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Revue TELECOM 186 - La sobriété, le mot de l'usine de demain

Articles Revue TELECOM

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15/10/2017

 

LA SOBRIETE,  LE MOT DE

L'USINE DE DEMAIN

 

 

Entretien avec Sylvain Reumeau 
Propos recueillis par Michel Cochet (1973) dans la revue
TELECOM n° 186

 

L’Usine se modernise, une quatrième révolution industrielle est en marche, une révolution technologique caractérisée par la sobriété mais aussi par une place de choix réservée à l’Humain.

 

La Rédaction : Qu’est-ce qui caractérise le plus « l’Usine de demain » au niveau Energétique ?

Sylvain Reumeau Les usines doivent être de plus en plus économes en consommation d’énergie et en matières premières. En effet, si nous considérons la limitation des stocks des ressources naturelles et les coûts en matières premières, la sobriété est le mot incontournable qui caractérisera les activités industrielles.

« Sobre » au niveau des consommations énergétiques en optimisant les processus et en réduisant les pertes, « sobre » au niveau des matières premières consommées avec l’arrivée de la fabrication additive grâce aux imprimantes 3D qui fonctionne par ajout successif de matière plutôt que par extrusion générant des copeaux pouvant être vus comme des pertes.

Cette sobriété pourra aussi passer par la mise en œuvre d’objets connectés fonctionnant avec une faible consommation associés à des réseaux de communication bas débit (LORA, SigFox, etc.) par exemple pour faire de la télé-relève de mesures de capteurs.

 

L.R. : Quelle sera à votre avis la nouvelle organisation énergétique de l’usine, demain ?

S.R.Au lieu des unités centralisées de grande puissance actuelles, l’usine de demain pourrait s’orienter vers une décentralisation de la production d’énergies avec des unités de petite taille situées au plus près de chaque procédé industriel. Cela pourrait permettre de diminuer les pertes, notamment, dans les réseaux de distribution (fuite d’air comprimé, réseau de chaleur, etc.).

 

L.R : Comment voyez-vous la mise en œuvre du concept d’Usine du futur ?

S.R.La création d’usines complètes 4.0 n’est pas forcément la tendance. La majorité des usines existe depuis des dizaines d’années, c’est pourquoi il est plus probable que le passage au 4.0 se fasse atelier par atelier et/ou par adjonction de nouveaux ateliers.

 

L.R. : Quels sont les industriels les plus moteurs dans cette nouvelle démarche d’usine « sobre ».

S.R De par l’importance des coûts énergétiques dans leur production, les industriels « électro-intensifs » sont en première ligne. C’est ce qui les a incité à mettre en place des plans d’actions d’efficacité énergétique et à prendre en compte des dispositifs comme ceux liés au Demand Response avec l’effacement.

 

 

 

 

 


Innovations et nouvelles expertises au service
de la performance industrielle de demain

 

Les mécanismes d’effacement permettent aux industriels de percevoir des primes en contrepartie de l’abaissement de puissance énergétique consommée lors d’une demande de RTE (par exemple lors des pics de consommation en hiver).

 

 

 

 

 

Innovations et nouvelles expertises au service
de la performance industrielle de demain

 

L.R. : Comment, selon vous, pourrait être l’Usine du futur

S.R.Mis à part la sobriété énergétique qui accompagnera obligatoirement ce concept, l’Usine du futur sera aussi une usine où la collaboration entre l’homme et la machine sera renforcée. L’un des enjeux sera de positionner les hommes dans l’usine sur les tâches à haute valeur ajoutée tout en optimisant les postes de travail pénibles avec l’utilisation, par exemple, de moyens de cobotique. Ce sera aussi une usine digitale connectée avec son environnement : approvisionnements, ventes, clientèle, etc.

Dans tous les cas, la démarche sera progressive et va impliquer fortement les utilisateurs finaux des moyens de production.

 

L.R. : Quels sont les critères qui permettront la réussite d’une telle démarche ?

S.R.L’Usine du futur ne sera pas exclusivement la mise en œuvre de concepts technologiques hi-tech. C’est aussi un concept qui remet en cause les organisations et la nature des métiers et des tâches effectuées.

Il est et sera donc essentiel de faire participer les utilisateurs dès les phases de conception du projet et non pas de se limiter à une formation aux nouveaux outils quand le nouvel atelier sera opérationnel.

C’est ce qui s’est passé, par exemple, pour l’entreprise Larcebeau, sous-traitant de la région Toulousaine. La modernisation d’un atelier a permis d’augmenter le marché servi par l’entreprise, ce qui implique une augmentation de la production et donc l’embauche de personnel.

Un important travail de pédagogie et de diffusion de l’information est à faire !

 

L.R. : Que propose Actemium aux industriels dans ce domaine ?

S.R. : En tant qu’intégrateur, Actemium, qui est une marque 100% industrie de VINCI Energies, accompagne les industriels dans cette transition vers usine 4.0 à travers une offre complète, répondant à trois enjeux majeurs :

• Smart Energy : Accélérer la transition énergétique pour une industrie durable et responsable :

- Audit et analyse systémique.

- Conseil et financement.

- Effacement.

- Optimisation énergétique.

Monitoring énergétique.

• Smart Process : Produire dans une industrie humaine et connectée grâce à :

- MES/Traçabilité.

- Cobotique, pour replacer l’homme au cœur de l’usine.

- Contrôle Non Destructif.

- Fabrication additive.

- Réalité virtuelle, la modélisation 3D et technologies d’animation 3D au service au service de la conception et de la formation.

 Smart Maintenance : Gérer l’outil de production pour une industrie performante et optimisée grâce à :

- Maintenance Prédictive.

- Internet des objets.

- Outils de mobilité.

- Réalité augmentée, la maintenance assistée et fiabilisée. 

 

 

Innovations et nouvelles expertises au service de la performance industrielle de demain

 

Biographie de l'auteur

 

Ingénieur diplômé de l’ESEO, Sylvain Reumeau travaille depuis 15 ans dans le domaine de l’électrotechnique, de l’instrumentation et du contrôle-commande. Apres avoir été chef d’entreprise d’Actemium Paris Process Instrumentation (VINCI Energies) pendant cinq ans, puis Responsable Innovation pour la marque Actemium pendant deux ans, il est désormais Directeur au sein du pôle VINCI Energies France Industrie Normandie île de France depuis 2016.

 

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