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Revue TELECOM 179 - La directive européenne DSP2 fait entrer la banque dans l'économie digitale. Etes-vous prêts ?

Articles Revue TELECOM

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15/01/2016


LA DIRECTIVE EUROPEENNE

DSP2 FAIT ENTRER

LA BANQUE DANS

L'ECONOMIE DIGITALE.

Etes-vous prêts ?


Par Bruno Van Haetsdaele (1999) dans la revue TELECOM n° 179

La règlementation peut être un levier formidable pour l'innovation. La Commision Européenne nous en donne un bel exemple avec la directive DSP2. Revue des impacts et des opportunités !

Une première directive européenne en 2007

Le secteur bancaire est un secteur très régulé et c'est bien normal ! Mais certaines activités qui étaient réservées aux banques s'ouvrent, désormais, à d'autres acteurs. Le mouvement est encouragé par une règlementation européenne volontariste qui évolue pour encourager l'innovation et la compétition dans le secteur des services financiers pour le bénéfice des consommateurs européens, tout en préservant un niveau de sécurité élevé.

L'adoption de la première directive européenne sur les services de paiement (DSP) en 2007 a créé un premier niveau d'ouverture dans la chaîne des paiements. A partir de 2009, des acteurs non-bancaires soumis à une licence " allégée" d'Etablissement de Paiement (créée par la DSP), ont émergés en France et en Europe.

La deuxième directive qui va plus loin

La deuxième directive sur les services de paiement (DSP2), adoptée par le Parlement Européen en octobre 2015, introduit de nouvelles possibilités pour l'accès aux comptes et l'initiation de paiement par les tierce parties en venant réguler des acteurs qui n'entraient pas dans le champ de la DSP.

C'est le cas des services de gestion de finances personnelles ou des agrégateurs de comptes. Linxo, par exemple, offre depuis 2011, une application mobile qui aide les particuliers à gérer leurs finances personnelles en leur permettant de regrouper automatiquement tous leurs comptes détenus dans un ou plusieurs établissements financiers. La connexion aux banques est automatique et l'application envoie des notifications en cas de dépense élevée ou de risque de découvert. Les dépenses sont automatiquement classées (habitation, alimentation, voyages, etc.) pour une gestion de budget optimisée et l'application aide à prévoir l'évolution du solde du compte bancaire dans les prochains jours pour éviter les découverts, ou identifier les opportunités d'épargne.

Avant la DSP2, la connexion automatique au compte bancaire se fait au nom de l'utilisateur. L'agrégateur de comptes n'a pas de statut juridique en tant que tel et il n'est pas soumis à une autorité de contrôle. Il doit développer une intégration spécifique pour chaque banque. La nouvelle directive imposera aux agrégateurs de comptes d'avoir un agrément DSP2. L'obtention de cet agrément sera conditionnée au respect d'un ensemble de critères techniques et fonctionnels pour garantir notamment la sécurité et le respect de la vie privée. sous le contrôle de l'ACPR. Les agrégateurs agréés seront alors officiellement reconnus par les banques qui devront permettre un accès aux informations des comptes des clients qui le souhaitent. La DSP2 va même plus loin en autorisant les acteurs tiers agréés à initier des paiements via l’espace client de la banque ou de l’établissement de paiement.


Cela parait révolutionnaire pour la banque, mais cela existe déjà pour des services que nous utilisons tous les jours. Prenons l’email par exemple : si Google Mail est mon " teneur de compte ” email,  je peux choisir d’accéder à mes mails à partir de l'interface Gmail fournie par Google. Je peux aussi utiliser un outil " tiers " comme outlook, Apple Mail ou Thunderbird pour accéder à mes mails ou en envoyer.

Pour les comptes bancaires bancaires ou de paiement dans le cadre DSP2, ce sera similaire : je pourrais utiliser un outil ou service tiers distinct de ma banque ou de mon établissement de paiement pour accéder à mes transactions et envoyer ou recevoir des paiements.

 

Des API pour nos comptes bancaires connectés ?
 

Bien évidemment, dans le cas de l'email, tout cela est facilité par des protocoles ou API tels qu'IMAP ou POP qui existent depuis de nombreuses années. La DSP2 devrait donc aussi faire émerger des AP1 dans le monde bancaire. Le mouvement a commençé, notamment avec les API bancaires de AXA Banque ou le Crédit Agricole Store (CA store).  Ces API  réutilisent d'ailleurs certains protocoles standards, tels que OAuth, largement utilislés dans d'autres secteurs.

Les Fintech et l'innovation dans le domaine des secteurs financiers ont besoin d'un cadre légal sécurisé se développer. La DSP2 est une initiative du régulateur Européen qui a fait débat et qui n’a pas d’équivalent aux Etats-Unis. Son adoption mérite donc d’être saluée.

Les concepts de « quantified self », « gamification » ou coach virtuel appliqués aux services financiers ont un potentiel énorme. La DSP2 permettra aux Fintech et aux banques qui le souhaitent de le développer pleinement.

Êtes-vous prêts ?

Chez Linxo, nous le sommes !



Biographie de l'auteur

Bruno Van Haetsdaele (1999) a travaillé au Stanford Research Institute (Californie), à Wimba, leader en solutions de collaborations pour les universités (co-fondateur et CTO, Sophia Antipolis 2000-2004 et New York 2004-2009). Depuis 2010, il est co-fondateur et président de Linxo, l'application leader en France dans la gestion des finances personnelles.

 

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