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Revue TELECOM 194 - Les évolutions des métiers des Télécom à travers les enquêtes premier emploi par Michel Cohet (1973)

Articles Revue TELECOM

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12/11/2019

LES ÉVOLUTIONS DES MÉTIERS DES TÉLÉCOM A TRAVERS LES ENQUETES PREMIER EMPLOI

Par Michel Cochet (1973) dans la revue TELECOM n° 194

Depuis le début des années 80, avec la reprise du Bureau Carrières de l’Association par Roger Courtois en 1977 puis par Pierre Baylet en 1980 la revue a publié des enquêtes « premier emploi ». Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à ce jour et l’Association continuera en liaison avec l’École cette action essentielle parmi les services à fournir aux élèves et aux jeunes diplômés.


Dès les années 80, la mutation apparaît

À la fin des années 70 (enquête 81), les Télécoms sont essentiellement des concepteurs de systèmes (22%), des analystes (12,5%) et des chercheurs (11,8%). Ils travaillent principalement dans le domaine des télécommunications (25%), dans les domaines de conception de systèmes informatiques et de Génie Logiciel (21%) et dans le secteur de l’électronique (19%).

Les qualités appréciées chez le Télécom sont : autonomie, dynamisme, capacité d’adaptation, aisance dans l’expression orale et écrite, capacité à s’intégrer facilement en plus des solides connaissances techniques.

En 1986, René Colletti (Sema Group) au vu de la mutation profonde au niveau technique en cours annonce, au sein des SSII et dans les entreprises, une évolution vers des nouveaux métiers tels que : Stratèges, architectes, tacticiens, animateurs, formateurs, experts et développeurs.


Les années 90 voient une transformation importante des métiers

Le début des années 90 (enquête 91) voit une modification du marché de l’emploi : les Ingénieurs d’étude (40%), les Ingénieurs Logiciel (14%) et les chercheurs (12%) dominent le marché dans les domaines d’activité qui sont encore en priorité le secteur des Télécoms (21%) de l’informatique (17%) et de l’Électronique (14%).

En majorité, tous les Ingénieurs sont satisfaits par leur premier emploi et considèrent la formation de l’École bien adaptée (environ 60%).

Le ralentissement du marché de l’emploi qui apparaît vers le milieu des années 90 n’est pas réellement catastrophique pour les Télécoms même si le marché du premier emploi est perçu comme plus tendu.

Côté évolution des métiers sur la période, un guide des métiers paru fin 1998 fait apparaître à côté des métiers traditionnels l’émergence de nouveaux métiers que sont : les ingénieurs Réseaux, les consultants en organisation, les consultants internet, les architectes réseaux que ce soit chez les opérateurs télécom, les constructeurs du domaine des télécoms, leurs clients et dans les SSII.


Avec le tournant du siècle, de nouveaux métiers sont confirmés

La nouvelle définition des métiers faite en 2000 a été confirmée par les enquêtes de 2001 puis de 2002. Les métiers du conseil séduisent de plus en plus les jeunes diplômés et si la diffusion se fait dans tous les secteurs d’activité, les métiers exercés sont encore principalement en relation avec les télécoms et avec l’informatique.

Les activités d’études et de développement informatiques sont maintenant en tête (30%) suivies par le conseil (24%), les études et développements en Électronique et Télécoms (17%) ; le commercial et le management ne représentant que 14%, l’architecture des réseaux et la recherche plongeant respectivement à 8% et 5%. Seulement 2% se risquent à créer une entreprise (start-up dans la langage actuel) alors que l’incubateur vient de se créer !

Les cabinets de conseil se maintiennent en tête (21%) suivis par les SSII (14%) talonnées par l’industrie des Télécoms (13%) devant les opérateurs Télécoms (11%), le secteur électronique (10%) et les éditeurs de logiciel (9%).

En 2005, l’enquête révèle une diminution des effets de la crise mais une augmentation des poursuites d’étude dont la moitié en doctorants. Parmi les employeurs, les cabinets de conseil sont toujours en tête (27%) suivis par les SSII (19%) puis encore par les opérateurs de Télécoms (14%) avec une apparition à égalité des Banques/assurances avec les éditeurs de logiciel et l’industrie dans son ensemble (7% chacun !) pour des métiers qui sont d’abord le conseil (33%), commercial et management (31%) suivis par les études et le développement informatique (21%) donc encore des métiers à fort contenu technique.

La diffusion des métiers dans toutes les couches de la société fait maintenant que les Télécoms se retrouvent aussi, en suivant ce mouvement, dans tous les secteurs de l’activité économique et sociale.


Les Télécoms sont plébiscités en 2011

L’enquête publiée en 2011 fait apparaître les métiers du conseil (29%) en tête suivis par les métiers dans l’informatique (23%) puis le commercial et management (16%) suivi par la finance (8%).

Sans surprise, le secteur du conseil arrive de nouveau en tête (27%) suivi par le secteur des opérateurs de Télécoms (10%) et le secteur des SSII (10%) en baisse sensible mais encore devant le secteur de la banques et des assurances qui se maintient bien (8%).

Les salaires s’établissent à un niveau de 41000 € brut en France en moyenne ce qui montre la vitalité des formations dispensées à l’École la plaçant dans les cinq meilleures écoles françaises pour ce critère.


Et maintenant

La tendance apparue fin des années 2000 se confirme dans les dernières enquêtes réalisées et publiées jusqu’en 2019. De nouveaux équilibres se sont établis avec l’importance prise par les nouveaux métiers liés à l’explosion des technologies du Numérique.

Avec ces nouveaux métiers (Data scientist, Data miner, spécialistes des algorithmes, de la cybersécurité, etc.), les diplômés se retrouvent presque également répartis dans tous les secteurs d’activité (entre 12 et 17%) dans l’enquête 2017 et surtout 2019.

L’attrait pour le secteur financier se confirme (17%) suivant de près le secteur du conseil en innovation numérique et en innovation (20%).

Plus d’un tiers des diplômés s’oriente vers les études et développement informatiques et le niveau de salaire moyen se stabilise autour de 47000 € brut en France en 2019 (stabilisé depuis 2017).

Ainsi, les Télécoms restent encore, au moins, pour leur premier emploi, attirés par des carrières à profil technique. L’arrivée de l’école sur le plateau de Saclay à Palaiseau et son statut de membre fondateur de IP Paris confirmera-t-il cette particularité en les faisant reconnaître comme les experts du Numérique. Il est encore trop tôt pour l’envisager.

Mais la première mission des étudiants de Télécom Paris serait, à mon avis, de marquer leur territoire et leur spécificité par rapport à leurs pairs dont ils n’ont pas à rougir.

De cette proximité devrait naître un enrichissement mutuel, une saine émulation et une très grande ouverture d’esprit.



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