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Revue TELECOM 177 - FUN : une plate-forme de MOOC pour l'enseignement supérieur

Articles Revue TELECOM

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15/10/2015


FUN : UNE

PLATEFORME DE

MOOC POUR

L'ENSEIGNEMENT

SUPERIEUR

Par Catherine Mongenet dans la revue TELECOM n° 177
 

Moins de deux ans après son lancement, la plate-forme FUN est un opérateur reconnu tant en France qu’à l’international, avec une place grandissante au niveau de la Francophonie.

Une initiative lancée en mode « start-up »

Dès 2012, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a mis le numérique au cœur de son projet stratégique. Il s’est doté en 2013 d’une stratégie numérique pour l’enseignement supérieur et a défini un agenda numérique, structuré en 18 actions. Son objectif principal est de concourir à développer de manière significative une offre de formation en ligne et de mettre le numérique au cœur des pratiques pédagogiques, dans un souci de réussite des étudiants.

L’une des actions phares de cet agenda a été la mise en place d’une plate-forme de MOOC (Massive Open Online Courses ou Cours en ligne ouverts à tous) pour les établissements d’enseignement supérieur. L’objectif de cette plate-forme baptisée FUN (France Université Numérique) a été de mettre à disposition de la communauté universitaire une plate-forme mutualisée pour assurer la robustesse, la fiabilité, la maintenance 24h/24 7j/7, la bande passante pour les milliers voire dizaines de milliers de connexions simultanées.

Le projet, lancé en juillet 2013, a été coordonné par le ministère, en partenariat avec un ensemble d’acteurs publics - INRIA pour l’applicatif, le CINES pout l’hébergement de l’infrastrcture technique, Renater pour les aspects réseaux -, le concours d’une assistance à maîtrise d’ouvrage conduite par le SGMAP et l’implication d’un réseau d’experts universitaires français. La technologie retenue est la solution open source OpenEdX publiée le 1er juin 2013 par le consortium edX créé par le MIT et l’université de Harvard.

Le projet, lancé en juillet 2013, a été conduit dans des délais très contraints. En effet, l’ambition initiale de sortir la plate-forme dès d’octobre 2013 a bien été atteinte, tant par les équipes techniques que par les dix établissements précurseurs qui, lors du lancement, proposaient déjà vingt-cinq MOOC sur la plate-forme (www.france-universite- numerique-mooc.fr).

Une adhésion forte des universités et des écoles au projet

Le projet a rapidement suscité d’adhésion des établissements puisque entre janvier 2014 (démarrage des premiers cours) et juin 2015, une centaine deMOOC différents ont été lancés sur la plate-forme, totalisant plus de 140 sessions de cours et émanant d’une cinquantaine d’institutions d’enseignement supérieur (COMUE, universités, consortiums - IMT, Agrenium/IAVFF -, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, UNT, INRIA, CNOUS), dont quatre universités francophones : Universités de Genève, libre de Bruxelles, de Jendouba et de Sousse en Tunisie. Ces MOOC couvrent des domaines d’étude variés : droit, santé, numérique, sciences, sciences humaines et sociales, management et entreprenariat, environnement et développement durable, relations internationales, formation.


Pour la rentrée 2015, une quarantaine de cours sont d’ores et déjà ouverts auxinscriptions, dont plus de la moitié de nouveaux MOOC, et une vingtaine d’autres ouvriront dans les prochaines semaines.









Un public de plus en plus nombreux et francophone


En juillet 2015, près de quatre cent mille internautes sont inscrits sur la plate-forme et l’ensemble des MOOC ont totalisé près de neuf cent mille inscriptions.

Les apprenants inscrits sur la plate-forme ont des profils très divers, tant en ce qui concerne l’âge que le niveau d’étude, et ont donc des attentes très diverses. Si certains sont des étudiants à la recherche d’un complément de formation ou même inscrits au MOOC de leur enseignant, d’autres, salariés soucieux de leur évolution de carrière, sont en attente de MOOC à même de renforcer leur compétences professionnelles.




D’autres encore, actifs ou retraités, sont avides de culture et de connaissances, désireux de rejoindre les communautés qui se créent dans les MOOC et de participer aux échanges et activités collaboratives.


La répartition géographique des apprenants montre que 15,3 % des inscrits viennent du continent africain (principalement du Maghreb et de l’Afrique francophone sub-saharienne). Ce chiffre augmente régulièrement (il était de 12% à l’automne 2014), démontrant l’impact de la plate-forme FUN au niveau de la Francophonie. La participation des internautes africains, leur implication et leur motivation, leurs attentes très fortes – par exemple en matière de certification – sont autant de signes de l’importance des cours en ligne et plus généralement du numérique pour accompagner le développement de l’enseignement supérieur en Afrique.




La communauté FUN

Bien au-delà d’une plate-forme mutualisée, le projet FUN est un projet collectif, porté par une large communauté animée par l’équipe FUN. Composée de 13 personnes, cette équipe assure d’une part la maintenance et les évolutions techniques de la plate-forme et d’autre part les relations avec les établissements et les concepteurs, l’accompagnement sur la plate-forme, la mise à disposition de documentation (guide méthodologique, mode opératoire, fiche de procédures, fiche de bonnes pratiques, charte qualité, documents liés aux enjeux juridiques,…) et les formations (à ce jour l’équipe FUN a dispensé une trentaine de sessions de formations, qui ont totalisé plus de 500 participants).
Aujourd'hui le réseau FUN est riche de 
200 référents et correspondants dans 150 établissements de l’enseignement supérieur. A cela s’ajoute un réseau grandissant de plus de 300 concepteurs avec qui l’équipe FUN interagit régulirement via des outils collaboratifs.

La dynamique créée autour de FUN permet le partage d’expériences et incite aux expérimentations et à l’identification des bonnes pratiques. Elle suscite les échanges et les réflexions sur les usages à venir de ces nouveaux cours en ligne que sont les MOOC, tant sur les campus, avec le développement de la classe inversée, qu’en formation continue avec ce que certains appellent les MOOC « corporate ».
Au-delà des MOOC et de leurs nouveaux usages, c’est plus généralement la question de la place du numérique au service des formations et de l’évolution des pratiques pédagogiques qui est posée.


Biographie de l'auteur

Catherine Mongenet est professeur d'université. De 2009 à 2012, elle a été vice-présidente politique numérique à l'université de Strasbourg. Depuis mai 2013, elle est chargée de mission au Ministère de l'Education Nationale, l'Enseignement Supérieur et de la Recherche pour le projet France Université Numérique et coordonne la mise en place de la plateforme nationale de MOOC FUN, lancée en octobre 2013.

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