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Revue TELECOM 177 - Dématérialisation des diplômés la France pionnière

Articles Revue TELECOM

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15/10/2015


DEMATERIALISATION

DES DIPLOMES

LA FRANCE PIONNIERE


 

Par Fabien Astic dans la revue TELECOM n° 177

Comment faire rayonner sa marque à l’international grâce à ses alumni, tout en luttant contre la fraude aux diplômes et en réduisant ses coûts ?

Un service au diplômé

« Je vous promets que j’ai bien ce diplôme, simplement je ne sais plus où je l’ai mis… » Un rapide sondage dans votre entourage vous confortera dans l’opinion que certains d’entre nous ne savent plus où sont leurs diplômes, soit qu’ils aient été égarés lors d’un déménagement, soit qu’ils aient effectivement disparu dans une inondation ou autre incendie. La solution ? Un diplôme numérique disponible à tout moment, stocké de manière sécurisée dans le cloud. C’est le premier avantage de la dématérialisation des diplômes, certificats, suppléments aux diplômés, lettres d'attestation, relevés de notes et autres documents académiques.

Mais ce n'est pas celui qui a le plus de valeur pour les diplômés : ce qui plaît surtout, c’est la possibilité d’insérer en un clic son diplôme ou certificat dans son profil Linkedin. C’est un fait : le marché de l’emploi est désormais 2.0. Pour s’y différencier, les diplômés ont besoin d’outils 2.0.


L’INSEAD, par exemple, dématérialise et authentifie ses bulletins de notes de cette manière.

 

Etre ou ne pas être une marque, là est la question

Le classement de Shangaï, du Financial Times, et tous les autres... afin d'attirer les meilleurs étudiants sur un marché mondialisé, les institutions se livrent une bataille féroce sur le champ de la reconnaissance. Même avec un excellent niveau intrinsèque, inutile d’espérer séduire ces candidats si vous n’existez pas d’un point de vue « marketing ». Pour une institution, par exemple une Grande Ecole, il existe plusieurs façons d’augmenter sa visibilité ; l’une est de profiter des étudiants étrangers repartis travailler dans leurs pays d’origine, ou des français expatriés. Les uns comme les autres disposent d’un réseau professionnel local, et il serait dommage de ne pas en profiter : en leur donnant la possibilité de "pousser" facilement leur diplôme sur leur profil professionnel, avec un visuel homogène et attirant le regard du visieur, les alumni se transforment alors en ambassadeurs de la marque.

De plus un il est possible de doter le diplôme dématérialisé d’un hyperlien, ce qui permet d’augmenter le trafic vers le site web de l’institution alors même que la population visée est particulièrement pertinente – puisqu’il s'agit des pairs de ses propres diplômés, partageant par nature les mêmes entres d’intérêt professionnels.

C’est surtout cet aspect qui a amené récemment le VP Numérique de la Conférence des Présidents d’Université(CPU) à commencer par dématérialiser le diplôme de trois Masters.



La lutte contre la fraude

 

« Je vous promets que j’ai bien ce diplôme, simplement je ne sais plus où je l’ai mis… »

Heureusement les technologies modernes rendent ce mensonge de plus en plus rare, tant il est devenu facile d’acheter, ou de produire soi-même, un faux diplôme. Quelques clics suffisent. De l’aveu de quelques écoles, ces faux sont parfois plus réussis que les vrais… Petit problème : si le diplômé est mauvais, c’est l’image de toute l’institution qui en souffrira aux yeux de l’employeur.

Le diplôme numérique permet de certifier d’une part que l’émetteur est bien celui qu’il prétend être, d’autre part que le document n’a pas été altéré entre sa création et sa consultation. De plus, il est possible d’ajouter un QR-code en bas du diplôme au cas où celui-ci est imprimé, afin de pouvoir remonter à l’information authentifiée (numérique). Ce système, protégé par un brevet aux Etats-Unis, réduit drastiquement la possibilité de créer un faux diplôme par rapport à l’archaïque « papier ».
HEC a été particulièrement sensible à cet argument, car beaucoup indiquent ’HEC’ sur leur profil social alors qu’ils n’ont passé que quelques jours en formation. Avec un diplôme numérique,le titre exact du programme suivi ne pourra plus être omis.



Un lien renforcé avec les alumni

Toutes les associations d’anciens élèves ont au moins un point commun : elles cherchent à lutter contre la perte du lien avec leurs alumni, qui s’effrite au cours des années. Elles mettent généralement en œuvre diverses actions, dont une vise à retrouver des anciens perdus de vue. Le diplôme numérique peut s’avérer ici utile en permettant à un ancien élève qui en dispose de proposer ce service en son nom personnel à son copain de promotion qui, lui, est « perdu » par l’association. Si ce copain accepte son diplôme numérique, alors l’institution le « retrouve ».

Il est possible d’intégrer un outil de sondage, permettant d’envoyer des questionnaires à une population choisie d’alumni puis de récupérer les résultats sous format Excel.

La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) pense ainsi mieux maitriser la gestion des 10.000 diplômes annuels labellisés « CGE ».


 

Donner un certificat « papier » à la fin d’un MOOC ?!

Il ne fait évidemment aucun sens de remettre un certificat « papier » à l’issue d’un cours dématérialisé… Pour les plateformes ne proposant pas de solution interne, Le diplôme dématérialisé apparait alors comme une solution complémentaire naturelle. C’est pourquoi l’Institut Mines-Télécom a utilisé cette solution pour son MOOC « Principes des réseaux de données » qui sera reconduit une troisième fois.
 

Une réduction des coûts

Enfin, la dématérialisation d’un ensemble de documents engendre de facto une réduction des coûts associés à la gestion du papier (électricité et encre des imprimantes, temps du personnel pour la distribution et/ou mise sous plis, affranchissement en cas d’envoi postal, etc.) De plus la pérennité et l’authenticité du format électronique rendront caduques les appels des recruteurs vers l’école dans le but de vérifier la véracité d’un diplôme.
C’est bien en vue d’une disparition à terme du format papier que l’académie de Versailles a décidé de poursuivre la dématérialisation du diplôme du Baccalauréat pour 13 000 bacheliers 2015.


Biographie de l'a
uteur
Fabien Astic est VP Sales de la start-up CVTrust qui offre la solution Smart Certificate pour les institutions académiques. Auparavant Fabien a travaillé à l'international pour Technicolor et Alcatel-Lucent.
Il est responsable du Club INSEAD TMT et membre du Comité d'Organisation du G9+.
Fabien est titulaire d'un MBA de líINSEAD, un M.Sc. de l'University of Glasgow, et Ingénieur de Grenoble INP.

 

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