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Revue TELECOM 179 - Quand la carte SIM est avalée par le portable - Quelle gestion des abonnés ?

Articles Revue TELECOM

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15/01/2016


QUAND LA CARTE SIM

EST AVALEE PAR

LE PORTABLE

Quelle gestion des abonnés ?


Par Sophie Diallo et Agnès le Meil dans la revue TELECOM n° 179

 
La SIM soudée est un prérequis pour le succès de la commercialisation des objets connectés.
Mais quid du smartphone ? Quel sera le comportement des consommateurs ? Comment les opérateurs vont-ils s'adapter ?


La SIM soudée comment ça marche ? 

La carte SIM est un élément sécurisé qui contient les clés d'accès au réseau des opérateurs téléphoniques. Symboliquement lorsqu'un client souscrit chez un opérateur, il ouvre la porte de son réseau en lui donnant une carte SIM.
Aujourd'hui, la carte SIM est la propriété de l'opérateur ce qui signifie : qu'il choisit le fournisseur et en définit la personnalisation, laquelle est développée par les " encarteurs ". La SIM est ensuite produite en usine.
Demain, la SIM sera un élément soudé dans l'équipement. Cet élément sécurisé sera la propriété du fabriquant de l'objet connecté.
La personnalisation de la SIM sera ensuite déclenchée par l'utilisateur. Celui-ci sélectionnera l'opérateur via une interface applicative, puis les données de celui-ci seront chargées à distance via un serveur en utilisant une connexion wifi ou de données.


Vers de nouveaux parcours clients

Dans le cadre de la GSMA, deux types d'équipements ont été définis :
  • " Primary Devices " : ils correspondent dans la majorité des cas aux smartphones et sont liés au forfait principal contractualisé avec l'opérateur.
  • " Secondary Devices " : ils représentent les autres objets connectés de l'utilisateur, par exemple une tablette, une montre,... Cet appareil utilise la connexion réseau du " primary device " pour permettre le chargement du profil opérateur sur la SIM scellée dans l'objet connecté. La standardisation GSMA sous-entend que l'opérateur principal fournit également la connexion de l'objet connecté.

Primary Device
Le parcours client se présente comme suit :
Via une application mobile, le client peut choisir son opérateur. Cette application est connectée à un serveur, le "Discovery Server", qui donne accès à la liste des opérateurs disponibles dans une zone géographique donnée et renvoie leur URL à l'application.
Via cette application, l'opérateur va proposer ses forfaits disponibles pour un appareil donné. Après souscription, l'opérateur met à jour la SIM avec ses données d'accès réseau.

Secondary device
Le parcours client se fera en deux temps. L'utilisateur devra charger une application sur son mobile correspondant à l'objet connecté. Cette application ne nécessitera pas de " Discovery Server " car le réseau d'accès restera celui du       ' Primary device ".

Le chargement du profil opérateur sur la SIM se fera via le « Primary Device » via Bluetooth par exemple. De nombreux équipements vont pouvoir s’affranchir de la connectivité nécessaire avec le smartphone pour accéder au réseau.
 

Quels enjeux pour les opérateurs ?

Le « Discovery Server » qui se présente sous la forme d’une page web classique représente le point d’accès unique au client et cristallise les tensions entre opérateurs et fabricants de mobile au sein des organismes de standardisation. Celui qui détient cette plate-forme peut décider quel opérateur sera présent, sous quelles formes et sous quelles conditions. Au-delà du parcours client, les canaux de distribution de smartphones ne changent pas fondamentalement. Le passage en boutique opérateur sera toujours motivé par des avantages financiers (subventions) et/ou services (après-vente, bonus,…). En revanche, l’interface du « Discovery Server »réduit la communication autour de la marque pour les principaux opérateurs ; a contrario elle peut mettre en visibilité tous les acteurs sur un même plan. Enfin, le passage d’un opérateur à un autre sera rendu plus fluide et plus rapide pour le client et facilitera ainsi le changement impulsif (mauvaise qualité du réseau, perte de couverture, surfacturation, …)
 

... pour quelles opportunités ?

A l’heure où les opérateurs cherchent à valoriser la performance de leur réseau, le multi-équipement est une opportunité. L’utilisateur va devenir plus que jamais connecté, de la montre à la voiture, avec un mode de consommation et des usages propres à chaque équipement. Le multi-équipement introduit également la notion du collectif via le partage de certains équipements. La notion de qualité du réseau va donc devenir de plus en plus perceptible par l’ensemble des utilisateurs qui se partagent les services. L’opérateur passe de gestionnaire de la voix à gestionnaire des données. Il accompagnera le consommateur dans la gestion de sa consommation entre les différents équipements. Cette gestion devra être fluide, dynamique et devra autoriser facilement des pics de consommations ponctuels (ex : voiture connectée pendant les vacances…). Initialement introduite pour des besoins entreprises (M2M), la SIM scellée est un prérequis à l’adoption de l’IoT par les consommateurs : elle rend l’objet autonome en minimisant l’impact sur le design et simplifie l’activation au réseau. D’après GFK, 2 milliards d’objets connectés devraient être vendus de 2015 à 2020 en France, tous secteurs confondus.


Biographies des auteurs 

Sophie Diallo est responsable des études et conception cartes SIM chez Bouygues Telecom. Elle y coordonne l'activité SIM sous l'ensemble des aspects (marketing, techniques, achats).  Elle contribue également à des activités de standardisation au travers de l'ETSI (Smart Card Platform Technical Committee) où elle est rapporteur des spécifications relatives à la sécurité et au transport des données.  Elle a exercé par le passé des responsabilités au sein de Global Platform, le forum dédié à la sécurité et l'administration à distance des cartes à puces.



Agnès Le Meil est chargée d'études stratégie chez Bouygues Telecom. Elle analyse l'évolution du secteur des télécommunications pour aider à en saisir les risques et opportunités pour l'opérateur. Dans ce cadre, elle est en charge du suivi concurrentiel et réalise des études spécifiques sur des évolutions de l'écosystème observées en France ou à l'étranger.

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