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Revue TELECOM 186 - Made in silicon Valley

Articles Revue TELECOM

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15/10/2017

 

MADE IN SILICON VALLEY

Du numérique en Amérique


David FAYON (1993)

 

 

Par Michel Cochet (1973) dans la revue TELECOM n° 186

 

« Sillicon Valley », expression maintenant passée dans le langage courant, synonyme des nouvelles entreprises du « numérique » et des réussites du monde industriel de l’électronique et de l’informatique des cinquante dernières années. Elles font partie de ce que l’on dénomme les GAFA(M) et les NATU. Cette région plutôt que vallée aurait pu rester essentiellement agricole si un professeur Frederick Terman de l'Université de Stanford n’avait pas eu l’idée de vouloir retenir, dès les années 1930, les talents de l’université dont ses élèves William Hewlett et David Packard à proximité de San Francisco. Devenue « Silicon » vers 1971 du fait de l’accumulation de sociétés électroniques, on y compte actuellement plus de 6 000 entreprises et plus de trois millions d’emplois de haut niveau technologique de pointe.

Même si toutes les GAFA(M) et les NATU n’ont pas vu le jour dans cette vallée au Sud de San Francisco, leur destin est assimilé à celui de ce « parc technologique » unique au monde qui a commencé à se décliner en Inde à Bangalore, en Israël, en Chine, à Singapour et en Europe. En France, et David l’espère, ce pourrait être du côté de Sofia Antipolis et surtout sur le plateau de Saclay où depuis quelques années se regroupent laboratoires de recherche, entreprises de haute technologie, universités et grandes écoles dont Télécom ParisTech prochainement en 2019 !

C’est l’exercice que David Fayon se prête à mener à travers un voyage en dix chapitres qu’il nous propose dans ce monde dit de la « nouvelle économie » aux Etats-Unis, voyage qui se termine par une étape européenne et même plutôt française sur ce que pourraient être les rêves et développements de stars du numérique « made in Europe » et même du « made in France  ». Il y adjoint trente recommandations à destination de l’état (stratège !), des entreprises, pour modifier la formation, pour améliorer le domaine économique et financier et au niveau de l’internationalisation pour encore plus favoriser la création et le décollage des start-up.

Après avoir identifié les facteurs culturels, économiques, sociaux, juridiques et technologiques ayant permis la création puis le développement de ces entreprises, David Fayon établit l’inventaire des éléments clés à leur réussite : innovation, disruption, accès aisé aux financements (grâce aux business angels puis aux capital riskers par exemple), liaisons privilégiées universités-entreprises. Il constate que le contexte du nord de l’Amérique a depuis toujours été un bon ferment pour le développement d’entreprises. Ceci est lié, en partie, à l’esprit d’entreprise hérité de la conquête de l’Ouest, au tempérament plus pragmatique et orienté technologie de la population, dont le rapport à l’argent est plus simple et qui cultive et accepte la prise de risque (on apprend toujours de ses échecs et il plus important d’avoir osé !). Les maximes des entrepreneurs nous rappelle-t-il sont :

• Créons un nouveau besoin ou répondons à un problème non résolu,

• Trouvons la technologie qui va y répondre,

• Créons les équipes qui le réalisent et le supportent,

• et Obtenons le financement (familial ; amical ; du cercle des relations universitaires, professionnelles, etc. ; des business angels).

Qu’elles soient dans le domaine des services, du logiciel ou du matériel, toutes les entreprises qui veulent se développer se concentrent sur la recherche et développement source d’innovations tout en se consacrant à une diversification qui, parfois, peut être risquée (par rachat d’un concurrent ou d’une autre entreprise active dans un autre segment pour être source de nouvelles activités et donc de croissance).

Il est remarquable de constater que certaines idées et certains concepts dirigent le mode de fonctionnement de ces entreprises d’un nouveau type. Par exemple, Google se diversifie essentiellement dans l’algorithmique et l’IA, Apple développe toujours un marketing unique associé au culte du secret, Microsoft grâce au cash apporté par Windows et Office se lance dans une diversification effrénée. Les derniers arrivés, comme Tesla, veulent soit ubériser l’automobile, Uber, établit la disruption comme modèle de référence alors que Airbnb utilise l’intelligence de la multitude comme principe de mise en relation et que Netflix exploite l’algorithmique prédictive.

Tous les secteurs d’activité sont peu ou prou siège de bouleversements mais certains n’ont pas encore vus une complète mutation. Il est possible de citer le secteur de la santé, ceux des edtech, et des fintech et enfin celui de l’énergie pour lesquels les mentalités commencent à évoluer et à prendre conscience de ce que les technologies numériques vont apporter pour évoluer (environ 20 années après la mutation du monde des Télécom et du traitement de l’information).

Vers la fin de ce voyage, David passe par d’autres terres : européennes, asiatiques, africaines où des minis Silicon Valley ont réussi à s’implanter et devraient se développer. Mais leur succès sera à condition qu’elles regardent en plus à l’extérieur de leur marché en passant par le marché Nord-Américain, véritable tremplin pour passer à l’échelle.

Des trente recommandations que David propose à destination de notre écosystème, je retiendrai principalement les suivantes :

• Concevoir un portail unique commun aux start-up et aux entrepreneurs,

• Concevoir un écosystème favorable aux accélérateurs,

• Développer et susciter les partenariats entre public, privé, monde de la Recherche (universités, Grandes Ecoles) et industries notamment du secteur de la défense,

• Apprendre aux startupeurs à se vendre,

• Penser tout d’abord à la croissance avant de monétiser,

• Bâtir des ponts entre sciences molles et sciences dures,

• Augmenter le rôle des Universités et des Grandes Ecoles dans l’écosystème des start-up,

• Créer un terreau favorable aux business angels,

• Créer un système de Capital risque européen,

• Créer une industrie européenne,

• et Coopérer avec des pays francophones en Afrique (marché colossal à terme) et avec le Vietnam.

Avec son dernier ouvrage, David nous permet de mieux comprendre la réussite du modèle Américain du Nord dans le secteur du Numérique. Il nous apporte aussi un message d’espoir.

Car, même si ce modèle n’est pas reproductible ipso facto, il devrait inspirer la vieille Europe qui dispose de ressources non négligeables telles que des ingénieurs de valeur internationale dans le domaine du numérique (nombreux sont ceux qui décident de s’expatrier pour travailler dans les entreprises de la Silicon Valley et qui même créent des start-up !), des universités et des Grandes Ecoles de renom et des entreprises de valeur même si peu sont reconnues internationalement. 

 

Biographie de l'auteur

 

David Fayon (1993) est consultant en transformation digitale et web depuis la Silicon Valley pour des entreprises françaises ainsi que conférencier. Administrateur des postes et des télécommunications, il est parallèlement doctorant à Télécom ParisTech, où ses travaux portent sur la transformation digitale des banques. Il anime le site www.davidfayon.fr.

 @fayon

 

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