Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Revue TELECOM 178 - Interview de Philippe Sajihau : Les "Utilities" dans la ville de demain : la Smart City vue par IBM ?

Articles Revue TELECOM

-

15/11/2015


LES " UTILITIES " DANS LA

VILLE DE DEMAIN : la Smart

City vue par IBM ?



Interview de Philippe Sajhau dans la revue TELECOM n° 178
Vice Président IBM France en charge du programme " Smarter city " par Michel Cochet (1973)

 
IBM apporte ses capacités de traitement en analytique et en cognitif pour ajouter de la valeur aux données des villes et ainsi réduire leurs dépenses et proposer de nouveaux usagers pour les habitants.

La Rédaction : Philippe Sajhau, vous êtes responsable du programme " Smarter cities " chez IBM. Pouvez-vous nous exposer en quoi consiste ce programme
Philippe Sajhau : Le programme "Smarter Cities " est un programme transverse comme " Smarter Planet ". Il adresse les municipalités, les entreprises et les personnes qui sont concernées par la transformation numérique qui modifiera notre environnement à terme.
Ce programme répond au défi climatique, à la transformation numérique et au développement de l'urbanisation.
Actuellement la population des villes s'accroit au rythme d'environ 1,4 million d'habitants par semaine tendant à concentrer environ 70% des habitants de la planète dans les villes à l'horizon 2050. De plus, les villes représentent 2% de la surface du globe mais produisent 80% du C02 mondial. Il est donc nécessaire de travailler à limiter notre consommation de ressources naturelles. Enfin, avec la généralisation du " big data " et du " cloud ", nous assistons à une remise en cause des modèles traditionnels.
Par ailleurs,  j'anime le groupe " villes " au sein du SYNTEC Numérique et je suis adjoint du Maire de Nogent sur Marne.

LR. : Pouvez-vous nous indiquer ce que recouvre chez IBM le concept de smarter city ?
P.S. : Pour nous, ce concept associe un ensemble de technologies qui permettent de tendre vers une ville plus intelligente et " durable " tout en dépensant moins. La Technologie seule ne va pas créer une ville intelligente mais elle devra y aider et permettre ainsi d'aller vers de nouveaux usages et modes de vie. Il est indispensable qu'il y ait implication des responsables politiques et des habitants pour que la ville puisse faire une meilleure utilisation des services et des ressources.

Le cas de la Métropole de Montpellier est exemplaire. Le développement d'une plate-forme d'Open Innovation a permis la mise à disposition d'informations en temps réel mais aussi de façon prédictive sur les transports, l'eau, etc... et les acteurs de l'écosystème local on put accéder à ces données et développer de nouveaux usagers à destination des citoyens.

Les besoins concrets sont indispensables pour ainsi donner naissance à de nouvelles fonctions et à de nouveaux usagers.

L.R. : Quels sont les principaux défis à adresser concrètement ?
P.S. : Plusieurs défis sont à traiter. Le plus important est certainement le défi environnemental dont un premier exemple concerne la gestion de l’eau avec environ, actuellement, une moyenne de 35% d’eau potable produite et perdue. Après consultation. IBM a été sélectionné par Veolia pour développer conjointement avec eux une solution de gestion du réseau (détection des fuites) et de maintenance prédictive permetatnt de réaliser des gains substantiels et une visualisation transparente des données clés du réseau.  D'autre part, dans le cadre de la production d'électricité par les ENR, nous avons développé des logiciels de maintenance programmée et de prédiction des capacités réelles produites en utilisant en entrée les informations météo. Ainsi la négociation des achats d'énergie supplémentaire ou d'effacement s'est condisérablement améliorée en permettant des gains de l'ordre de 4%.

Un second exemple concerne une meilleure maîtrise des coûts. Par exemple à Madrid, l'installation de capteurs et la mise en place d'une plate-forme citoyenne ont permis à travers une plate-forme de pilotage des prestations capable de récupérer toutes ces données, de payer les prestations à l'acte réalisé et non au forfait en rendant visible les prestations effectuées. Un retour sur investissement de l'ordre de deux à trois années peut être espérée.

Un autre défi est celui de la participation. Le meilleur exemple concerne la décision de rendre le transport multi modal. L'utilisateur est informé des modes de transport en fonction de critères personnelles et exogènes. Un premier projet à Lyon (Optimod) permet d'obtenir le meilleur trajet d'ici une heure avec plus de 82% de fiabilité. Un second projet, à Montpellier, va inclure les critères personnels.


LR : Quels sont les conditions de la réussite de projets rendant une ville et ses habitants « plus intelligents » ?
PS :
 Les collectivités prennent aujourd’hui le virage de la transformation numérique. Elles sont en train de construire leur stratégie. Il nous faut les accompagner dans cette démarche pour les aider à réaliser des projets cohérents.

L'approche avec les acteurs du secteur doit se faire en consortium. En effet, un prestataire ne peut pas se permettre d'agir seul car sa réponse serait forcément incomplète. Ainsi IBM ne cherche pas à imposer un quelconque modèle prédéfini mais construit sa réponse en fonction de ses partenaires et du sujet qui luil est adressé.

On ne peut se contenter d'aborder la ville par sa dimension digitale. Il faut avoir une approche holistique. En effet, tous les piliers d'une collectivité sont concernés par la ville intelligente. Au-delà du département digital, c'est également le transport, l'énergie, la sécurité, ... qui doivent être pris en compte.
La clé de la réussite d'une ville intelligente est la donnée. Non pas seulement la donnée brute, qui existe en très grande quantité mais son traitement via des capacités analytiques voire cognitives qu'IBM est à même de déployer.
Enfin, la participation du citoyen est cruciale. Il faut comprendre que la ville intelligente est d'abord réalisée pour améliorer son cadre de vie. Le citoyen doit pouvoir envisager les enjeux de sa ville et y réagir, dans un souci de démocratie locale.


L.R. : Quel est le rôle d’IBM dans ces programmes ?
P.S. : Le sujet de la ville intelligente est un sujet d’actualité. Ce n'est plus un sujet marketing comme cela l'était il y a encore quelques années. IBM est présent pour participer avec d'autres acteurs métiers des villes à implémenter des solutions consistant à améliorer des concepts déjà en place. En effet : " Smarter City " ne revient pas uniquement à inventer de nouveaux concepts mais à améliorer fondamentalement si ce n'est à révolutionner des services existants en les rendant plus performants et surtout plus personnalisés.
Pour tous les nouveaux usages le point d'entrée est de recueillir de la donnée. Ensuite, il faut les corréler, obtenir la participation des citoyens et fournir ces données, après traitement au territoire.

Biographie de l'auteur

P
hilippe SAJHAU Depuis juillet 2012, Philippe Sajhau est Vice Président IBM France en charge du programme "Smarter Cities" "Pour des villes plus intelligentes ". 
Ce programme vise à mobiliser tout le potentiel des Technologies de l'Information et de la Communication pour répondre aux défis liés à l'urbanisation croissante des territoires. L'objectif est de développer des solutions innovantes pour améliorer les services aux citoyens, aux entreprises et aux collectivités dans un esprit d'économie durable et de budgets contraints.
Philippe est particulièrement impliqué dans des projets liés aux transports, à la gestion de l'eau et à la collaboration entre les citoyens et leur collectivité. Il a participé à différents projets de transformation dans plusieurs grandes métropoles. Il a également beaucoup oeuvré au renforcement de l'implication de IBM au sein de l'écosystème "FrenchTech".
Il anime le Club des Villes Intelligentes au sein du SYNTEC Numérique et intervient dans diverses formations supérieures telles que la chaire Economie Urbaine à l'ESSEC ou le cours électif e-business à Supelec, ou dans des manifestations comme le Grand Oral de Sciences Po Paris ou la journée Unicamp à l'Université de Marne la Vallée. En parallèle de son activité professionnelle, Philippe Sajhau est aussi Adjoint au Maire de Nogent sur Marne en charge de l'Innovation Energétique et Numérique.
Diplômé de Supelec et Président du groupe Numérique des Supelec, il a notamment et successivement assuré chez IBM la Direction du Secteur Public pour la Région Sud-Ouest, du Secteur Télécomunications / Média / Energie pour la France et la Belgique,  des activités de services pour la Division PME / PMI France, des activités Stockage et Serveurs Europe du Sud, et enfin, de la Division PME / PMI France dans sa globalité,  avec une attention particulière au développement de nouveaux modèles de business résultant de l'émergence du Cloud.  

Contact : psajhau@fr.ibm.com
Twitter : @philippenog

 

259 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Articles Revue TELECOM

Comment la France peut réussir dans le quantique # 197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

28 juillet

Articles Revue TELECOM

ORDINATEUR QUANTIQUE ET CRYPTOGRAPHIE POST-QUANTIQUE #197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

13 juillet

Articles Revue TELECOM

Editorial l'informatique quantique # 197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

13 juillet