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Revue TELECOM 194 - Portraits d'alumni

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12/11/2019

Antoine Schmitt (1984)

La programmation a été une passion pour moi dès l'adolescence : agir sur le monde par l'écriture de processus. Sorti de Télécom en 1984, j'ai travaillé dans une société de R&D à Paris en IA et réseaux de neurones, puis à NeXT dans la Silicon Valley comme programmeur. Il reste, d'ailleurs, un petit bout de code que j'ai écrit dans tous les iPhones et Mac actuels. Cela a été de belles années, très instructives, mais j'avais une frustration de liberté d'action : dans l'industrie, il est nécessaire de concevoir des produits utiles à des clients, cela restreint les possibles.

La rencontre fortuite avec le monde de l'art m'a ouvert une porte. J'ai découvert la liberté d'expression en même temps que la rigueur de pensée et d'action. J'ai sauté le pas, et ai décidé de devenir artiste. J'ai vite choisi le matériau « programmation » comme matériau artistique, car il a la capacité unique d'agir directement sur le monde. Aujourd'hui, je travaille ce matériau pour produire des œuvres d'art, sous forme de tableaux actifs ou d'installations, dans la lignée d'une abstraction minimaliste, et qui questionnent le mouvement au sens large et ses causes. J'expose dans des centres d'art et des festivals, une galerie d'art vend mes œuvres, qui sont présentes dans de nombreuses institutions internationales et mon travail est reconnu par de nombreux prix. Je continue le combat, celui de participer au changement du monde par l'art, qui agit sur la pensée, et par l'art programmé, qui agit sur le monde.

Louis Sauter (1979)
Ingénieur et musicien

Mon arrière-grand-père était ingénieur et a fondé, en 1903, une société de construction automobile. Son fils fut, pour sa part, un pionner de la TSF et a fourni des postes de radio à Sacha Guitry, Louis Lumière et d’autres… Dès mon plus jeune âge, j’ai bricolé dans son atelier du « Radio Toubib ». Je pense que j’étais prédestiné à devenir Télécom…

Ma carrière a débuté comme chercheur en traitement du signal puis en multimédia : publications, conférences, brevets et quelques démonstrations intéressantes, notamment à Las Vegas. Elle a ensuite évolué vers des fonctions managériales. J’ai eu la chance de diriger une partie du projet d’astrophysique Planck dont les résultats spectaculaires ont enrichi notre connaissance de l’Univers.

Pour autant, la musique a toujours été mon violon d’Ingres ! J’ai débuté le piano à l’âge de 12 ans et l’ai toujours pratiqué depuis. Ténor du Chœur Colonne, j’ai chanté dans des lieux prestigieux tels que la Salle Pleyel, la cathédrale de Chartres, le Palais Omnisports de Bercy, mais aussi pour la télévision française et pour l’enregistrement de plusieurs disques.

En 2012, j’ai mis fin à ma carrière d’ingénieur afin de me consacrer pleinement à ma véritable passion, la musique et la composition. Les ébauches composées trente ans auparavant ont été reprises et enfin achevées. J’ai eu le bonheur de voir que ma musique était appréciée des interprètes et du public, et qu’elle a rapidement été jouée en concert un peu partout dans le monde.

J’ai à mon actif un catalogue de plus de cinquante œuvres jouées ou enregistrées plus de deux cent fois. A noter que cinq CD contenant mes œuvres ont paru, et trois autres sont en préparation.

Aujourd’hui retraité d’une belle carrière d’ingénieur, je poursuis activement ma voie musicale.


Alain Amariglio (1988)

Dès la sortie de l’École, avec Jean Schmitt (1988), Jérôme Pujol (1988) et Thierry Delbecque (Télécom SudParis), amis aux formations homogènes et de profils complémentaires, nous avons créé SLP InfoWare, un éditeur de logiciels d’analyse de données – on parlait alors de data mining et de Machine Learning, pas encore de Big Data, mais les concepts étaient les mêmes. Nous proposions des applications aux opérateurs et notre start-up est rapidement devenue internationale, avant d’être rachetée par Gemplus (aujourd’hui Gemalto). J’ai ensuite repris ma liberté.

Pour toutes sortes de raisons, l’enseignement m’a toujours attiré, et ce à tous les niveaux, en formation initiale comme en formation supérieure ou continue. Par ailleurs, je me souviens d’une élection en France qui a été, à l’époque, comme un tremblement de terre. Dans mon entourage, je ne connaissais personne ayant voté pour l’un des deux finalistes – je ne donne pas de noms pour ne pas importer la politique dans ces colonnes, mais il est facile de deviner. Du reste, ce n’était pas seulement une question politique. Je dirigeais alors la R&D de SLP et j’ai soudain réalisé que je vivais dans une bulle – et ce bien avant les réseaux sociaux qui n’ont évidemment pas créé ce phénomène, s’ils l’ont sans doute amplifié. Je me suis dit alors que, parmi tous les rôles possibles dans l’enseignement, c’était celui d’instituteur qui me tentait le plus : seul l’enseignement primaire me permettrait de sortir de cette bulle. À la première occasion, je suis effectivement devenu instit. Maître d’école, d’abord au pied de la Butte-aux-Cailles (!) puis à la Porte de Clignancourt, j’ai quitté ma bulle et exercé l’un des plus beaux métiers du monde. Je raconte ces deux aventures dans Il était une fois une start-up (Éditions de la Différence) et Dans la classe (Éditions des Équateurs). J’ai pris goût à l’écriture et mon premier roman historique, La dernière mission du maréchal Brune (Éditions Les Monédières) devrait être présenté à la prochaine Foire du livre de Brive, en novembre… À suivre…
 

Farah Fadi (2002)

Après mon Master à Télécom Paris en 2002, j’ai travaillé chez Deutsche Telekom pour quelques années, en France et en Espagne. En 2005, j’ai obtenu un MBA à l’INSEAD. En 2008, j’ai opéré un premier virage de carrière : j’ai pris la Direction des Relations Investisseurs chez un promoteur immobilier parisien. En parallèle de mes jobs, depuis 2006, j’avais développé deux activités dans le secteur de l’investissement immobilier, en France et au Moyen-Orient. En 2009, un camarade de promotion de l’INSEAD me demande « ça te branche de vendre des lunettes sur internet ? ». Nous avons alors lancé ensemble
www.easy-verres.com, aujourd’hui leader de la vente de lunettes sur internet en France.

Simultanément à mes activités professionnelles, j’ai poursuivi une carrière d’Officier dans la Réserve Opérationnelle de la Marine Nationale depuis 2001. Je consacre un mois par an en mission pour le Ministère des Armées. J’ai aussi fondé une ONG en 2002 ; chaque mois d’août nous animions des ateliers d’arts de rue pour 300 enfants d’un camp de réfugiés Palestiniens.

Depuis deux ans, j’ai pu stabiliser mes différentes activités d’entrepreneur. Nous sommes partis en famille vivre un an sur une île en Thaïlande, et vivons depuis un an à Barcelone. En septembre, je reprends des études de Relations Internationales avec l’objectif de travailler dans une Organisation Internationale en Palestine - d’où je suis originaire - pour deux ou trois ans… ensuite on verra !

Mon parcours n’est pas « classique ». Je me considère un entrepreneur qui veut profiter de son passage sur terre pour découvrir un maximum de choses. Et pour ceux que ça peut inspirer, un conseil : « n’ayez pas peur de vous lancer dans de nouvelles aventures, vous êtes certainement capables de beaucoup plus que vous ne le pensez ! » 


Dans la revue TELECOM n° 194

 

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