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Revue TELECOM 178 - La Smart City, une ville plus qu'intelligente

Articles Revue TELECOM

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15/11/2015


LA SMART CITY, UNE VILLE

PLUS QU'INTELLIGENTE





Par Jean-Luc Bernard (1983) et Nicolas Bordet dans la revue TELECOM n° 178
 
La Smart City est une ville qui s'inscrit dans une logique durable. Elle s'appuie sur les technologies numériques pour remplir ses missions environnementales et sociétales.

 

Une ville durable

La Smart City est un concept initié par IBM au début de cette décennie et qui décrit une ville s'appuyant sur la technologie pour mieux fonctionner. Ce concept est le plus souvent traduit dans la presse ou les plaquettes commerciales par " ville intelligente " et/ou " ville numérique ". Mais la ville n'est-elle pas déjà intelligente aujourd'hui ? Et la rendre numérique est-elle une finalité en soi ?
Smart peut être traduit " intelligent ", mais aussi par " malin ", " astucieux " et même par " élégant ". Il n'est question ni de technologie ni de numérique. Et pour cause, car la Smart City est avant tout une ville intelligente dans son fonctionnement, astucieuse dans sa mise en oeuvre et élégante envers l'Homme et la Nature.
La Smart City est en effet et avant tout une ville durable : une ville qui respecte l'environnement, qui offre bien-être à ses habtants et visiteurs et qui se présente comme un terrain propice à l'innovation et à la création de richesse. Mieux piloter les réseaux urbains, économiser les ressources naturelles, verdir transports et bâti pour limiter leurs émissions en gaz à effet de serre sont des obligations, comme nous le rappellent par ailleurs les objectifs de la COP21.
Faire de l'espace urbain un environnement agréable, fournir des services de qualité aux usagers de la ville, qu'ils soient riches ou pauvres, qu'ils y habitent ou en soient en phériphérie, qu'ils soient sportifs, mélomanes ou passionnés de culture, sont devenus des nécessités. Il s'agit de donner envie aux habitants et visiteurs de consommer la cité.
Cela est d'autant plus vrai que les villes, à l'image des entreprises, évoluent dans un contexte concurrentiel : Paris est en concurrence avec Londres, Barcelone, Tokyo ou New York, Lyon l'est avec Toulouse, Lille, Hambourg, Turin ou Valence, etc.


               Barcelone la plus smart des villes européennes

Une ville connectée

Les villes accueillent déjà une multitude d'objets connectés. D'une part Sigfox, qui a déployé un réseau dédié aux objets offrant une connectivité à moindre coût et avec très peu d'énergie, a ouvert la voie à la surveillance intelligente et à distance des infrastructures urbaines. D'autre part, l'avènement des Smartphones et des technologies de communication de proximité (QR Code, NFC, Bluetooth) rendent la relation ville/usager plus directe, contextuelle et personnalisée.
On retrouve ainsi les capteurs connectés au coeur des Smart Grid, cette nouvelle génération de réseaux de production décentralisée d'énergie verte, en permettant de savoir en temps réel où l'énergie est produite, où la stocker et où la distribuer. Ils participent aussi à la régulation automatique de l'intensité de l'éclairage les candélabres en fonction du flux de passants. Ils mesurent le niveau des ordures des points d'apport volontaires de la ville et aident à optimiser le trajet des bennes. Ils rendent le stationnement intelligent en détectant la présence de voitures aux emplacements de la ville, information utilisée pour en avertir en temps réel les automobilistes.
Aujourd’hui, ces usages sont cloisonnés pour des raisons technologiques, légales et/ou contractuelles. Or c’est bien le décloisonnement des usages, le passage de l’objet connecté à l’Internet des Objets, qui mènera à la création des services dépassant la simple rationalisation. La massification des objets connectés est le premier pilier de ce décloisonne-ment. Le traitement de la donnée en est le second. L’analyse de données par apprentissage offre de larges possibilités d’innovation de services pour les usagers de la ville. On peut citer en exemple le renouvellement de l’expérience des transports publics par le calcul d’itinéraires selon les préférences des usagers (rapidité, mode de transport,fréquentation,température,météo, etc.).   


Une image virtuelle de la ville                                                                                        
 

Une ville de données

Dans une Smart City, les infrastructures se régulent d’elles-mêmes, anticipent les problèmes à venir et planifient des actions de maintenances préventives. Les personnes équipées d’un Smartphone, de Wearables ou même de vêtements connectés interagissent avec le mobilier urbain pour prendre de l’information personnalisée et en donner. L’atmosphère des espaces, la qualité de l’air, les odeurs, les bruits sont connus à tout instant et en tout point du territoire.
La Smart City est une ville sensible, capable de ressentir ses (dys)fonctionnements et de (ré)agir en conséquence. C’est une ville qui possède un double numérique, une image virtuelle construite à partir de d’informations collectées auprès de ses usagers et le long de ses réseaux et infrastructures. Si les Smartphones, les objets connectés et les réseaux de communication lui servent d’interface avec son pendant réel, cette ville virtuelle est constituée de données. Elles en sont le sang, la matière première. Elles en alimentent les organes vitaux (réseaux d’énergie, d’eau, de transport, etc.), elles lui permettent de grandir, d’apprendre, de progresser, d’être empathique, d’être vivante.

Par
leur usage et leur mission, les données deviennent des infrastructures critiques. Il s’agit d’un « bien public » dont les politiques doivent comprendre l’importance. Il est crucial de les « sécuriser », c’est à dire de les qualifier, de les préserver et de les rendre disponibles. Alors, dans un futur proche, elles aideront par exemple à prédire les catastrophes naturelles ou les épidémies, à les prévenir et à en limiter les impacts. Plus qu’intelligente, la ville sera alors presciente.
Songdo U-City, la ville ubiquitaire


 
                                                              
Eridanis est une société de conseil spécialisée dans l'Internet des Objets, qui aide les entreprises à capter les opportunités des innovations émergentes.
Contact : contact@eridanis.com
www.eridanis.com

Biographie des auteurs

Jean-Luc Bernard (1983) est diplômé de Polytechnique et Télécom ParisTech. Créateur de plusieurs entreprises dans le high tech, l'internet et l'e-commerce, il a lancé Eridanis avec des entrepreneurs tournés vers l'avenir.








Nicolas Bordet a passé 11 années dans le domaine des télécoms et fort du Master URBANTIC de l'Ecole des Ponts ParisTech et de l'Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris, il travaille aujourdíhui chez Eridanis et aide les villes dans leur mutation Smart : des villes durables et numériques.


 


 

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