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Revue TELECOM 186 - Editorial de Grégoire Leclercq

Articles Revue TELECOM

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15/10/2017

 

 

 

EDITORIAL

 

 

 

 

 

 

Par Grégoire Leclercq dans la revue TELECOM n° 186

 

Repenser le Travail à l’ère du Collaboratif ?

C’est un grand honneur pour moi de rédiger cet éditorial sur un thème aussi majeur que celui du Travail et de la création de valeur à l'ère de l'économie collaborative.

« Collaboratif : qui fait appel au travail de chacun ; contributif, participatif. Se dit d’outils qui visent à faciliter le travail, adaptés au partage et à l'échange d'informations ».

 

En somme, il va s’agir de repenser le travail organisé à l’ère du travail morcelé…

Que n’a-t-on pas dit au sujet de l’économie de plates-formes, de l’ubérisation, des platesformes collaboratives, de l’économie circulaire, de l’économie du partage ? Et comment faire la part des choses entre simple digitalisation et révolution sociétale ?

D’ailleurs, la multiplicité des termes utilisés démontre à elle seule que le phénomène se cherche. Certains axent parfois sa valeur ajoutée sur le « co » (collaboratif, covoiturage, co-homing, cocolisage), d’autres l’axent sur l’économique, voire le capitaliste, et les experts enfin veulent le résumer à un domaine technique (plate-forme, IA, bigdata, UX, application).

Las ! Cette révolution est protéiforme, hétérogène, ancrée dans le triptyque « numérique – consommation – travail ». Elle surprend, décoiffe, déçoit et ne se comprend qu’au regard de ces trois leviers qui convergent, à maturité, vers un nouveau paradigme. La nouvelle économie (est-elle si nouvelle que ça ?) a réussi à remettre le client au centre, en se focalisant sur ses réflexes de consommation et en adaptant ses processus aux modes de collaboration. Soyons-en certains : le mouvement est inexorable, et il importe donc désormais de le comprendre et de l’encadrer !

C’est un constat, de fait, communément accepté et compris, qu’il y a des ramifications partout : dans le droit du travail encore bien lent à s’adapter à ces nouvelles contraintes, dans l’espace de travail, dans l’organisation du travail, mais aussi dans l’organisation de l’Etat et de ses services déconcentrés, dans les enjeux économiques rencontrées par nos PME et nos ETI, dans la course à la donnée, dans la co-création et l’intelligence collective, dans les enjeux de propriété intellectuelle…

La face immergée de l’iceberg n’en est pas moins impressionnante : vol de données en masse, industrialisation de l’intelligence artificielle, partage discutable de la valeur, précarisation du travailleur, désorientation des places de marché, pouvoir disproportionné des nouveaux acteurs et enfin valorisation boursière annonciatrice d’une bulle.

Il faut donc réagir pour ne pas subir ! Il faut éviter le pire mais au contraire en tirer le meilleur ! Les dirigeants, les chefs d’entreprise, les politiques, le gouvernement, la fonction publique doivent penser les modèles de demain pour que notre société suive la cadence et les tendances.

Cela passe par un dialogue avec les différents acteurs, par une vision ferme sur certains points non négociables (propriété de la donnée par exemple), par une volonté forte sur la formation des Français aux technologies d’avenir, et par un programme complet sur la protection sociale des travailleurs indépendants.

Dans tous les cas, le changement technologique seul ne suffit pas à transformer l’économie. Il faut travailler sur l’organisation des entreprises et l’organisation de l’Etat. Là où certains secteurs rentrent juste dans ce processus (le secteur de la santé, les professions juridiques, le droit…), d’autres ont atteint une maturité d’ubérisation, comme les transports ou le secteur de la restauration. Ils se penchent désormais sur la construction sociale autour du dialogue (travailleurs indépendants, protection sociale, pérennité des postes dans ces activités ubérisées…).

En synthèse, l’ubérisation crée la peur, l’économie du partage génère l’envie et l’économie collaborative suscite la critique. Pourtant, il faut affronter sans peur cette nouvelle équation sociale, sans angélisme ces nouveaux modèles du partage et sans dogmatisme. Et maintenant, collaborons ! 

 

Biographie de l'auteur

 

Grégoire Leclercq, Saint-Cyrien, est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en Informatique, d’un Master en Droit Pénal (Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale) et d’un MBA (HEC Paris). Grégoire Leclercq mène ses engagements associatifs et citoyens de front avec sa carrière au sein du groupe EBP INFORMATIQUE où il dirige la Relation commerciale et la filiale ITOOL.

Président de la Fédération des Auto-Entrepreneurs, co-auteur du livre L'auto-entrepreneur pour les Nuls, Grégoire Leclercq se passionne et se mobilise depuis 2009 pour les nouvelles formes d’activités professionnelles.

Avec 80 000 adhérents, la « FEDae » est devenue incontournable dans les débats sur le travail indépendant porté notamment par le développement des fameuses « plates-formes ».

C’est donc très naturellement que Grégoire Leclercq s’est intéressé à la question de l’ubérisation et à ses retentissements dans nos modèles économiques, sociaux et fiscaux.

Cofondateur en 2015 de l'Observatoire de l'Ubérisation avec Denis Jacquet, ils signent ensemble un ouvrage sur le sujet publié en octobre dernier chez Dunod L’Ubérisation : un ennemi qui vous veut du bien ?, ouvrage primé au Prix Turgot 2017.

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