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Revue TELECOM 183 - Télécoms et blockchains La révolution des communautés

Articles Revue TELECOM

-

15/12/2016

 
TÉLÉCOMS

ET BLOCKCHAINS

La révolution des

communautés

 


Par Gilles Gravier dans la revue TELECOM n° 183
 


Les blockchains permettent de nouvelles applications interconnectant des parties sécurisées, pour de nouveaux modèles d’interactions communautaires



Une révolution qui dure


Les blockchains existent depuis la fin des années 90. Le terme provient d’une base de données qui stocke des informations de type transactions, et éventuellement aussi du code informatique (smart contracts), dans une structure très particulière de blocks de données, liés, chainés, entre eux, cryptographiquement. La première entrée de chaque bloc est un hash cryptographique du bloc précédent. Le système offre de vérifier soi-même l’intégralité de toute la chaine, à tout moment, via des copies de la chaine complète, et du tout premier bloc (ou de son hash).

Pour y écrire, on ajoute de nouvelles entrées dans le bloc courant, ou créé un nouveau bloc à enchainer aux précédents. Les entrées précédentes sont inchangeables, car cela se verrait au contrôle du hash du bloc correspondant. Toutes les entités utilisant la même blockchain peuvent à tout moment consulter une copie, afin d’en vérifier l’intégrité, assurant ainsi une forte sécurité.

 

Block 1
Header


Hash von 
vorhergehendem Block 0 Header


Hash-Baum von
Transaktionen 1


 

Block 1
Transaktionen 1

Block 2
Header


Hash von 
vorhergehendem Block 1 Header


Hash-Baum von
Transaktionen 2


 

Block 2
Transaktionen 2

Block 3
Header


Hash von 
vorhergehendem Block 2 Header


Hash-Baum von
Transaktionen 3


 

Block 3
Transaktionen 3

 

Source du schéma ci-dessus : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bitcoin_Developer_Guide_Vereinfachte_Bitcoin_BlockChain_D.gif

 

Nativement communautaire


Utiliser une blockchain se fait en respectant des règles établies par ses créateurs/implémenteurs. Bitcoin, par exemple, impose de participer à la recherche (miner des blocs) et validation de nouveaux blocs ou transactions, contre compensation en bitcoins, et chaque utilisateur souhaitant soumettre une transaction doit payer une somme pour financer les participants qui valident ou recherchent des blocks et transactions. Chaque blockchains a ses règles.

Dans une blockchain avec monnaie (crypto-devise), on fait appel à une application spéciale (wallet) pour stocker les éléments pour faire des transactions avec la monnaie de l’écosystème en question.

Une blockchain est « permissioned » (privée) lorsque l’accès se fait après autorisation et validation par un participant, un nœud, spécial qui est le contrôleur de sécurité de la chaine. Et elle est « permissionless » (publique) si le seul respect des règles d’utilisation permet à tous d’y insérer des transactions.
 

Une base de données distribuée
 

Une blockchain n’est qu’une base de données, distribuée, collaborative, directe, avec une garantie d’intégrité et d’immutabilité des données stockées. Certaines blockchains (avec des smart contracts) permettent l’exécution automatique et fiable de code déclenché lors de l’insertion de transactions dans la base. L’utilisation se fait en communautés, petites et connues pour les blockchains privées, ou illimitées sans connaissance préalable des acteurs pour les publiques.


En réfléchissant aux utilisations possibles, on voit comment dans le monde des télécoms, il est possible d’améliorer/optimiser des processus déjà en place (payements directs, une utilisation classique des blockchain, surtout celles associées à une monnaie comme les blockchain Bitcoin ou Ethereum).

 

Pas trop vite
 

Comme technologie de base de données distribuée, elle n’a d’intérêt qu’entre plusieurs parties. Partager ses données en interne peut se faire avec des technologies plus simples. Il y a aussi souvent un amalgame entre la technologie blockchain et son application Bitcoin très médiatisée et sulfureuse.

De nombreuses entreprises hésitent encore à l’utiliser, malgré sa fiabilité, son coût bas et sa présence et accessibilité universelles. On y trouve ainsi de plus en plus d’applications légitimes pour le contrôle de la chaine de production, de la validation d’origine et de qualité, du vote électronique, et même le payement d’impôts !
 




Des applications nouvelles
 

En ajoutant des smart contracts exécutés automatiquement, les blockchains deviennent très intéressantes pour d’autres types d’interactions totalement nouvelles. Par exemple, une cellule de téléphonie « propose » ses services, via une négociation de smart contract sur la blockchain Ethereum. Chaque téléphone à portée de la cellule dispose de son wallet avec des ethers (crypto-devise de Ethereum). Le téléphone négocie automatiquement (suivant les critères spécifiés explicitement ou implicitement – bande passante nécessaire, latence, type de trafic isochrone, asynchrone, synchrone…) avec la cellule, qui aussi aura ses critères (une cellule sous utilisée pourra proposer des tarifs plus attractifs que la cellule voisine proche de sa saturation, une cellule d’un réseau partenaire pourra proposer des tarifs très bas pour les utilisateurs/partenaires de ce réseau – on peut imaginer un roaming avec conditions dynamiques). Une fois la négociation conclue, le wallet du téléphone déclenche un micro payement vers celui de la cellule, et ce jusqu’au moment où il négociera avec la cellule suivante quand il se déplacera.

De même, les téléphones modernes avec tous leurs types de senseurs, peuvent proposer des services contre rémunération pour que des entreprises utilisent ces mesures extrêmement localisées (des modèles de prévisions très localisées, voire d’alertes, pour un organisme de météorologie). Ainsi les flux d’ethers entrent et sortent automatiquement du terminal.
 

Un monde nouveau
 

L’IoT est un domaine idéal pour ce genre de solutions. Un device propose ses services contre des ethers, cadrés par des smart contracts, et paye ses charges et son entretien avec les mêmes ethers. Il pourrait alors commander achat, installation, mise en service et connexion à son wallet, d’autres devices, s’il commence à approcher de ses limites de traitement.

L’automatisation par les smart contracts ouvre la voie à un monde d’équipements interconnectés via les réseaux télécoms, payant leur utilisation de services, se faisant payer pour leurs transactions, et même faisant évoluer la capacité de traitement de leur communauté entièrement automatiquement. Attention à ne pas créer Skynet !
 

Liens

• Validation Origine Qualite :  http://www.blockverify.io/                                          • Vote electronique :  https://followmyvote.com/
• Controle chaine production : https://www.provenance.org/ • Payement d'impots : http://www.lematin.ch/high-tech/ville-zoug-acceptera-bitcoins

 

 



L'Auteur

Gilles (CISSP #91529) est directeur dans l'équipe Open Source Consulting, et membre du conseil blockchain interne, chez Wipro pour qui il propose des services de conseil en stratégie sur l'open source et les technologies blockchain.

Son blog : http://thinkingopensource.blogspot.fr

 @gillesgravier

 

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