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26 décembre 2022

Effet Rebond : comment éviter l’emballement des impacts du numérique ? Groupe numérique et environnement

Compte-rendu de la Table ronde du 17 Mai 2022

Intervenants

  • Jacques Combaz, du Verimag, et du groupe CNRS EcoInfo.
  • Gauthier Roussilhe, chercheur et doctorant à l’Université de Melbourne.
  • Xavier Verne (2002), de la SNCF, coauteur de « Pour une sobriété numérique » du Shift Project.
  • Marc Vautier, référent de la communauté Orange expert énergie et environnement.

Effet rebond, essai de définition

Identifié en 1860 pour le secteur du charbon anglais, l’effet-rebond s’est manifesté fortement dans différents secteurs économiques (agriculture, automobile), et à travers l’essor du secteur numérique. On appelle « effet-rebond » le lien de causalité, systémique, entre l’amélioration de l’efficacité d’une technologie déployée largement (ou d’une infrastructure) et un rebond de la consommation. Ce rebond se produit parce que l’efficacité accrue repousse une ou plusieurs limites, généralement la limite financière, par une baisse des prix, mais aussi la limite temporelle (télétravail) ou une limite spatiale (infrastructures routières). Le paradoxe environnemental, est que si on pouvait, en vase clos, espérer que le gain d’efficacité réduise significativement les impacts, en système ouvert avec le rebond de la consommation, il les réduit peu, voire pas du tout.

Dans le secteur numérique, l’effet rebond se manifeste à travers les améliorations très fortes de l’efficacité technologique qui entraîne une augmentation très forte de la consommation.

Cela se voit rétrospectivement avec l’explosion du débit et des usages observés depuis les années 80 alors que le prix des services de télécommunication est resté du même ordre de grandeur.

Quantifier l’effet rebond fait l’objet de recherches scientifiques, mais reste très approximatif. Pour le comprendre qualitativement, il faut construire une vue systémique et multidisciplinaire, tout particulièrement pour les effets de long terme et de large échelle.


Mesurer l’empreinte du numérique

L’évaluation de l’empreinte numérique reste imparfaite. On calcule généralement l’empreinte environnementale à partir d’analyses de cycle de vie (ACV), surtout en analysant les phases de fabrication et d’usage de trois éléments techniques majeurs : les datacenters, les réseaux, les équipements. On ne regarde pas encore la fin du cycle de vie, difficile à modéliser.

Enfin, sur les vingt facteurs environnementaux de l’ACV, on se limite aujourd’hui à quatre facteurs...

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