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Revue TELECOM 177 - Big data le plus incroyable reste à inventer

Articles Revue TELECOM

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15/10/2015


BIG DATA

le plus incroyable reste à

inventer


 
Par Pascal Imbert (1982) dans la revue TELECOM n° 177
 
Pas une semaine, pas un jour même ne se passe sans qu'une nouvelle application big data soit évoquée dans la presse. Tous les secteurs sont impactés et le passage à ce nouveau paradigme peut être brutal !
 

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Votre assureur vous propose une réduction sur votre assurance auto. Il prend ce risque très calculé, car il tient à vous fidéliser. Très peu de chance en effet que vous soyez responsable d’un accident, compte tenu du style de conduite révélé par les données de votre voiture connectée.
À Los Angeles, les forces de police se positionnent préventivement dans les lieux où des crimes vont bientôt se produire. L’indic qui les renseigne si bien ne s’appelle pas «Huggie les bons tuyaux» mais plutôt PredPol. Il s’agit d’un logiciel prédictif, basé sur des algorithmes sophistiqués appliqués à l’analyse de tous les crimes connus. Minority Report n’est plus très loin.

3 V pour une rupture technologique

Ce ne sont que quelques applications de cette rupture technologique majeure qu'on appelle le big data. Une rupture technonologique qui s'exprime a minima en 3 V : Volume, Vitesse, Variété.
Explosion du volume de données produites, sur Internet, dans les systèmes d'information des entreprises, et bientôt tout autour de nous avec l'arrivée des objets connectés.
Percée dans la vitesse de traitement de ces données, grâce au calcul massivement parallèle, grâce aussi à des bases de données de nouvelle génération, inadéquates pour des applications traditionnelles mais incroyablement efficaces pour de grands volumes de données.
Prise en compte d’une variété infinie d’informations, loin du carcan des données structurées d’antan : texte libre, images, sons, télémesure et bien d’autres encore.
Une rupture technologique que nous devons à Internet et à ses monstres sacrés, au premier rang duquel, Google. Pour traiter les très grands volumes de données qui sont au cœur de leurs business models, ils inventent dans les années 2000 des approches différentes et ouvrent la voie à une nouvelle discipline.
Le big data est né, avec son produit phare, Hadoop, avec ses nouveaux métiers, les data analysts, avec également ses early adopters : Tesco, pour recruter de nouveaux clients, Obama, pour recruter de nouveaux électeurs.

3 entreprises sur 4 sont déjà convaincues


Le big data permet d'analyser, dans des délais rapides et pour un coût raisonnable, de très grands volumes de données, structurées ou non, qui échappaient jusqu'alors aux outils traditionnels. L'objectif est d'en tirer des informations utiles, telles que des corrélations, des tendances, des patterns, séquences répétitives clés de l'analyse prédictive. Il peut aussi s'agir de consolider toutes les données, de toutes origines, relatives à un produit,, un événement ou, bien sûr, à vous et moi.

L’accumulation exponentielle de don
nées qui accompagne l’entrée dans l’ère numérique ouvre au big data des champs d’application immenses. Les entreprises ne s’y trompent pas et multiplient les initiatives. Il s’agit d’explorer les premiers cas d’usage, de valider la valeur créée, de bâtir des retours d’expérience, avant d’arrêter des stratégies plus ambitieuses.
Ainsi dans le secteur financier, la détection des fraudes est en train d’entamer sa révolution. Des mines d’informations, inutilisables jusqu’alors, n’attendent que le big data pour pouvoir révéler opérations et comportements suspects, avec des promesses de retours sur investissement presque trop belles pour être vraies.
L’industrie n’est pas en reste, depuis l’optimisation des opérations de maintenance dans l’aéronautique, jusqu’à la création de méthodes infiniment plus précises pour prédire les consommations dans l’énergie, en passant par des de cette rupture technologique majeure 
qu’on appelle le big data. Une rupture réductions drastiques de stocks.

Des exemples qui démontrent que, si la vision n’est pas toujours arrêtée, la décision de s’engager dans la voie du big data n’en est pas moins prise dans la plupart des grandes entreprises. Même en France, pays dont les entreprises sont taxées, à raison ou non, de techno-scepticisme, EMC indique dans une étude récente1 que 74 % des entreprises sont d’ores et déjà convaincues de l’intérêt du big data pour leur activité.

Il faut dire qu’elles n’ont pas le choix. Comment prendre le risque de ne pas y aller ?

Combien de Uber derrière le big data ?

Laisser en friche le terrain de la « data », c’est permettre un jour à un nouvel entrant d’inventer un nouveau business model qui contourne vos barrières à l’entrée et bouleverse votre chaîne de valeur. D’ores et déjà des start-up comme Waze ou Moovit ont montré la voie. Les prochains Uber ou BlaBlaCar seront sans doute des maîtres du big data.
Car nous n’en sommes qu’au tout début. Les « data » sont une nouvelle matière première. Ce n’est que progressivement que nous allons apprendre à la travailler, à en exploiter tout le potentiel. De nouveaux procédés vont émerger, une nouvelle industrie va naître, des secteurs économiques entiers vont en être transformés. Une transformation souvent brutale, à coup de modèles « disruptifs », d’usages que nous
sommes loin d’imaginer aujourd’hui.

Il y aura des freins. La préservation de notre vie privée, de nos données personnelles sera en danger. Les citoyens les plus fragiles devront être protégés. Il sera nécessaire d’organiser, de réguler ces nouveaux usages, de contrôler les acteurs les plus puissants.

Et préparons-nous, car, en matière de big data, le plus incroyable reste à inventer.

1/ Article disponible sur http://france.emc.com/about/news/press/2013/20131128-1.html



Biographie de l'auteur
Pascal Imbert Diplômé de l'école Polytechnique et de Télécom Paristech, Pascal Imbert débute sa carrière en conduisant des projets de R&D dans le domaine des réseaux et télécommunications. 
Depuis 1990, il dirige Solucom, cabinet de conseil en Management et en Systèmes díInformation, quíil a cofondé,  et qui est aujourdíhui, avec 1500 collaborateurs, le 2ème cabinet de conseil indépendant sur le marché français. Le cabinet est régulièrement amené à définir les stratégies Big Data des clients grands comptes quíil adresse, mais les a aussi déjà accompagnés avec succès sur des projets de mise en oeuvre au service des transformations métier.
Pascal Imbert est également administrateur de l'éditeur de logiciel Axway.

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