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Revue TELECOM 188 - Les start-up de la mobilité en France

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15/03/2018

LES START-UP DE LA MOBILITE EN FRANCE


Dans la revue TELECOM n° 188


Encadrés par Sophie Boudin, responsable de la Chaire Entrepreneuriat de Télécom ParisTech, et Gilles Vaqué (1988), co-fondateur de PMP ; Hortense de Bray (2016), Benjamin Lazard (2018) et Florent Votte (2018), ont exploré les dernières innovations en matière de transport de personnes et de nouvelles mobilités afin d’identifier quelques pépites françaises pour le jury du Prix des Technologies Numériques.


Introduction

Uber, Google et Apple - parmi d’autres - se sont lancés dans la course au véhicule autonome, Intel a racheté pour $15 Md Mobileye1, start-up spécialisée dans la perception visuelle de l'environnement pour les véhicules, tandis que le principal concurrent de la SNCF est maintenant BlaBlaCar. Le transport et la mobilité des personnes évoluent de manière radicale grâce au le numérique qui est bien souvent un facteur clé permettant aux innovations de voir le jour. Mais comment les nouvelles technologies numériques transforment-elles ce secteur et comment évolue l’écosystème entrepreneurial français sur ce sujet ?


Vers une mobilité partagée et multimodale

En facilitant la mise en relation entre particuliers, le numérique a favorisé la transition vers une économie de partage2, et nos déplacements n’échappent pas à cette tendance. Une étude du cabinet de conseils, PwC, prévoit ainsi qu’en 2030 un tiers des distances seront parcourues de manière partagée3. D’ailleurs, la France en possède des exemples, BlaBlaCar le fleuron du covoiturage, Drivy qui permet la location de véhicules entre particuliers, ou encore Vulog qui déploie des solutions technologiques destinées aux opérateurs de la mobilité partagée. Nous pouvons également citer de nombreuses startups qui optimisent l’usage des places de stationnement : Travelcar, Koolicar, Parkmatch, ou encore OnePark.

Cette transition s’inscrit plus largement dans un glissement de l’usage du véhicule individuel à une mobilité consommée « comme un service ». Parmi les pionniers de ce qu’on appelle la MaaS (Mobility as a Service), on pense aux services de VTC tels que le français Chauffeur-Privé. Par ailleurs, la personnalisation de l’utilisation de la multimodalité rend nécessaire la compréhension des habitudes de déplacements des usagers. Karos, application de « court-voiturage », apprend les parcours des usagers pour trouver automatiquement les personnes avec qui ils peuvent partager leurs trajets quotidiens.


Des véhicules plus connectés, intelligents et autonomes

Une des grandes préoccupations des constructeurs automobiles reste la production de véhicules plus intelligents et autonomes. Pour relever ce défi technologique, la France peut, là encore, compter sur l’émergence de start-up porteuses de technologies de pointe.

Pour « donner la vue » aux véhicules en temps réel, Sensup produit des lidars (télédétection par laser), Prophesee développe de nouveaux types de capteurs visuels inspirés du fonctionnement de la rétine, tandis que Smart Me Up analyse le visage du conducteur pour y détecter d’éventuels signes de fatigue. Cela implique, en parallèle, de développer des logiciels qui traitent les données générées par ces capteurs. PwC prévoit qu’en 2030, 50% de la valeur d'un véhicule sera logicielle. Dans cette optique, Intempora propose des logiciels permettant de développer rapidement des applications multi-capteurs temps réel, Dibotics propose d’analyser les données de route quel que soit le type de capteurs, et Yogoko envisage de les communiquer à d’autres véhicules.

Si la voiture individuelle autonome n’est pas encore d’actualité, deux start-up françaises se sont déjà lancées dans la commercialisation de navettes autonomes : Easy Mile et Navya. Par ailleurs, Stanley Robotics propose les services d’un robot autonome capable de garer seul les voitures dans les parkings.


Le défi de la croissance à l’international et de son financement

Dans ce secteur, la France dispose d’entreprises prometteuses dont certaines sont déjà présentes à l’international. Ainsi, Navya a noué des partenariats avec plusieurs villes étrangères, Vulog gère l’une des plus grandes flottes du Canada et Prophesee a ouvert son capital à des investisseurs étrangers. BlaBlaCar a, elle aussi, voulu développer fortement sa présence à l’étranger. Cependant, elle rencontre aujourd’hui des difficultés car le concept de covoiturage entre particuliers ne semble en effet pas simple à exporter. Chauffeur Privé a quant-à-elle été rachetée par le constructeur allemand Daimler4. Tandis que l’internationalisation des fleurons français reste timide, des entreprises internationales se développent en France : Uber est par exemple présent dans toutes les grandes villes françaises, quand Taxify essaie de faire sa place à Paris.

L’une des raisons de ce passage difficile à l’échelle pourrait être, selon nous, le financement relativement faible des start-up françaises comparées aux fleurons étrangers. Notons qu’Ofo, Uber, Didi Kuaidi ou Mobileye, ont bénéficié de levées de fonds en moyenne 100 fois supérieures à celles de BlaBlaCar, Navya, ou Chauffeur Privé.


Conclusion

La France possède un écosystème favorable aux start-up se développant dans le domaine de la mobilité. Celles-ci sont nombreuses à voir le jour avec des propositions très innovantes impliquant souvent des technologies de pointe. Cependant, le passage à l'échelle de ces start-up reste une étape difficile. La relative faiblesse des montants des levées de fonds en Europe de l’Ouest par rapport au reste du monde n’est d’ailleurs probablement pas étrangère au problème.


1/ « Intel rachète la société israélienne Mobileye pour un montant record de 15 milliards de dollars » publié dans Le Monde du 13 Mars 2017
2/ https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-166247-leconomie-du-partage-premier-pas-vers-lere-de-la-coherence-numerique-2065143.php
3/ https://www.pwc.fr/fr/espace-presse/communiques-de-presse/2018/janvier/auto-partage--plus-d-un-kilometre-sur-trois-sera-partage.html

4/ « Daimler rachète Chauffeur privé, le numéro deux des VTC en France », Le Monde, 21/12/17




Biographie des auteurs

Hortense de Bray

Double diplôme Télécom ParisTech, HEC (2016)

« Mon coup de cœur revient à Ector, une société de voiturier dans les aéroports et les gares. Ils permettent de réimaginer l’expérience client dans ces espaces et apportent une vraie valeur ajoutée. J’apprécie également énormément l’exigence de qualité de service apportée par cette start-up. »

 : @hortensedebray

Florent Votte

Télécom ParisTech, SciencesPo (2018)

« Mon coup de cœur revient à Qucit qui crée des modèles prédictifs liés aux mobilités. Je trouve passionnant de voir à quel point on peut optimiser et prédire la distribution des vélos dans une ville comme Paris grâce à l’intelligence artificielle. »

 : @florentvotte


Benjamin Lazard

Double diplôme Télécom ParisTech, HEC (2018)

« Si la société Prophesee fait appel à des technologies qui me passionnent dans le domaine de la vision-ordinateur, mon coup de cœur revient à Karos, pionnier de l’optimisation des trajets multi-utilisateurs courte-distance. »

 : @benjaminlazard

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