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04 janvier 2022

ASSOCIATION : Changement climatique et action en entreprise 🟢

Compte-rendu de la conférence en ligne du 5 octobre 2021, co-organisée par les cinq associations d’alumni d’IP Paris (Télécom Paris alumni, AX, Ensae Alumni, Ensta Alumni, Télécom & Management Alumni) et Alumni for the Planet.

Cette première conférence co-organisée par ces cinq associations a été introduite par les cinq présidentes et présidents respectifs, qui se sont félicités d’un tel engouement sur ce sujet majeur.


Ils ont invité Frédéric de Dinechin à présenter Alumni for the Planet : forte de 100 associations d’anciens, et encadrée par un conseil scientifique reconnu, cette structure vise à informer, connecter et accompagner les alumni dans leurs efforts de sensibilisation et d’actions en entreprises.

Le cœur de la conférence s’est ensuite centré sur les apports de deux intervenants.

Pour expliquer l’urgence de la situation climatique, Philippe Drobinski (climatologue, directeur du centre Energy4Climate d’IP Paris, membre du Comité scientifique de Alumni for the Planet) a synthétisé le récent 6e rapport du GIEC.

Celui-ci apporte des avancées claires en regard du précédent (qui datait de 2013) : ce qui était jusqu’ici essentiellement modélisé se trouve maintenant mesuré, permettant à la fois d’affiner les modèles prédictifs, et d’ôter tout doute quant à l’urgence de la situation.

En effet, la température moyenne mondiale apparaît en fort accroissement depuis 50 ans : elle est actuellement environ 1,1° C plus élevée qu’à l’ère pré-industrielle. Un tel chiffre semble faible, mais c’est au fond comparable à une température corporelle de 38,1° C, qui serait en train de grimper vers 39° C de façon permanente...

Les conséquences préalablement prédites sont dorénavant observées : canicules, sécheresses dans certaines régions, précipitations ravageuses, incendies violents, réchauffement et acidification des océans...

C’est pourquoi l’accord de Paris exprimait le besoin de rester sous un seuil de 1,5° C, et la nécessité de rester sous 2.0°C. À 1,5° C, 245 millions de personnes auront des difficultés à accéder à l’eau, les crues seront deux fois plus nombreuses, et les stocks de poissons se réduiraient de 1,5 millions de tonnes. Mais à 2,0° C, les conséquences seraient doubles.

Surtout, la valeur « 2° C » recouvre en réalité des disparités fortes : les pôles se réchaufferont de 5° C ; les canicules seront 14 fois plus fréquentes et 3° C plus chaudes qu’à l’ère pré-industrielle ; et les précipitations seront 30 % plus abondantes à l’équateur et aux pôles, mais 20 % moins abondantes en zones tropicale et méditerranéenne.

Notons que le CO2 est « cumulatif » dans l’atmosphère : il y reste des milliers d’années, et n’est que lentement re-capté.

Ainsi, même avec des efforts importants, il est probable que le réchauffement dépassera 2° C, mais il est encore possible d’éviter qu’il atteigne 3, 4, voire 5° C, qui sont les valeurs prévues sans efforts suffisants.

Cela nécessite de viser une « neutralité carbone » en 2050, donc une réduction des émissions de CO2 de 7 % par an... sachant que la pandémie due au COVID n’a entraîné qu’une baisse de 6 %.

Les efforts à réaliser sont donc énormes, mais surmontables.

Face à ce constat, Emmanuelle Temkine (Directrice Innovation et RSE pour la Direction Entreprise d’Orange) a présenté les initiatives de ses équipes.

Orange dispose d’une communauté engagée et génératrice d’idées, qui communique au travers d’un réseau social interne au Groupe, dans le but de sensibiliser de plus en plus d’employés.

La communauté organise des discussions introductives hebdomadaires, ainsi que des sessions de Fresque du Climat, gérées comme des formations professionnelles : l’objectif est d’atteindre 10 % des employés mondiaux.

En outre, des outils ont été mis en place, pour permettre à chacun de calculer son empreinte carbone professionnelle, et de comparer celle-ci à la valeur de « deux tonnes de CO» auquel chacun a « droit » dans un monde neutre.

Les équipes d’Emmanuelle supportent les volontaires -nombreux- qui proposent de consacrer du temps au sujet -avec l’aval de leur hiérarchie- ; ainsi, certains ont inventé un jeu de sensibilisation, d’autres sont devenus experts de sujets « mobilité » ou « recyclage », d’autres ont organisé des ateliers de partage d’expérience...

Cependant, force est de constater que les initiatives personnelles resteront d’impact limité, si l’entreprise ne s’empare pas du sujet à bras le corps, et surtout si la réglementation ne vient pas imposer des efforts.

Ces interventions ont suscité de nombreuses questions et un grand enthousiasme pour passer à l’action !

 

💻 Replay de la conférence

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