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Revue TELECOM 186 - L'Usine du futur, un concept qui implique les DSI

Articles Revue TELECOM

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06/10/2017

L’USINE DU FUTUR, UN 

 

CONCEPT QUI IMPLIQUE 

 

LES DSI

 

 

Par Bernard Duverneuil (1988) dans la revue TELECOM n° 186

En janvier 2017, le Cercle Innovation du CIGREF, réseau de Grandes Entreprises, a partagé sa réflexion collaborative sur l’Usine du futur et les processus d’innovation qui lui sont associés. Ce rapport met en exergue le rôle majeur que les DSI jouent dans la mise en place de ces transformations, étant directement concernées par l’arrivée du numérique au cœur des outils et des systèmes industriels.

Intelligente, compétitive, performante, sûre et attractive, l’Usine du futur est créatrice de valeurs et d’emplois, connectée avec ses collaborateurs, ses machines de production, ses prestataires, son territoire. Conçue pour répondre aux défis économiques, technologiques, organisationnels, environnementaux et sociétaux de son temps, elle intègre de réelles transformations amenant des solutions nouvelles pour les technologies et les modes d’organisation.

 

Confrontée aux évolutions constantes du secteur numérique et du marché, l’Usine du futur doit en effet adapter ses produits, techniques et technologies aux besoins du moment, tout en intégrant à son concept une dimension écologique, éthique et sécuritaire. A l’ère des services personnalisés, elle cherche moins à vendre un produit qu’un ensemble de services dont le produit n’est que le support.

 

De bonnes pratiques pour accompagner les nouveaux projets technologiques

Selon les conclusions du rapport proposé par le CIGREF1, l’avènement de cette Usine du futur passe par l’adoption de bonnes pratiques pour accompagner cette transformation technologique révolutionnaire : vision et feuille de route maîtrisées, expérience utilisateur accentuée, écosystème élargi pour prospecter les bons usages, les bonnes techniques et les nouveaux partenaires.

Ces projets impliquent aussi un changement de paradigme de la politique de qualité déployée, et une grande agilité de toutes les composantes de l’entreprise. A la logique du « bon du premier coup », on privilégiera la notion de fail fast : un droit à l’erreur sous réserve d’une correction rapide. A la clé, c’est l’excellence qui est visée, non seulement en termes de coûts, mais aussi de développement durable, de processus, de satisfaction client, etc.

 

Fusion du monde physique et du monde digital

Les technologies de l’information et de la communication sont désormais au cœur de la transformation des outils industriels. Parmi les nouvelles technologies, trois en particulier portent ce mouvement essentiel à la compétitivité des industries : les objets connectés ou IoT (Internet of Things), la réalité augmentée et la cobotique ou robotique collaborative. Intégrées aux processus de fabrication, ou directement présentes dans le produit, ces technologies offrent la possibilité aux entreprises de proposer des solutions plus fiables et compétitives, à haute valeur ajoutée.

 

Les objets connectés (IoT), dont la tendance est en très forte croissance, bouleversent les modèles existants au cœur même des entreprises. L’adaptation de cette tendance à des fins industrielles (Industrial Internet of Things, IIoT) intègre plusieurs systèmes existants qui, assemblés, permettent d’identifier et de faire communiquer tous les maillons des chaînes de valeurs de l’entreprise (Machine Learning, Big Data, Machine to Machine). En collectant et partageant ses données, l’IIoT apporte ainsi une connaissance claire de la chaîne de production à tous les niveaux de l’entreprise, et offre la possibilité d’améliorer, en continu, les processus industriels.

 

Les technologies de réalité augmentée et de réalité virtuelle ont aussi leur place au sein de l’Usine du futur en ce sens qu’elles apportent une aide considérable aux opérateurs, sur le terrain ou en formation : aide dynamique et contextuelle, traçabilité en temps réel, optimisation, assistance à distance, affichage 3D, etc.

L’Usine 4.0, puisque participative de cette quatrième révolution industrielle qu’est l’avènement des technologies numériques, comporte évidemment des robots, mais aussi de plus en plus de cobots ou robots collaboratifs, au service des femmes et des hommes qui continueront d’incarner une présence humaine essentielle au cœur de ce dispositif. Dans une toute autre dimension que les robots industriels classiques, les cobots ont la particularité de travailler avec les humains, offrant ainsi une réelle interaction entre l’humain et la machine sur un seul et même espace de travail. Facilement programmables et configurables, ils offrent une solution innovante aux entreprises qui cherchent de la polyvalence et de la flexibilité dans leurs processus de production.

 

Une appropriation des enjeux du numérique par tous les collaborateurs de l’entreprise

On mesure l’impact de ces technologies et du passage au numérique dans l’appropriation par l’entreprise et ses collaborateurs des nouveaux usages qui en découlent. L’invention de nouveaux modèles économiques et une redéfinition des métiers doit donc nécessairement accompagner cette transformation dans un esprit « d’agilité » des organisations. Du top management à l’opérationnel, chaque collaborateur doit pouvoir prendre la mesure de ce changement et réaliser qu’il est autant acteur que bénéficiaire de cette évolution.

La perspective d’innovation offerte par les nouvelles technologies en matière d’ouverture et de partage à grande échelle (fablabs, Labs, concours de start-up, etc.) relève de la culture d’entreprise et implique aussi une prise de conscience, un changement de mentalité structurel. C’est une véritable transition à opérer en mettant en place les solutions adéquates d’accompagnement au changement2.

 

Les transformations technologiques déjà initiées dans les industries (notamment en termes de sécurité des hommes et des procédés) préfigurent les applications plus transformantes et de « rupture » de l’Usine du futur : la connexion intelligente des acteurs et des outils industriels. Acteurs dont l’implication, l’adaptabilité et l’engagement dans ce type de démarche peuvent rapidement, et selon une volonté commune, faire de l’Usine du futur… l’Usine de demain.

 

Le CIGREF en bref

Le CIGREF a été créé en 1970 et se donne pour mission de « développer la capacité des grandes entreprises à intégrer et maîtriser le numérique ».

Il regroupe 141 grandes entreprises et organismes français de tous les secteurs d’activités (banque, assurance, énergie, distribution, industrie, services, ministères...). Le CIGREF est présidé depuis octobre 2016 par Bernard Duverneuil (DSI Essilor International). Henri d'Agrain en est le Délégué général depuis janvier 2017. 

 

1/ L’Usine du futur, Cercle Innovation du CIGREF, Janvier 2017 (Librement téléchargeable sur le site www.cigref.fr, rubrique « publications »).

2/ Le CIGREF a publié en 2014 un rapport intitulé Cadre de référence CIGREF sur la culture numérique proposant un Outil d’évaluation pour optimiser la transformation numérique des entreprises (Librement téléchargeable sur le site www.cigref.fr, rubrique « publications »).

 

Biographie de l'auteur

 

Bernard Duverneuil (1988) a rejoint le groupe Essilor en février 2009 en tant que Directeur des Systèmes d'information Groupe, et est à ce titre membre du Comité Exécutif. Il est chargé du pilotage des activités Systèmes d'information à l'échelle du groupe, de la définition à la mise en oeuvre de la stratégie informatique, ainsi que de la coordination des activités opérationnelles des Systèmes d’Information. Bernard Duverneuil a été élu DSI de l’année en 2013, et Président du Cigref en 2016.

Diplômé de l’Ecole Polytechnique et de Télécom ParisTech, Bernard Duverneuil a développé une expertise de 25 années dans les systèmes d’information. Les premières années de sa carrière se sont déroulées au sein de sociétés de services (GSI), puis de cabinets de conseil en management et en stratégie (Coopers & Lybrand, puis A.T.Kearney). Il a rejoint ensuite le groupe Lagardère dont il fut pendant huit ans le DSI Groupe avec en responsabilité additionnelle, de 2006 à 2008, la création et l’animation du Pôle Innovation, démarche transverse visant à dynamiser le développement d'offres média innovante liées aux technoloqies numériques.

 

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