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Revue TELECOM 186 - Pourquoi tant d'entreprises organisent des hackathons ?

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15/10/2017

POURQUOI TANT 

D'ENTREPRISES 

ORGANISENT DES 

HACKATHONS ?

 

Par John Karp dans la revue TELECOM n° 186

 

Tout a commencé sur les campus universitaires américains. Des petits génies de l’informatique se réunissaient au MIT, à Standford ou Harvard pour changer le monde en un week-end. Hackathon, c’est la contraction du mot Hacker et du mot Marathon. Hacker n’est pas à interpréter dans le sens pirate mais plus comme des personnes qui repoussent les limites de ce qui est possible en informatique. Marathon car les personnes se réunissent du vendredi soir au dimanche soir non-stop et doivent sortir un projet fini à la fin de ce week-end. Ces événements commencent traditionnellement avec des pitchs d’idées où chacun peut venir présenter son idée de Hack auprès de l’assemblée et des profils qu’il recherche pour compléter son équipe.

Une fois les équipes formées, le développement des projets commence. À partir de ce moment, les équipes organisent les 48 heures à venir comme elles le souhaitent pour permettre aux projets d’éclore. Certains vont rentrer dormir chez eux le soir vers 1 ou 2 heures du matin quand d’autres courageux vont passer une ou deux nuits blanches. Le dimanche en début de soirée, toutes les équipes présentent leur démo à un jury d’expert qui va partager son ressenti et éventuellement sélectionner un gagnant.

Au début des années 2010, la société BeMyApp a participé à l’adaptation de ce format au monde de l’entreprise, en en reprenant les principaux ingrédients et en les adaptant aux exigences des grandes entreprises européennes et américaines. Le phénomène s’est propagé en 2014/2015 et apparaît aujourd’hui comme un format-clé dans les outils de la transformation digitale des grands groupes.

 

Définir ses objectifs de hackathon

Seulement, beaucoup trop de managers organisent des hackathons sans vraiment savoir pourquoi ou en essayant de poursuivre pêle-mêle une multitude d’objectifs (ce qui revient à n’en poursuivre aucun). C’est pourquoi, lorsque nous rencontrons des sociétés qui souhaitent travailler sur leur hackathon, nous travaillons d’abord avec elles sur la définition de leurs objectifs. Une fois l’objectif clairement explicité, plus de risque d’avoir de l’eau tiède. Voici les principales raisons qui poussent aujourd’hui les sociétés à travailler sur des hackathons.

Les premiers acteurs qui se sont mis aux hackathons au début des années 2010 étaient des sociétés Hi-tech qui souhaitaient faire la promotion de leurs technologies auprès des développeurs informatiques. Des sociétés comme Intel, Samsung, Cisco ou Microsoft faisaient appel à BeMyApp pour développer leur écosystème d’applications. En effet, nous avons beau avoir le meilleur smartphone ou ordinateur, s’il n’y a pas de développeur pour créer des applications dédiées, le produit ne vaut rien.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

De manière générale, toutes les entreprises et administrations qui ouvrent leurs données ou APIs apprécient le hackathon pour avoir des retours de la part de ceux qui vont les utiliser. Les mairies apprécient notamment le format pour permettre à des développeurs de créer des applications de transports, de tourisme ou d’information de meilleure qualité que ce qu’elle pourraient produire elles-mêmes et pour un coût quasi nul.

 

Recrutement

De plus en plus, les hackathons sont utilisés pour recruter les meilleurs talents. Dans cet environnement hautement créatif et engagé, vous aurez la chance d’observer les employés potentiels en notant leurs compétences, leur capacité à effectuer plusieurs tâches, à évaluer leur adéquation culturelle au sein de votre équipe existante, ou tout simplement à voir comment quelqu’un exerce dans un environnement de travail réel. Si c’est un hackathon interne, il en va de même. Vous serez prêt à repérer les meilleurs candidats pour les rôles à venir directement de votre entreprise. Avec les difficultés des groupes traditionnels à recruter des développeurs de qualités, la pratique du hackathon s’est amplifiée. Les groupes bancaires notamment améliorent leur marque employeur avec ce type d’événement et réussissent à nouveau à attirer des profils qui se tournent plus naturellement vers les leaders technologiques de SiliconValley.

 

Faire travailler ses équipes en mode start-up

 

Beaucoup de hackathons sont organisés en interne pour favoriser l’émergence de nouvelles méthodes de travail. Ajouter de la transversalité, favoriser les approches bottom-up. Le format est basé sur un objectif à réaliser en 48h, ce qui permet de montrer aux équipes qu’il est possible de sortir de leurs modes de travail traditionnels. Moins les personnes ont une culture digitale, plus elles vont en retirer des enseignements. La Poste organise souvent des événements où elle mélange des équipes IT, des postiers et des commerciaux. Les résultats sont détonnants.

 

Où travailler avec une start-up

La plupart des sociétés dans le service et l’industrie travaillent sur la base de cet objectif. Elles présentent, lors du hackathon, un problème et vont demander à une communauté de développeurs et start-up de leur apporter une solution. Les gagnants auront l’opportunité de travailler avec ce grand compte. Souvent, ce type de contrat permet d’ailleurs à la start-up de se financer et d’éviter de lever des fonds.

Ce procédé a permis à L’Oréal DDP de créer une application pour former des salons de coiffure, à Air France d’améliorer les situations d’irrégularités passager ou au Club Med d’envoyer les bonnes photos de vacances aux bonnes personnes en se basant sur la reconnaissance faciale.

Ce modèle nécessite bien sûr de mettre en place un programme de suivi pour lancer la solution.

 

Accélérer les lancements de produits

Obtenir un nouveau produit sur le marché implique beaucoup de paperasse, de retards et d’approbations, en particulier lorsque plusieurs départements sont impliqués. Il faudra quelques mois à une société pour proposer l’idée, quelques mois pour finaliser un prototype, et plus encore pour que le juridique, la compliance, la marque et d’autres valident le produit. Ensuite, il y a le lancement d’une stratégie de mise sur le marché, et enfin un produit réel est disponible à l’achat. Il s’est passé souvent plusieurs années pour lancer le produit, ce qui le rend d’office obsolète : lancer un produit en 48 heures, le lancer en deux mois, le monétiser en six.

Maintenant que vous avez parcouru certains objectifs potentiels, commencer à travailler sur votre hackathon sera beaucoup plus facile. Bonne chance !

 

Biographie de l'auteur

 

John Karp est co-founder & directeur des Opérations chez BeMyApp depuis 2010. Il s’occupe des activités de production de l’EMEA et l’APAC, et gère la production des événements (+650) pour les différents clients dans chaque continent. On le qualifie de féru d’innovation et de serial organisateur d’hackathons.

 @johnkarp

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