Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Revue TELECOM 186 - Regrouper l'écosystème entrepreneurial au coeur du plus grand campus de start-up au monde

Articles Revue TELECOM

-

15/10/2017

REGROUPER

L'ECOSYSTEME

ENTREPRENEURIAL

 

au cœur du plus grand campus de

start-up au monde

 

Entretien avec Cécile Dap, Sarah Mamy et Pierre Racine dans la revue TELECOM n° 186
Propos recueillis par Marie-Liane Lekpeli (2013)

 

Œuvres d’art, décoration design et surtout 34 000 mètres carrés aménagés pour les entrepreneurs, le campus de start-up attendu par tout l’écosystème français de l’innovation a enfin ouvert ses portes en juin dernier. Nous avons rencontré trois de ses heureux résidents afin qu’ils nous aident à comprendre ce que représente Station F pour un "startupeur".

 

Marie-Liane : Être en incubateur ou ne pas être ...

Cécile : Je pense que la nécessité d’être en incubateur dépend des projets. Nous avions besoin de voir du monde, d’être dans un environnement avec une certaine émulation. Mine de rien, juste être dans l’ambiance plutôt studieuse de Station F est très motivant.

Avant d’être à Station F, nous utilisions l’espace de co-working du numa, un des seuls espaces de co-working gratuit à Paris. C’était sympa mais nous avions besoin de plus de liberté, d’horaires plus larges et aussi d’accompagnement.

Sarah : Dans notre cas, nous recherchions plus un environnement qu’un accompagnement. Être dans un espace comme Station F, pour nous, c’était plutôt une façon de se mettre au cœur de l’écosystème, de développer notre réseau et de tisser des liens avec d’autres entrepreneurs.

Pierre : Je suis d’accord avec Sarah sur l’accompagnement. Pour moi, entre les débuts et le moment où on doit lever des fonds, il y a un laps de temps pendant lequel on n’a pas forcément besoin d’accompagnement. Être incubé ou du moins être hébergé au sein d’un incubateur, pour nous, c’est avant tout faire partie d’une communauté. Nous sommes entourés de personnes qui vivent au quotidien les mêmes situations que celles que nous vivons.

 

 

 

 

 

 

 

 

M-L : Pourquoi avez-vous choisi Station F ?

Cécile : Nous avions postulé également dans un incubateur de la ville de Paris spécialisé dans l’économie circulaire mais nous avons finalement préféré Station F, pour plusieurs raisons : être à Station F apporte énormément de crédibilité. Il y a toute une Station F mania dans l’écosystème entrepreneurial, ce qui rend notre projet solide et très attractif ! Et bien sûr au niveau du réseau, c’est le top, grâce à Station F et à l’accompagnement fourni aussi par l’incubateur HEC.

Sarah : Nous sortions d’un programme à durée déterminée au Schoolab quand nous avons entendu parler de l’opportunité d’intégrer Station F par l’association des alumni des Ponts. Nous sommes venus là pour la promesse d’émulation et le réseau que l’on peut se créer. Nous ne sommes pas déçus. On peut par exemple déjeuner avec des personnes différentes tous les midis.

Pierre : Station F, c’est un lieu bien pensé et une belle vitrine qui apporte un certain cachet aux start-up qui y sont. Nous avons été dans un plus petit incubateur et l’effet sur nos interlocuteurs n’était pas le même quand nous en parlions. D’autre part, Station F présente l’avantage d’offrir à ses start-up la quasi-totalité des services dont nous avons besoin (d’un bureau de poste à l’URSSAF, en passant par des fonds d’investissement).

 

M-L : On entend beaucoup justement que Station F est un lieu bien pensé. En quoi l’est-il selon vous ?

Sarah : Je trouve que Station F est très bien pensé pour les entrepreneurs. Il me rappelle le bâtiment des Ponts et Chaussées : une grande zone centrale lumineuse pour favoriser la circulation et les rencontres avec des espaces de travail dans les parties latérales.

Pierre : On a l’impression que tout a été fait pour maximiser les échanges en minimisant les nuisances. Il y a beaucoup de monde (environ 1000 start-up, soit 3000 personnes) mais le lieu est bien conçu et il ne dégage pas l’impression d’être surpeuplé. Pour bien connaître d’autres espaces de co-working ou incubateurs, je peux vous assurer que ce n’est pas toujours le cas.

Sarah : Tout à fait d’accord. Des phone booths (espaces pour téléphoner) ont été prévus par exemple.

Cécile : Le casting a aussi été bien pensé : des investisseurs, la French Tech et d’autres services publics très utiles aux entrepreneurs sont à portée de main.

Pierre : Il y a un bureau de poste, par exemple, et Pôle Emploi est également présent. Quand on sait que Pôle Emploi finance les ¾ des entrepreneurs en France aujourd’hui, c’est appréciable de les avoir à proximité.

 

M-L : Existe-t-il à Station F des services et outils « atypiques » dans la sphère des incubateurs/accélérateurs ?

Sarah : Station F met à dispositions des start-up des services et des outils classiques que l’on trouve en incubateur. Mais les effets d’échelle leur donnent une autre dimension. Les offres négociées avec des partenaires sont par exemple beaucoup plus nombreuses.

Pierre : Peut-être juste le futur fablab et son showroom. Il ne me semble pas qu’il en existe dans d’autres incubateurs. Sinon, le vrai point “atypique” est d’avoir su mettre, dans un seul et même lieu, acteurs privés et publics auxquels les start-up font appel.

Cécile : Il y a des sessions de sport organisées. C’est agréable de pouvoir profiter en start-up de ce confort ordinairement réservé aux grandes entreprises. D’autres services « atypiques » sont à venir : les espaces de restauration et de co-living.

Une autre spécificité de Station F, c’est la volonté d’inclure les résidents dans le modelage du lieu et de ses services. Ils sont sans cesse en demande de feed-backs. C’est très excitant d’être présent au début de l’histoire.

 

M-L : Vous faites en quelque sorte partie de la grosse start-up Station F ...

Cécile : Exactement. Nous sommes dans une double aventure entrepreneuriale.

 

M-L : Le co-living entre startupers est-il un service qui vous intéresserait ?

Cécile : Pour ma part, non. Je pense qu’il ne faut pas totalement s’enfermer dans la bulle entrepreneur.

Pierre : Vivant déjà sur Paris, je ne suis pas sûr d’être dans la cible de l’espace de co-living de Station F. Mais il peut être intéressant pour des entrepreneurs de province ou des entrepreneurs qui ne peuvent pas se permettre de payer un logement à Paris, en plus de se lancer dans une aventure non rémunératrice à moyen terme. Si ça peut permettre un peu plus de mixité dans la bulle start-up qui est aujourd’hui assez homogène dans sa composition, c’est appréciable.

Cécile : Cet espace peut également être intéressant pour recevoir des partenaires sur Paris.

Sarah : Un logement à disposition dans Paris, ça se réfléchit.

Mais après le choix d’un logement reste un choix de vie privée pour moi et donc que je ne le mêle pas forcément à ma start-up.

 

M-L : Vous évoquiez tous la stimulante émulation qui vous a attirés à Station F. La promesse est-elle tenue ? Les échanges entre start-up se font-ils vraiment ?

Pierre : Nous avons déjà répondu à un appel d’offre avec une start-up de notre programme donc, oui, une vraie émulation s’est créée à l’intérieur de notre verticale (le programme qui nous héberge au sein de Station F). Il m’est difficile de me prononcer sur les autres verticales mais, pour ma part, tout se passe pour le mieux en termes de relations avec les autres start-up.

Cécile : Le mix va certainement se faire petit à petit. Il y a un slack interne et une newsletter pour faciliter les échanges, et les résidents ont la possibilité d’organiser des évènements s’ils le souhaitent. Mais comme je le disais, c’est encore le début de l’aventure.

Sarah : Il y a aussi des échanges plus informels qui se font juste parce qu’on croise des gens au café ou dans d’autres espaces et ça c’est assez précieux.

 

M-L : Dans ce temple de l’échange et de la transparence en quelque sorte n’avez-vous pas peur de vous faire voler vos idées ?

Cécile : Non, notre envie d’être visible est plus importante qu’une crainte de la sorte. Nous n’avons pas non plus de brevet à déposer. Peut-être que les start-up avec des sujets plus sensibles sont plus précautionneuses.

Sarah : Non. L’idée est une chose, la réalisation en est une autre. Et ce n’est pas l’esprit des entrepreneurs en incubateur. Les gens ne viennent pas se dérober des idées. Ils ont été sélectionnés sur un projet auquel ils croient et veulent le mener à bien.

 

M-L : Pouvez-vous présenter vos entreprises respectives ?

Cécile : Hyphen Pro est une plate-forme numérique de mise en relation des entreprises avec des collecteurs de déchets. Nous voulons permettre aux petites entreprises d’y voir plus clair dans les offres de collecte de déchet et mettre fin au non-tri pour cause de lourdeur dans les démarches. Nous allons, à partir de septembre, également nous lancer dans la collecte de matelas.

Sarah : GéoSchool édite des plates-formes pour les membres d’un même réseau alumni.

Les utilisateurs peuvent voir sur une carte où sont partis les étudiants / diplômés de leur école en stage, pour un job, un double-diplôme, etc., lire leur feedback sur ces expériences et les contacter pour leur poser des questions. Depuis peu, nous diffusons également des offres de stage ou d’emploi.

 

Pierre : Life Lab’ propose aux entreprises des formations digitales et présentielles pour développer les soft skills, ces compétences comme l’empathie et la créativité, afin de rendre les collaborateurs plus résilients et plus performants. Nous travaillons pour cela avec des centres de recherche en neurosciences et psychologie, notamment aux États-Unis, afin de proposer un contenu scientifiquement validé et impactant. Nous avons voulu créer cette entreprise et mettre l’accent sur les soft skills en entreprise car, notamment dans un contexte de mutation technologique rapide, ils représentent le socle sur lequel les collaborateurs peuvent s’appuyer pour évoluer dans leur carrière et être plus performants. 

 

Biographie des auteurs

 

Cécile Dap a suivi la majeure Entrepreneurs à HEC et a toujours souhaité avoir un parcours professionnel avec un impact positif sur la planète. Sensibilisée à la problématique des déchets grâce à un stage chez Suez Environnement, elle rejoint en décembre 2016 François Bulteau qui travaille déjà sur un projet d’entreprise. Ils vont créer ensemble Hyphen Pro.

 

  @HyphenPro

www.hyphen.pro 

 

Pierre Racine, diplômé de l’ESSEC Business School, a travaillé en banques d’affaire puis chez Air France. Ces expériences professionnelles dans lesquelles les tâches qui lui étaient confiées ne prenaient en compte que ses compétences techniques ont mis en lumière pour lui l’importance des Softskills. En 2015, il crée avec un ami d’enfance Life Lab’ afin d’aider les entreprises à mieux prendre en compte les facteurs humains au sein de leur activité.

 

 @LifeLab_FR

 hlifelabteam

 

 

Sarah Mamy est diplômée des Ponts ParisTech.

Il y a deux ans, elle a commencé à travailler sur son temps libre sur le projet à l’origine de GéoSchool avec Mickaël Bergem et Albéric Trancart. Après une expérience en start-up dans la Silicon Valley, elle a retrouvé ses deux associés pour créer GéoSchool dont elle s’occupe aujourd’hui en tant que Chief Operating Officer.

 @supergeoschool

 supergeoschool

2457 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Articles Revue TELECOM

Comment la France peut réussir dans le quantique # 197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

28 juillet

Articles Revue TELECOM

ORDINATEUR QUANTIQUE ET CRYPTOGRAPHIE POST-QUANTIQUE #197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

13 juillet

Articles Revue TELECOM

Editorial l'informatique quantique # 197

photo de profil d'un membre

Rédaction Revue TELECOM

13 juillet