Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Revue 175 - L'hôpital numérique : la marche en avant

Articles Revue TELECOM

-

15/01/2015

L’hôpital numérique : 
la marche en avant

Par Philippe Huddlestone dans la revue TELECOM n° 175

Malgré un contexte de restriction budgétaire important dans le monde de la santé, comme pour l’ensemble des activités publiques, les hôpitaux accélèrent leurs mutations numériques. L’ensemble des établissements de santé, quelle que soit leur taille, est confronté à cette évolution technologique et organisationnelle, qui pose de nombreux défis.

Une mutation des hôpitaux
 

Cette mutation, indispensable, est encadrée par un plan national, le plan hôpital numérique, dont les critères sont repris dans le processus de certification des établissements. De plus, les établissements se doivent aussi de se moderniser et de s’adapter aux nouvelles technologies pour rester attractifs. En effet, ceux-ci sont intégrés dans les réseaux de soins locaux et doivent être communicants avec les acteurs de soins libéraux, ainsi qu’avec les patients de leur secteur. De plus, ils sont attachés à des communautés hospitalières de territoire ou à des collaborations entre établissements, utilisent ou fournissent des ressources médicales à distance, ce qui implique de mettre en place un nouveau type d’hôpital gérant l’information de manière dématérialisée, avec des moyens de communication développés. Trois points clés émergent quel que soit l’hôpital concerné.

1er point clé : les réseaux comme socle
Le premier point commun indispensable est d’avoir un réseau interne à l’établissement, premier maillon de la haute disponibilité du système d’information. Il doit assurer des temps de réponses corrects, permettant aux soignants de rester concentrés sur leur cœur de métier sans perte de temps. Le soignant est mobile : il se trouve là où est le patient. La mise en place d’un réseau Wi-Fi sécurisé est indispensable pour avoir l’accès à l’information, au plus près de celui-ci. Au-delà des flux de données, le réseau assure le transport de voix (filaire ou Wi-Fi) et peut assurer le transport de vidéo, ludique (flux chaînes de télévision) ou professionnelle (vidéo-surveillance, visio-conférence). Par ailleurs, ce réseau Wi-Fi peut participer à des missions de sécurité grâce à des outils de protection de travailleurs isolés permettant de porter assistance à une personne en difficulté.

Ce premier réseau permet une communication fluide en interne, mais il est insuffisant pour répondre au besoin des établissements. Comme signalé plus haut, les établissements ont une impérative nécessité de communiquer avec les acteurs de santé publics ou libéraux. Les données échangées étant très sensibles, le réseau doit être fortement sécurisé. Pour ce faire, sous l’impulsion du gouvernement, les ARS1 ont délégué à une instance régionale, type GCS2, autonome, la mission d’évaluer les besoins en communication et en outils numériques de santé transversaux. L’objectif est de permettre aux hôpitaux de mieux répondre aux missions de santé en utilisant des ressources là où elles se trouvent (par ex : La télémédecine, le télé-AVC). L’une des premières missions de ces instances a été la mise en œuvre de réseaux régionaux sécurisés, avec un lancement d’appel d’offres, l’attribution du marché public, et le contrôle transversal au nom des hôpitaux. Ces réseaux privés et sécurisés sont mis en œuvre par des sociétés spécialistes, implantées en France et s’appellent, pour la région Nord - Pas de Calais, Intermed5962, porté par la société SFR et géré par le SIIH59623 et pour la région Picardie, Picasso, porté par une société de la région Option Service géré par E-santé Picardie. Il existe une interconnexion entre ces deux réseaux pour un échange de données interrégional. Chaque établissement se connecte au réseau selon ses besoins et selon les possibilités de l’infrastructure urbaine locale. Or le débit et la possibilité d’obtenir une fibre en entrée de l’établissement n’estpas toujours possible physiquement ; de ce fait, certains hôpitaux ne peuvent utiliser des outils demandant une forte capacité de communication. La situation devrait s’améliorer dans l’avenir grâce à la mise en œuvre du plan national numérique voulu par l’Etat qui a créé le PAN ANT (Le Point d’Appui National Aménagement Numérique des Territoires) en 2005 qui a en charge le déploiement du haut débit en France.

2ème point clé : le besoin de puissance de calcul et d’espace de stockage
Le deuxième point commun est la puissance de calcul et l’espace de stockage disponible pour les utilisateurs. Pour obtenir une haute disponibilité des applications, il est nécessaire d’avoir une infrastructure technique redondée dans des locaux distincts. La mise en place de ces équipements demande des moyens financiers importants. L’impact sur le budget sera plus conséquent pour un petit établissement que pour un grand. Il y a deux cas de figure : soit l’établissement installe une infrastructure en local, soit il utilise unfournisseur externe, agréé « hébergeur de données de santé ».
Dans le premier cas, les compétences techniques doivent se trouver dans l’équipe informatique de l’établissement ou, à défaut, être déléguées à une société sous contrat. L’établissement doit veiller au respect des normes de l’installation technique et à son maintien opérationnel.
Dans le deuxième cas, la mise en œuvre de l’installation technique est du ressort du prestataire qui est tenu par contrat de fournir une haute disponibilité. Ce type d’organisation technique utilise obligatoirement le réseau externe à l’établissement : il est donc indispensable que celui-ci soit hautement disponible, car en cas de défaillance, l’établissement se trouve sans accès à toutes les applications, en particulier celles, sensibles, gérant les dossiers patients. Il est possible pour un établissement d’utiliser les deux solutions en même temps, le choix est dicté soit par le coût, soit par la disponibilité nécessaire de la fonctionnalité à gérer.

3ème point clé : le coût de l’équipe informatique
Le troisième point commun est le coût du personnel d’une équipe informatique, qui représente une dépense notable. Les différentes technologies employées dans les systèmes d’information sont diverses et pointues. Il est impossible pour un établissement de disposer d’un expert dans chaque domaine utilisé par l’hôpital. Le profil des informaticiens est plutôt polyvalent, connaissant à la fois les bases des techniques, type réseau de serveurs, mais aussi les bases fonctionnelles des métiers de l’hôpital (plus de 100 métiers). En particulier, les informaticiens doivent comprendre les processus de soins pour accompagner les soignants et surtout leur venir en aide en cas de difficulté. Un établissement important, avec une équipe informatique importante, aura des compétences plus fortes dans les technologies utilisées et pourra mettre en place une permanence de nuit, alors qu’un petit établissement n’aura pas les ressources suffisantes. Par ailleurs, il n’est pas rare de trouver un ingénieur spécialisé dans le réseau dans un établissement detaille moyenne ou grande, alors qu’il est difficile pour un petit de disposer de ce type de compétences.

Trois exemples
 
Nous allons faire la démonstration des enjeux de cette mutation numérique à travers trois portraits d’établissements. Nous nous proposons de comparer la situation technique, organisationnelle et les projets de trois établissements de taille différente du Nord de la France, d’en déterminer les points communs et les stratégies mises en œuvre : Le Centre Hospitalier de Lens (Pas de Calais), le Centre Hospitalier de la Région de St-Omer (Pas de Calais) et le Centre Hospitalier de Péronne (Somme).
 

Le cas du Centre hospitalier de Lens (CHL)
Par Edmond Mackowiak, Directeur du Centre Hospitalier

 
Etablissement pivot de la Communauté Hospitalière de Territoire Artois-Douaisis, il est associé à trois autres établissements du territoire de santé : les CH d’Arras, Béthune et Douai. L’hôpital emploie 2 900 personnes pour une production de 288 353 journées d’hospitalisation et 2 620 accouchements par an. Les capacités d’hébergement sont de 973 lits, dont 499 lits actifs Médecine Chirurgie Obstétrique. Le bassin de vie desservi est de 400 000 habitants sur les 1,2 million de la communauté de territoire.

L’infrastructure actuelle des bâtiments, vieillissante, dispose néanmoins d’un système d’information performant, permettant au soignant de disposer d’un dossier médical informatisé assez complet. L’infrastructure réseau, sur certains tronçons, a des temps de réponse un peu longs. La redondance des liens n’est pas toujours assurée, faisant craindre des pertes de couverture. De plus la puissance de calcul s’appuie sur une seule salle informatique ce qui implique un risque certain de perte de fonctionnalité.

Néanmoins les fonctionnalités disponibles pour les soignants dans cet établissement sont très étendues et parfaitement opérationnelles. Le SIH4 couvre la plupart des besoins des soignants, avec, pour certains services de soins une dématérialisation complète des données. Par ailleurs, le Centre hospitalier de Lens participe en tant qu’établissement référent à la garde téléAVC de la région Nord, pour la prise en charge en urgence d’un patient pour lequel on soupçonne la présence d’un accident vasculaire cérébral, grâce à des technologies de réseau qui permettent de la visio-conférence, le partage du dossier médical, l’interprétation d’image d’IRM ou de Scanner.

L’établissement a validé le principe de la construction d’un nouvel hôpital avec une ouverture envisagée en 2020. Ce projet ambitieux, pour un total d’environ 262 Millions d’Euros, comprendra un réseau informatique de dernière technologie, une puissance de calcul et de stockage hautement disponible, conforme aux attentes d’hôpital numérique. De plus, l’établissement a sélectionné après appel d’offres la société Leader Health pour concevoir le nouveau projet établissement 2015-2019 qui comprend un volet important sur le plan directeur du système d’information. Ceci donnera une grande cohérence à la fois pour le nouveau bâtiment, la nouvelle organisation des soins et le système d’information.

Le Centre hospitalier de Lens couvre actuellement ses besoins en gestion d’information et aura, dans le cadre de son nouveau projet, largement les moyens de mettre en place un SIH performant avec une équipe technique possédant toutes les compétences nécessaires pour garantir le développement et la pérennité de son SIH.

 
 

Le cas du Centre Hospitalier de la Région de St Omer (CHRSO)
Par Philippe Merlaud, Directeur du Centre Hospitalier et Christophe Vanbesien, Directeur Adjoint en charge du système d’information du Centre Hospitalier

Il dessert une population de 121 000 personnes dans le bassin de vie de l’Audomarois. Cet établissement fait partie de la communauté hospitalière de territoire du littoral, qui regroupe les établissements principaux : le CHAM (Centre Hospitalier de l’Arrondissement de Montreuil), les CH de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque. Fort de ses 1 245 salariés, il effectue en moyenne 24 500 séjours, 30 300 entrées aux urgences et 1 540 accouchements. L’hôpital a revu il y a quelques années l’infrastructure de son réseau, qui s’appuie maintenant sur deux cœurs de réseau, reliés entre eux par deux liens à la vitesse de 10 Gbit/s. Ce réseau, qui transporte à la fois les données, mais aussi la voix et les flux de télévision, dessert dans le bâtiment principal des « switchs » d’extrémités doublement attachés à la vitesse du Gigabit par seconde. Le site étant très pavillonnaire, il existe des boucles de fibres reliant les différents bâtiments.
Le Centre Hospitalier de la Région de Saint Omer est fortement lié au Centre hospitalier d’Aire-sur-la-Lys distant d’une quinzaine de kilomètres avec lequel il a été placé en Direction Commune. Le réseau régional Intermed5962 est utilisé pour relier ces sites, qui communiquent à la vitesse de 10 mégaoctets par seconde, sécurisés par deux entrées physiques. Ce réseau est aussi utilisé pour relier les différents sites extérieurs à l’hôpital, comme l’unité de soins du centre pénitentiaire de Longuenesse.
La puissance de calcul et de stockage se trouve dans deux salles distinctes, ce qui garantit à l’établissement une haute disponibilité de ses applications. L’infrastructure serveurs est principalement de deux types : de la virtualisation type VMWARE ou des machines UNIX, le choix de la technologie dépendant des fonctionnalités mises en œuvre.
L’hôpital dispose d’une couverture fonctionnelle, qui permet l’utilisation par les soignants d’outils mobiles pour une information efficace au pied du lit du patient. Par ailleurs, les ressources informatiques permettent de pouvoir filmer une intervention au bloc opératoire, dans un but pédagogique et d’afficher des messages institutionnels sur les téléviseurs, que ce soit dans un espace public ou dans une chambre de patient.
Un des projets de l’établissement est la reconstruction du service des urgences. Ce nouveau service intégrera toutes les technologies utiles pour ce type activité comme par exemple la protection du travailleur isolé.
L’établissement possède une équipe informatique qui permet de couvrir la maintenance de ses installations. Les agents sont polyvalents sur les différentes technologies, et arrivent à couvrir les besoins les plus courants de l’établissement. L’hôpital fait appel à de l’infogérance sur certaines technologies comme la gestion des réseaux qui nécessite des compétences plus pointues.
Le Centre Hospitalier de la Région de St Omer s’inscrit dans une démarche de maintien et d’amélioration de son système d’information ; il consacre un budget au renouvellement de certaines infrastructures plus anciennes. Par ailleurs, le déploiement du dossier médical informatisé est en phase de finalisation avec des équipes médicales et soignantes impliquées et l’établissement garantit, par l’organisation de l’infrastructure technique et son équipe informatique, un taux de disponibilité de ses applications. L’établissement dispose donc d’un SIH performant compatible avec le budget de l’établissement.

 
Le cas du Centre Hospitalier de Péronne
Par Régine Delplanque, Directrice du Centre Hospitalier

Cet établissement est le plus petit des trois. Il fait partie de la communauté hospitalière de territoire Aisne Nord - Haute Somme, avec comme établissement référent le Centre Hospitalier de Saint-Quentin, distant de 25 kms. Il dessert un bassin de vie de 33 000 habitants, dans une zone fortement rurale. L’établissement dispose de 356 lits, dont 72 actifs, avec comme secteurs d’activité : des urgences, une équipe de SMUR (Structure Mobile d’Urgence et de Réanimation), une chirurgie, une médecine et une unité de maternité de niveau 1 (accouchements sans complication). L’hôpital dispose aussi d’un secteur de psychiatrie adulte, de lits d’EHPAD5. L’établissement fait en moyenne 11 700 journées d’hospitalisation ou d’hébergement.
Ces dernières années, l’établissement a mobilisé ses moyens financiers pour la construction du nouvel hôpital MCO6. La priorité étant aux bâtiments, l’évolution du système d’information et des moyens de communication a pris beaucoup de retard. Par ailleurs,l’équipe informatique n’étant formée que d’une personne (technicien supérieur), et malgré la bonne volonté de celle-ci, l’établissement a connu des problèmes de disponibilité des applications.
Sous l’impulsion d’une nouvelle direction, l’équipe informatique a été complétée par l’embauche d’un ingénieur hospitalier confirmé, avec une priorisation sur l’informatisation du dossier médical qui doit être hautement disponible. Pour assurer une continuité de service, des contrats de maintenance ont été mis en place avec des sociétés spécialistes, sur tous les éléments critiques du système d’information, qui peut intervenir 24h/24. L’équipe informatique de l’hôpital a en charge les interventions les plus courantes et gère l’organisation des interventions de la sous-traitance.
Pour répondre à l’objectif de haute disponibilité, une nouvelle infrastructure réseau a été mise en place. Elle se base sur deux cœurs de réseau à 10 Gbit/s desservant un réseau de « switchs » en double attachement de fibres. Bénéficiant de l’ouverture d’un nouveau bâtiment, une deuxième salle informatique est en cours d’installation. Un système de serveurs virtuels, couplé à un espace de stockage redondé va permettre à l’établissement d’utiliser des applications disponibles à 99,999%. Le système de téléphonie a été lui aussi revu : il est maintenant compatible avec la téléphonie IP et communique avec le système d’information. Néanmoins, les investissements matériels, même étalés sur deux ans, ont un impact fort sur les finances de l’hôpital.
L’objectif final est la mise en place d’un dossier patient informatisé, répondant en tous points aux attentes des utilisateurs, mais aussi aux critères « hôpital numérique ». Le choix du DPI a été réalisé, le début du déploiement se fera en décembre 2014. Ce dossier permettra également la mise à disposition d’un portail médecin et d’un portail patient.
Il est à noter que l’établissement héberge des applications administratives chez un hébergeur : elles demandaient une infrastructure de serveurs UNIX et des bases de données Oracle dont le coût est trop important pour l’établissement. Par ailleurs, l’arrêt éventuel de ces applications n’a pas d’impact sur la sécurité, ni sur la production de soins.
Le nouveau SIH et en particulier le réseau ouvre des perspectives en matière de télémédecine : la mise en place d’une plateforme de consultation téléAVC permet aux médecins urgentistes de garantir au patient une prise en charge rapide, pour un maximum dechances, grâce à une interconnexion avec le neurologue de l’hôpital de Saint-Quentin.
L’effort financier consenti par Le Centre Hospitalier de Péronne est très conséquent. Il a été rendu possible grâce à la bonne santé financière de l’établissement. Cette priorité donnée aux investissements sur le SIH n’est pas forcément possible pour l’ensemble des structures hospitalières publiques. A contrario, si le CHP a fait les investissements nécessaires, il ne pourra en aucun cas mettre en place une structure humaine capable de répondre aux besoins 24 h/24.

En conclusion, la mise en œuvre et la maintenance d’un SIH performant, répondant aux critères hôpital numérique, est plus difficile pour un petit établissement. Il existe un seuil critique (taille et budget établissement) pour une mise en place correcte du systèmed’information. La nouvelle donne des GHT (groupement hospitalier de territoire) et en particulier la création de groupement de gestion du SIH, sur un établissement pivot, doit permettre de disposer d’un outil performant, avec un coût partagé pour le personnel hospitalier du territoire. Cette organisation ne peut fonctionner que si le réseau du territoire est performant et à grande tolérance de panne. Pour le patient, c’est la garantie d’une plus grande sécurité des soins, le professionnel de santé ayant accès en tous lieux aux dernières informations le concernant. 

1/ Agences Régionales de Santé 
2/ Groupement de Coopération Sanitaire

3/ Syndicat Interhospitalier d’Informatique Hospitalière
4/ Système d’Information Hospitalier
5/ Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes 
6/ Maintien en Condition Opérationnelle



L’auteur


Philippe Huddlestone, 
Directeur Technique au Centre Hospitalier de Péronne en charge de l’informatique, des télécommunications et du biomédicale.

2008-2013

Directeur Adjoint au Centre Hospitalier de Douai en charge de l’informatique et des télécommunications.

2001 – 2008

Responsable du service informatique et des télécommunications au Centre Hospitalier d’ARRAS.



 

799 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Articles Revue TELECOM

Quels rôles jouent les technologies numériques dans l’évolution de la médecine du travail ? Groupe Santé#196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

Le numérique au service de la décarbonisation #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril

Articles Revue TELECOM

DC Brain nommé au prix de la croissance #196

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

01 avril