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Revue TELECOM 180 - L'homme connecté, étape vers l'homme augmenté

Articles Revue TELECOM

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15/03/2016


L'HOMME CONNECTE,

ETAPE VERS

L'HOMME AUGMENTE



Par Blandine Fuzeau et Thomas Martinelli dans la revue TELECOM n° 180
 

Où l'ensemble des technologies, y compris en télécommunications, semblent s'être donné rendez-vous pour nous préparer à des expériences de vie inédites.


Quel homme augmenté ?

Dans les excellents cahiers de veille de la Fondation Telecom " L'homme augmenté,  notre humanité en quête de sens" publiés en juin dernier, une description très fine des différents stades de l'homme " augmenté " permet de matérialiser le phénomène d'évolution auquel nous assistons. En effet, l'homme "augmenté " peut/pourra tour à tour être instrumenté, connecté, amélioré, hybridé puis fabriqué.
 
  • Instrumenté, tout d'abord, grâce aux nombreux capteurs qui permettent une analyse complète du soi,
  • Connecté, ensuite, pour accéder de façon instantanée à la connaissance,
  • Amélioré, pour dépasser notre stade normal d'évolution et disposer de nouvelles capacités,
  • Hybridé, en intégrant des parties mécaniques à son propre corps,
  • Fabriqué, enfin, pour incorporer un corps totalement artificiel.
 


Sans arriver encore aux stades ultimes de l’homme fabriqué, voire même virtualisé, que les tenants du transhumanisme anticipent vers 2045, il est toujours intéressant de se pencher dès à présent sur des réalisations très concrètes, qui, en quelque sorte, peuvent justifier que nos sociétés s’engagent dans cette voie d’évolution de l’humain.

L’homme augmenté, pourquoi ?

L’essor rapide de capteurs médicaux connectés, qui simplifient le suivi à distance des patients, rend possible le passage à une médecine beaucoup plus préventive. Plusieurs pathologies chroniques sont déjà impactées positivement par ce suivi : hypertension artérielle, insuffisance rénale, diabète, sont des maladies sur lesquelles le patient peut mieux se connaître en suivant certains paramètres physiologiques. Cette première analyse locale par le patient lui-même, peut se compléter d’une analyse et d’un suivi à distance par le médecin et/ou l’équipe médicale responsable de sa prise en charge. Le bénéfice est alors très clair en matière de renforcement de la relation patient-médecin mais aussi d’anticipation d’évolution des pathologies, de réévaluation de plans de traitements, etc.

Un exemple particulièrement spectaculaire a été annoncé il y a quelques mois par Google, en partenariat avec la société Alcon, filiale du géant suisse pharmaceutique Novartis. Leur concept, qui sera testé pour la première fois lors d’études cliniques en 2016, est de permettre à des patients diabétiques de mesurer continuellement leur niveau de glycémie par le biais d‘une lentille de contact intelligente, en association avec un appareil médical et une connexion sans fil.

Des développements de ce type sont poursuivis dans de multiples pathologies et par de nombreuses sociétés qui s’attachent à améliorer plusieurs dimensions :

  • La miniaturisation et la performance des capteurs,
  • La facilité d’utilisation pour le patient et l’ergonomie de la solution,
  • L’intégration et la remontée de l’information sur des supports diversifiés et en mobilité,
  • Le développement d’outils analytiques d’aide à la décision, de reconnaissance

de situation pathologiques types, de croisement avec d’autres sources de données complémentaires, etc.

Néanmoins, ces améliorations ne pourront porter leurs fruits que si l’ensemble des parties prenantes (professionnels de santé, patients et aidants, pouvoirs publics, assureurs et mutuelles) sont associées au développement. Ceci est un gage indispensable de l’acceptation large de ces solutions qui repose sur la confiance, la simplicité des solutions et bien sûr la démonstration de leur bénéfice médical/sociétal.
 

L’apport crucial de la connectivité

Dans cet objectif de développer une approche préventive où la santé de l’individu sera contrôlée et analysée en continu par les équipements mobiles, on se rend vite compte que la notion de circulation, de collecte, de stockage et d’interprétation de données est au centre de ces nouveaux usages.

Si l’on ajoute à ce nouvel environnement de santé mobile - composé initialement de dispositifs médicaux, de capteurs, d’applications - la possibilité d’y adjoindre des capteurs environnementaux et domotiques par exemple, permettant de croiser les usages, les besoins de connectivité deviennent alors exponentiels.

Pour un acteur des télécommunications comme Orange, la question est alors de penser, développer et opérer les réseaux nécessaires pour répondre à ces besoins de connectivité et ainsi accompagner au mieux ces nouveaux usages. La palette de réseaux de communication à disposition est déjà importante – Wi-Fi, 2G/3G/4G, Bluetooth – et permet d’envisager des combinaisons intéressantes. Néanmoins, certaines spécificités du domaine de la santé ne doivent pas être perdues de vue :

  • La sûreté de fonctionnement, du capteur lui-même, mais aussi du réseau avec lequel il communique pour garantir que les bonnes décisions médicales pourront être prises,
  • La garantie de sécurité forte autour des données de santé qui transiteront sur le réseau notamment par rapport au risque d’actes de malveillance menaçant la disponibilité, l’intégrité et la confidentialité de ces données,
  • L’optimisation de la consommation des capteurs sur le réseau, pour éviter de fréquents et coûteux remplacements de capteurs.
 

Sur ce dernier point, les perspectives de déploiement des réseaux de type LPWA (Low Power Wide Area) basés sur la technologie SigFox ou LoRa, à laquelle Orange s’est associé, sont prometteuses et complèteront avantageusement les technologies existantes, dont on aura compris qu’aucune n’apporte une réponse unique aux besoins de la santé du futur!



Biographies des auteurs

Blandine Fuzeau 
Après une expérience de plus de 15 ans dans la Direction des Ressources Humaines, puis pendant 4 ans dans des postes d'animation commerciale et de marketing chez France Telecom/Orange, Blandine est depuis 2005 Directrice Associée au sein d'Orange Consulting, l'entité conseil en transformation digitale d'Orange Business Services. Blandine y pilote trois activités : l'expérience client, le secteur public et le secteur santé et participe également activement au développement du cabinet sur les dimensions business, partenariats, RH et gestion. Blandine est diplômée de l'Université Paris Dauphine (DESS Conduite de Changement Organisationnel), du CELSA (3e cycle de Relations Sociales) et de l'école des Psychologues Praticiens (DESS de Psychopathologie Clinique)




Thomas Martinelli, a rejoint en 2014 Orange Consulting en tant que Manager secteur santé. Après une expérience de plus de 10 ans dans le conseil en stratégie et le dispositif médical innovant, Thomas est particulièrement intéressé par l'introduction de nouveaux concepts et de technologies de rupture dans l'écosystème santé. Autant de sujets qu'il a l'occasion de couvrir pour les clients industriels d'Orange Business Services : de la définition de leurs business cases, au design et à l'implémentation de leurs projets e-santé. Thomas est diplômé de l'ESIEE Management.
 

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