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Revue TELECOM 182 - Véhicule autonome : seconde génération

Articles Revue TELECOM

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15/10/2016

 

VÉHICULE AUTONOME :

SECONDE GÉNÉRATION
 







Par Arnaud de La Fortelle dans la revue TELECOM n° 182

 

Il existe aujourd’hui des dizaines de véhicules autonomes. La commercialisation de certaines fonctions approche. La Chaire internationale Drive for All explore les besoins de la génération suivante.
 


La chaire Drive for All


Le 31 octobre 2014, les industriels Valeo, PSA Peugeot Citroën et Safran annonçaient la création d’une chaire de recherche internationale sur la conduite automatisée : Drive for All. La chaire réunit des équipes du Centre de Robotique Mines ParisTech et des partenaires académiques internationaux : Université de Shanghai Jiao Tong (Chine), Université de Berkeley (USA) et École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). Trois véhicules vont rouler sur les routes américaines, européennes et chinoises.

À quels défis ceci répond-il, quand d’autres font rouler des dizaines de voitures sur des millions de kilomètres ? Il faut le constater : le véhicule autonome existe. Et marche bien, puisqu’il n’a tué ou blessé personne ; le cas du décès d’un conducteur de Tesla cet été est à part, puisque officiellement l’autopilote de Tesla n’est pas de la conduite autonome en tant que tel.

La réponse est que de nombreuses difficultés, certaines prévisibles, d’autres moins, ont surgi. La chaire Drive for All se penche notamment à ces problèmes pour proposer une deuxième génération de véhicules autonomes.



Un monde sauvage


La différence entre un véhicule automatisé et un véhicule autonome, c’est qu’un véhicule automatisé peut conduire sur la route alors qu’un véhicule autonome doit conduire sur toutes les routes. Actuellement, les véhicules automatisés roulent sur des routes bien définies, connues et dont les difficultés sont en général signalées dans la cartographie embarquée. C’est déjà un progrès considérable quand on pense à la variété des situations rencontrées (piétons, vélos, camions, bus…). Mais le monde est bien plus vaste d’où une complexité de sa modélisation ! De plus on doit rendre le véhicule coopératif si on veut déployer massivement le véhicule : une Google car a failli se faire verbaliser par un policier en Californie, car elle roulait trop lentement et ralentissait le trafic (ce principe de prudence est en contradiction avec le code de la route américain, DMC, Department of Motor Vehicles) !

Les experts s’accordent à dire que le premier déploiement des véhicules autonomes se fera sur autoroute (autopilote) et dans des lieux protégés comme les parkings (valet parking). Le déploiement en ville est un défi, que tous doivent relever car le marché est gigantesque et disruptif : Uber y investit massivement, signe que c’est un marché qui dépasse la seule question automobile.

 

Le véhicule autonome et coopératif


Pour y arriver, on doit changer d’approche. Les véhicules doivent interagir en permanence avec leur environnement. On utilise pour cela de la communication (on estime que le véhicule autonome représentera 80 % de la valeur de l’Internet des objets). Mais pour bien l’utiliser, il faut savoir comment bien interagir, comment coopérer. La chaire Drive for All explore de nouvelles approches : une perception de l’environnement adapté à la ville, des véhicules capables de focaliser leur attention sur les objets (ou les personnes) les plus critiques, capable d’interagir avec eux, automatiquement (entre machines) ou par le comportement (avec les humains) en planifiant des actions appropriées. Le tout en recherchant à garantir la sécurité, tout en optimisant de nombreux autres critères : vitesse propre, fluidité du trafic, hétérogénéité des véhicules, interaction avec les piétons et avec le système de transport, flexibilité, résilience …

Ces approches sont disruptives par rapport aux systèmes existants, et c’est pourquoi la chaire Drive for All a lancé de nombreux projets de recherche, en exploitant les synergies entre des laboratoires de premier rang mondial. Après deux ans, a publié déjà plusieurs travaux et les a exposés dans des séminaires publics où le lecteur pourra trouver davantage de détails : 
www.driveforall.com. Avant de les voir sous peu, espérons-le, sur nos routes.


L'auteur 


Arnaud de La Fortelle
 
(X-Ponts) rejoint Mines ParisTech en 2006 dont il prend la direction du Centre de Robotique en 2008. Il est spécialiste de systèmes coopératifs et du véhicule autonome et engagé dans la communauté (président de la commission scientifique ANR mobilité et systèmes urbains durables, SIA, ITS France, IEEE ...).

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