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24 avril 2022

Le point sur la 5G Compte-rendu des conférences en ligne des 17 et 25 novembre 2021 organisées par le Groupe Réseaux et Services de Télécom Paris alumni

Publié par Carole BOLOPION (Ingénieur, 2000) , Régis DUVAL (Ingénieur du Corps, 1981) et Michel Lévy (1975), Xavier Maitre (1976), Renaud Trnka (1981), Didier Verhulst (1980) | N° 204 - L'HUMAIN RÉPARÉ ET AUGMENTÉ - L’INTERNET DU FUTUR

Le Groupe Réseaux et Services de Télécom Paris alumni a organisé deux conférences en ligne (« webinaires ») pour faire le point sur le développement de la 5G. Ces conférences, animées par Carole Bolopion, se sont tenues les 17 et 25 novembre 2021 et ont accueilli chacune plus d’une centaine de participants.


CONFÉRENCE DU 17 NOVEMBRE 2021 : L’ARCEP ET LA 5G

Lors de la première conférence,
Laure DE LA RAUDIERE (1989), Présidente de l’ARCEP, nous a présenté la vision de l’ARCEP sur le développement de la 5G, un an après l’attribution des premières licences 5G en France (et neuf mois après sa nomination comme Présidente…).

Après avoir rappelé les termes des licences attribuées aux quatre opérateurs mobiles (bandes de fréquence, avec un focus sur la nouvelle bande à 3,5 GHz, et obligations de couverture d’ici 2029), Laure a exposé la logique des lignes prioritaires d’action de l’ARCEP : dans un premier temps donner aux opérateurs de nouveaux moyens en fréquence pour faire face à la croissance exponentielle des débits et désaturer les réseaux 4G, ce qui a conduit au calendrier d’attribution des fréquences et aux objectifs ambitieux de déploiement, puis, dans un deuxième temps, quand les fonctionnalités seront disponibles, favoriser le développement de nouveaux services.

Laure a ensuite évoqué les questions liées à l’impact environnemental des réseaux et des terminaux et, en particulier, la contribution des réseaux 5G aux objectifs de bilan carbone, questions qui sont centrales dans les préoccupations de l’ARCEP, dont la mission en la matière vient d’être confirmée.

Elle a également insisté sur l’importance cruciale aux yeux de l’ARCEP de la 5G face aux enjeux de la fracture numérique territoriale, grâce à un service 5G fixe en bande millimétrique : de telles licences ont déjà été attribuées dans certains pays, cela reste à faire en France (à 26 GHz) et l’ARCEP y travaille activement.

S’est ensuite tenue une table ronde où quatre intervenants ont pu échanger avec Laure de la Raudière sur les problématiques liées au développement de la 5G :


 Jean-Luc LEMMENS, Directeur de la Business Unit Telecom & Media de l’Idate Digiworld, est en particulier intervenu sur les questions de marché et d’innovation et sur les nouveaux services, rendus possibles par les nouvelles capacités techniques de la 5G (network slicing, faible latence, edge computing, IOT…), notamment dans les domaines professionnels et industriels

De nombreux exemples de tels services ont alors été décrits par Laure, Jean-Luc et les autres intervenants, avec un véritable foisonnement d’expérimentations : domaine de la santé, gares et transport, ports, bâtiment par le pilotage à distance d’engins, agriculture connectée, ….


Viktor ARVIDSSON (1996), Directeur Stratégie et Affaires Publiques, chez Ericsson France, a notamment fait le point sur les déploiements plus avancés de la 5G à l’international, aux États-Unis, en Asie (déjà un million de stations de base en Chine…) et dans différents pays d’Europe, en insistant sur les spécificités de contexte à bien comprendre pour en tirer des enseignements pour les déploiements en France.


Stéphane ALLAIRE, Chief 5G Program Officer chez Bouygues Telecom, a donné le point de vue d’un opérateur sur les perspectives réseaux et les questions de couverture, en soulignant que les premiers déploiements ont été plus rapides que prévu, mais que ce n’est que le début, en particulier dans l’offre de nouveaux services.

Laure a alors évoqué, en avant-première, les premiers résultats des mesures de débit opérationnel moyen disponible pour les usagers sur les zones où la 5G est déployée, montrant déjà un gain significatif (+ 40 %) par rapport aux réseaux 4G seuls, grâce aux efforts des opérateurs ayant commencé des déploiements du nouveau spectre à 3,5 GHz.


Régis DUVAL (1981) s’est fait le porte-parole de « ceux qui se posent des questions », en insistant sur la nécessité d’une meilleure concertation de l’ARCEP, de l’ANFR et des opérateurs avec les collectivités locales et avec les associations, en particulier sur les questions de nouveaux points hauts, sur l’évolution du niveau moyen d’exposition aux ondes, et sur les impacts sanitaires potentiels. Cela doit passer notamment par la négociation et l’établissement de véritables Schémas Directeurs concertés.

Laure a indiqué que la loi prévoyait des mécanismes (NB : loi Abeille) et que l’ARCEP veillerait au développement effectif de la concertation avec les collectivités locales autour des déploiements des réseaux 5G.

CONFÉRENCE DU 25 NOVEMBRE 2021 : LE POINT SUR LA 5G - NOUVEAUX SERVICES, NOUVELLES TECHNOLOGIES

Lors de cette seconde conférence, nous avons pu faire un point plus approfondi sur les nouveaux services, sur la normalisation, sur les déploiements de réseaux, sur les expérimentations de services aux entreprises, …, grâce aux interventions de plusieurs experts du domaine :

Carole MANERO, Lead Wireless Analyst and Wireless Services Practice Leader à l’IDATE DigiWorld, a tout d’abord rappelé les niveaux de développement de la 5G à l’international et a évoqué les applications associées, qui, pour le moment, se traduisent principalement par une augmentation des débits pour des usages déjà présents sur les réseaux 4G.


Puis, sa collègue,
Stéphanie CHAR, Responsable de la Communauté 5G Services, a évoqué les nouveaux services qui font actuellement l’objet d’expérimentations en particulier dans les domaines professionnels et industriels. Elle a rappelé que certains pays (Allemagne, Etats-Unis, …) avaient fait le choix d’attribuer des fréquences directement à certains industriels pour leurs propres usages, ce qui n’a pas été le cas en France, où l’on compte sur les opérateurs pour développer de tels services en partenariat avec le monde industriel.


Laurent THIEBAUT (1983), End-to-end Senior Architect chez Nokia Networks, a ensuite détaillé la construction de la 5G en trois étapes (Releases 15/16/17) dont les normes ont fait ou vont faire l’objet de publication par le 3GPP entre septembre 2019 et mi-2022, en insistant sur les fonctionnalités permettant des nouveaux services sans précédent et sur les questions de sécurité des communications sur les réseaux.

Les déploiements actuels mettent en œuvre la Release 15 (publiée en septembre 2019) qui concerne principalement les réseaux d’accès (avec les nouvelles bandes de fréquences indiquées par Laure de la Raudière) et permet la montée en débit des usages grâce à l’extension du spectre utilisable et à l’amélioration du bilan de liaison Massive MIMO (en 3,5 GHz).

Laurent a ensuite souligné l’importance de la Release 16, qui concerne principalement le cœur de réseau (5G Stand Alone : 5G SA), offrant notamment les fonctionnalités de Network Slicing et l’interconnexion sécurisée avec des réseaux d’entreprises. Publiée fin 2020 : ce ne sera qu’à partir de mi-2022 que les réseaux vont pouvoir offrir ces nouvelles fonctionnalités orientées « monde des entreprises ». La Release 17 permettra l’acheminement par satellite, l’utilisation des téléphones comme relais locaux, et le broadcast de flux vidéos.


Arnaud VAMPARYS (1995), Senior VP Radio Networks and 5G Champion chez Orange, a illustré ce déploiement en 2 temps pour les réseaux d’Orange, en insistant sur les facilités entièrement nouvelles qui seront mises à la disposition des entreprises par la 5G SA et le network slicing. Pour aider les acteurs, notamment dans le monde industriel, à s’approprier la 5G et à développer leurs propres applications innovantes, Orange a créé les Orange 5GLabs dans de nombreuses métropoles françaises, mais également dans des pays européens où Orange est présent. Arnaud a également évoqué des partenariats avec des industriels, tels que celui annoncé récemment avec ArcelorMittal et Ericsson. Finalement, Arnaud a souligné que la 5G permet un réseau énergétiquement plus efficace, constituant ainsi un élément clé de la transition environnementale.


Enfin, Cyril HULLIN nous a présenté le projet d’Airnity, start-up dont il est co-fondateur et CEO : Airnity développe une plateforme offrant des solutions à l’industrie automobile pour faciliter la connectivité cellulaire des véhicules connectés au niveau mondial. Pour cela, Airnity va s’appuyer sur un réseau 5G sans couture, grâce à des licences MVNO dans les différents pays.

Lors de la table ronde qui a suivi, ont notamment été mis en avant les avantages de la 5G par rapport au Wifi pour les chaînes de production en environnement industriel.

Le débat a également porté sur les questions de consommation énergétique, pour laquelle la 5G permet une consommation fortement réduite par bit transmis par rapport aux générations précédentes.

Enfin, l’importance de l’écosystème a été rappelée : c’est bien la disponibilité conjointe des terminaux, des réseaux et des applications qui permettra de tirer tout le profit des possibilités de la 5G.

CONCLUSION

Ces deux conférences ont donné lieu à des présentations et des débats très riches, sur ce thème d’actualité que sont les développements des réseaux et des services 5G

En complément de ce court article, nous invitons donc les lecteurs qui souhaiteraient approfondir ces questions à visionner les replays des deux conférences, en cliquant ici

Auteurs

Conseil indépendant en valorisation industrielle dans les secteurs télécommunications et technologies hightech
Michel Lévy (1975), Xavier Maitre (1976), Renaud Trnka (1981), Didier Verhulst (1980)

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