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Revue TELECOM 191 - La définition du GSM Les contributions majeures d'alumnis de Télécom ParisTech

Articles Revue TELECOM

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15/12/2018

LA DEFINITION DU GSM

Les contributions majeures d’alumnis de Télécom ParisTech



Par Xavier Maitre (1976) et Didier Verhulst (1980) dans la revue TELECOM n° 191


Ce fut l'époque pas si lointaine quand l'Europe pu encore inventer et imposer un standard de communication (le GSM) en grande partie grâce à l'excellence de la contribution française.


La communauté internationale vient de décerner des prix prestigieux à deux alumnis de Télécom ParisTech pour leurs contributions à la définition du GSM et, plus généralement, au développement des réseaux mobiles :

Philippe Dupuis (1956) a reçu en juillet dernier le prix Maxwell, avec son collègue Thomas Haug de Televerket (Suède). Ce prix, qui est un peu le prix Nobel dans le domaine de l’ingénierie, leur a été remis par le Prince William à Edimbourg, pour leurs contributions majeures à la définition du GSM. Ainsi Thomas Haug a présidé, dans les années 80, le Groupe GSM de la CEPT alors que Philippe Dupuis était, pendant cette période clé, le responsable de la délégation française, avant de remplacer Thomas Haug comme Président du Groupe GSM.

Alain Maloberti (1979) a été reconnu en septembre dernier à Los Angeles, par la « Wireless History Foundation » et son nom est désormais inscrit au « Wireless Hall of Fame ». Cette inscription reconnaît son rôle majeur dans la définition du GSM et, plus généralement, toute sa carrière consacrée au développement des réseaux mobiles : Alain a notamment été, de 1985 à 1995, le Président du Groupe SMG2 de l’ETSI, groupe qui a défini l’interface radio du standard GSM.


Le contexte

Au début des années années 80, un groupe d’experts européens s’est mis au travail pour définir un système cellulaire numérique européen unifié. Il s’agissait d’une initiative des Administrations européennes de télécommunications au sein du « Groupe Spécial Mobile » (GSM) de la CEPT (Conférence Européenne des Postes et Télécommunications, désormais ETSI).

Le nouveau système, dit de deuxième génération (2G), allait bénéficier de bandes de fréquences harmonisées au niveau européen - initialement à 900 MHz - et de l’émergence à cette époque de nouvelles technologies de codage et de modulation numériques, en rupture avec les systèmes de première génération qui étaient encore avec des modulations FM analogiques et dont différentes versions incompatibles (AMPS, NMT, TACS) apparaissaient alors dans différents pays.

Au cours des années 80, les différentes Administrations européennes se sont ainsi progressivement mises d’accord sur l’interface radio du GSM après avoir organisé des expérimentations très complètes avec différents industriels. Mais, au-delà de l’interface radio indispensable avec les terminaux mobiles, le groupe GSM a aussi défini d’autres interfaces qui se sont révélées tout aussi essentielles : introduction de la carte SIM, standardisation de l’interface entre le sous-système radio et le cœur de réseau (interface « A »), spécifications de la signalisation inter réseaux permettant l’itinérance. Enfin, dans sa définition initiale, les concepteurs du GSM ont mis en place une architecture très structurée et suffisamment ouverte pour permettre les évolutions qui ont suivi - vers la 3G, 4G, 5G - tout en maintenant une compatibilité ascendante d’une génération à l’autre.


Alain Maloberti (à droite), lors de la cérémonie de la Wireless History Foundation, où son nom a été inscrit
sur le Wireless Hall of Fame.
Ce standard avait été élaboré pour l’Europe. Il s’est finalement imposé au niveau mondial à cause de l’excellence des solutions techniques choisies. Ceci est vrai tout particulièrement pour l’interface radio, qui a pu faire face à la croissance explosive du trafic dès la mise en service des premiers réseaux, alors que les promoteurs de standards concurrents misaient sur son effondrement.

La définition du standard GSM a ainsi été le résultat d’une collaboration fructueuse entre différentes équipes de recherche européennes (Administrations, opérateurs et industriels). C’est sans doute un des plus grands succès de la coopération européenne, tous domaines confondus.



Philippe Dupuis recevant le prix Maxwell des mains du Prince William, en présence de son collègue Thomas Haug, co-récipiendaire. © Gary Doak

Les apports majeurs de la délégation française


Il convient de souligner que, dans ce cadre, l’ensemble de la délégation française a eu, en particulier durant la période clé des choix techniques majeurs de 1982 à 1988, une influence majeure sur un grand nombre de paramètres du standard et qu’elle a ainsi incontestablement contribué, par la qualité de ses travaux, à son succès mondial. Et la reconnaissance que la communauté internationale vient de marquer à Philippe Dupuis et Alain Maloberti, rejaillit donc sur toute cette équipe.

Au sein de cette équipe, de nombreux autres alumnis de Télécom ParisTech, alors pour la plupart ingénieurs au sein du CNET (Centre National d’Etudes des Télécommunications, désormais Orange Labs), ont apporté des contributions majeures dans cette aventure en couvrant la plupart des domaines techniques.

Nous voudrions ainsi citer ici, par ordre de promotion :

Bernard Ghillebaert (1976), qui encadrait l’équipe du CNET et a pris la suite de Philippe Dupuis comme responsable de la délégation française

Pierre Combescure (1976), qui a fortement contribué à la définition des algorithmes de codage de la voix pour le GSM

Gérald Mazziotto (1977)

Didier Berthoumieux et Didier Verhulst (1980)

Michel Mouly et Marie-Bernadette Pautet (1982). Michel a présidé différents groupes techniques, dont le SMG3 en charge de l’architecture générale et des protocoles de signalisation. Marie-Bernadette a fait partie du noyau permanent de l’ETSI en charge de l'édition finale du standard. Au-delà de leurs apports majeurs à la définition du système, ils ont aussi contribué ensemble à son succès mondial par la publication du livre de référence sur le standard « The GSM System for Mobile Communications ».

Jean-Louis Dornstetter (1982), qui au sein du Laboratoire Central des Télécommunications (LCT, devenu ensuite Nortel) a défini les paramètres clés de modulation et de codage du système expérimental qui a été proposé par la France et a ensuite largement influencé le standard final.

Mireille Campana et Rémi Thomas (1982)

Henri Gilbert (1984)


Au-delà de Philippe Dupuis et Alain Maloberti, ces ingénieurs ont donc toute leur part dans la reconnaissance internationale des contributions françaises et ils confirment l’excellence de la formation qu’ils avaient tous reçue à Télécom ParisTech !



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