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Revue TELECOM 181 - Réseaux du futur, la régulation en faciliteur

Articles Revue TELECOM

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11/07/2016


RESEAUX DU FUTUR, LA

REGULATION EN

FACILITEUR


 

 

Par Sébastien Soriano (2001),
Le rédacteur en chef vous propose de découvrir l'article coup de coeur de son dossier. 

 
Abolition des distances, glissement des pouvoirs, horizontalisation de la société, les réseaux sont en train de redessiner le monde. Désormais bien plus que de simples tuyaux, leur organisation modèle l’espace social et économique comme le souligne Yochaï Benkler dans son ouvrage « La Richesse des réseaux »1, soulevant des enjeux de souveraineté, de compétitivité voire même de transformation démocratique.
S’interroger sur le futur des réseaux apparait donc comme crucial, et la question dépasse les seuls débats technologiques. L’architecture des réseaux influe sur les services et les usages, et leur évolution a ainsi des répercutions bien au-delà du seul secteur télécom. L’exercice de prospective trouve ici ses limites tant la course entre offre et demande semble s’accélérer, voire s’emballer, et se traduit par une innovation technologique constante, avec des cycles de plus en plus rapides.

Un point de clivage fondamental dans les prédictions concernant les réseaux du futur est notamment la question d’une « re-décentralisation » d’internet. Conçu comme un réseau décentralisé, dans lequel n’importe quel noeud peut communiquer avec tous les autres, internet tend aujourd’hui à se centraliser aussi bien au niveau de son infrastructure que des services, à travers les géants de l’internet. Cette tendance à la concentration provoque d’ailleurs une réaction de fond et la recherche de modèles alternatifs. Ainsi des innovations telles que les réseaux maillés, ZeroNet ou le bitcoin se veulent l’incarnation de la philosophie originelle du web, basée sur une décentralisation totale.
Au niveau des infrastructures, deux tendances actuellement observées sont symptomatiques de cette tension. En ce qui concerne les coeurs de réseaux, la tendance est en effet à la convergence, avec un rapprochement des architectures fixes et mobiles et une migration vers le tout IP. Il s’agit pour les opérateurs d’être plus efficaces dans un marché déjà mature, et de bénéficier au maximum des effets de réseaux de cette industrie. A l’autre bout de la chaine au contraire, le besoin de capacité supplémentaire sur la partie la plus capillaire des réseaux donne lieu à un foisonnement technologique. Ainsi des solutions innovantes telles que les small cells ou le Li-Fi (Light Fidelity) côtoient des versions boostées de technologies déjà existantes - confèrent la 5G et le partage dynamique des bandes de fréquence par exemple.

Pour le régulateur, l’enjeu central est de libérer les énergies et d’ouvrir des opportunités afin que les échanges
puissent se développer sur les réseaux, en laissant au marché le soin d’arbitrer entre les options technologiques. C’est ce qu’a souhaité affirmer l’Arcep en affichant, dans le cadre de sa revue stratégique, un prisme pro-innovation dans la régulation. Parmi les axes de travail se trouve celui d’inventer un droit à
l’expérimentation. L’objectif est de donner la marge de manoeuvre nécessaire aux acteurs pour prouver qu’un
produit ou service répond de façon soutenable à un besoin insatisfait. Une telle approche permettrait en outre de
mettre en évidence certaines améliorations susceptibles d’être apportées au cadre général.
Ce sujet pose un certain nombre de défis juridiques, techniques et concurrentiels. Mais ce changement culturel
est nécessaire pour que la régulation soit un moteur des réseaux du futur, et s’ouvre à tous les barbares portant les innovations de rupture de demain.

1/ Yochai Benkler : « La richesse des réseaux : marchés et libertés à l’heure du partage social », Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2009.


 
Biographie de l'auteur
 
Sébastien Soriano (2001), président de l’Arcep. Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, ingénieur en chef des mines, Sébastien Soriano a réalisé l’essentiel de sa carrière dans la régulation de la concurrence et des télécoms, avant de devenir en mai 2012 le directeur de cabinet de Fleur Pellerin, alors ministre en charge des PME, de l’innovation et de l’économie numérique. Avant de rejoindre l’ARCEP, il était le conseiller spécial de la ministre de la culture et de la communication, en charge notamment du secteur presse. Sébastien Soriano a été nommé président de l’ARCEP par décret publié au Journal Officiel du 15 janvier, pour un mandat de six ans. En décembre 2015, Sébastien Soriano a été élu à la présidence pour 2017 de l’organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE, ou BEREC selon son acronyme anglais). Cette élection implique des responsabilités importantes dès 2016 et jusqu’en 2018 en tant que viceprésident de l’ORECE.

Twitter : @sorianotech
http://www.arcep.fr/larceppivote/
http://www.arcep.fr/iot/

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