherche et développement en télécoms avant d’être lui-même cofondateur d’une start-up en 1999.

 

 

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