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Revue TELECOM 190 - Entreprises : ne négligez pas les soft skills de vos collaborateurs !

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01/10/2018

ENTREPRISES : NE NÉGLIGEZ PAS LES SOFT SKILLS DE VOS COLLABORATEURS!


Par Guillaume Soulé (2015) dans la revue TELECOM n° 190


Quelques idées pour développer la productivité et l’investissement des collaborateurs.


L’obsolescence rapide des langages informatiques est flagrante, et témoigne d’une évolution de fond autour des connaissances techniques. Auparavant, une compétence technique pouvait être utile au moins une vingtaine d’années,. Aujourd’hui, elle devient, au bout de quelques années, obsolète. Si il est toujours nécessaire d’avoir des hard skills pour se distinguer professionnellement, il semble évident que cela ne soit plus le seul critère de distinction. D’autres critères sont pris en compte comme l’est la maîtrise des soft skills ou compétences humaines. Par exemple, face à l’obsolescence des compétences techniques, il semble plus intéressant d’être capable d’apprendre de nouvelles compétences, d’être ouvert et suffisamment agile pour s’adapter aux évolutions rapides des technologies. En effet, ces nouvelles technologies automatisant tout une partie de notre vie, ont un impact grandissant dans la définition de nos métiers. Selon de nombreuses études, la plupart des métiers de demain n’existent pas encore (85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore selon « L’institut pour le futur », think tank californien) et ils seront en lien avec l’intelligence artificielle, la donnée et d’autres innovations technologiques. Face à cette évolution particulièrement rapide, pousser au développement de qualités durables et non obsolètes comme l’empathie, la créativité ou la résilience, est une réponse intelligente et raisonnée aux mutations inconnues du futur. C’est pourquoi j’aimerais vous présenter plus en détail les compétences humaines clefs et la manière dont les entreprises peuvent se saisir de ce sujet.


La prise en considération du facteur humain, clé de la réussite

Très rapidement, les soft skills, désignent les qualités humaines intrinsèques qui constituent la personnalité d’un individu. Citons la créativité, la gestion du stress, l’intelligence émotionnelle ou encore la résilience ; contrairement aux idées reçues ces compétences peuvent se travailler et être développées chez les individus. Elles sont généralement opposées aux hard skills, qui regroupent les savoir-faire et les compétences techniques, souvent mise en avant sur nos curriculum vitae et très utiles au cours de notre vie. Développer ces soft skills permet globalement de mieux se connaître, de mieux gérer ses émotions, d’améliorer son bien-être tout en augmentant performance individuelle et motivation.

Dans la course effrénée que se font les entreprises à la recherche des talents et à leur rétention au sein de l’entreprise, l’épanouissement du collaborateur, en particulier par le prisme des soft skills, apparaît comme une solution innovante pour se distinguer de ses rivaux. Avec mon expérience de co-fondateur de Life Lab’, nous avons l’habitude de rencontrer des employés en charge des formations dans les entreprises, et j’ai ressenti un très fort attrait de la part des entreprises pour ces sujets de développement personnel vu à travers le prisme des compétences humaines. Mais je confirme également, que les entreprises semblent assez perdues quant à la stratégie à employer pour favoriser le bien-être de leurs salariés. Aussi, avec mes expériences, je souhaite présenter ci-après quelques clefs pour développer les soft skills en entreprise et une bonne culture d’entreprise, qui me viennent d’un échange avec Stuart Crabb, ancien Responsable du Learning and Development department de Facebook.

• Premièrement, il est essentiel de permettre à chaque employé de trouver un sens dans son travail.


Pour permettre aux collaborateurs de se relier à une communauté, la première étape est donc de définir une vision d’entreprise plus grande qui réunisse tous les acteurs autour d’une même mission. C'est un travail difficile pour les organisations qui n'ont pas forcément un business très attirant que de formuler ce lien, mais il est essentiel afin de créer les bonnes conditions pour que les gens sentent qu'ils respectent et admirent ce que fait l'entreprise où ils travaillent. Quand une organisation porte une mission forte, les employés se sentent plus impliqués dans la culture et dans la communauté et alors ils ont tendance à trouver leur plus travail impactant et plus significatif.

Le sens que leur donne cette vision est donc un facteur profond d'accomplissement et de satisfaction.

• Deuxièmement, il faudrait idéalement que l’entreprise permette aux collaborateurs d’utiliser leurs forces personnelles et ce qu’ils savent faire de mieux.

On appelle ces entreprises les « strength based organisations » (par oppositions aux organisations où les gens sont évalués exclusivement sur leurs compétences techniques). Stuart Crabb, me donnait l’exemple de Facebook, où les «moments clés » du parcours de l’employé (entretien d'embauche, entretien annuel, définition des objectifs …) sont reliés aux forces des employés, qui peuvent être multiples et sont des soft skills. Au cours de ces étapes, l’organisation a une réelle opportunité de comprendre comment tirer le meilleur de ses employés tout en les aidant et en les accompagnant dans l’évolution de leur carrière.

• Créer un environnement permettant à chacun de sentir bien et en sécurité.

La sécurité, au sens le plus simple du terme, vu que nous connaissons l’impact que la peur peut avoir sur les comportements. Le « biais de négativité », découvert par les neuroscientifiques, stipule que nous réagissons de manière plus forte à la peur et au stress qu’au reste. Du point de vue organisationnel, il est donc plus facile d’invoquer la peur, que de créer les conditions pour que les gens se sentent bien. Pourtant, les entreprises qui encouragent activement une culture interne positive et qui forment leurs équipes à créer une culture de l'inclusivité sont plus productives et plus durables. En effet, lorsque les gens peuvent être authentiques, ils sont plus susceptibles de développer leurs soft skills et ainsi d'être créatifs, innovants et de développer leurs talents. Ils ont donc tendance à rester plus longtemps dans l’entreprise.


L’environnement de travail est donc déterminant.

Enfin je mettrai aussi en avant la communication et la reconnaissance des employés. L’organisme Gallup, entreprise américaine spécialiste des statistiques et des ressources humaines, a étudié l’impact de la reconnaissance au travail. Les résultats montrent que lorsqu’un salarié a le sentiment d’être reconnu et écouté, il est beaucoup plus susceptible d’être engagé dans son travail. Cela est logique car en recevant du feedback régulier, qui doit être constructif, positif et à 360°, les employés sont à même de progresser.

C’est le travail des bons managers de faire cela.

J’ai ainsi voulu mettre en avant des situations où les entreprises favorisent le développement des soft skills et une culture du bien-être à travers des actions internes, mais cela n’est bien sûr qu’une première étape.

Afin de développer au mieux ses propres qualités humaines, c’est un travail quotidien et personnel qu’il faut également faire et ne pas tout attendre de l’entreprise.

Une bonne nouvelle pour finir : agissons tous de manière ouverte et avec la conviction que nous pouvez changer, car nous pouvons tous acquérir tout au long de notre vie une plus grande créativité et une plus grande empathie.

Les soft skills se travaillent !



Biographie de l'auteur


Guillaume Soulé (2015) est Data Scientist de formation. Il a travaillé pendant deux ans pour Jumia, première licorne africaine dans le domaine du e-commerce. Suite à cette expérience il a co-fondé la start-up Life Lab’ qui propose de la formation aux soft skills à partir des neurosciences à destination des entreprises, sujet dont il est devenu un expert.


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